Le Parlement ressuscite des symboles européens controversés [FR]

european_flag1.jpg

Hier 8 octobre, le Parlement européen a reconnu formellement les « symboles de l’Union », à savoir le drapeau, l’hymne et la devise de l’UE.

Ces symboles ont été reconnus par une grande majorité d’eurodéputés (503 pour, 96 contre). Au cœur de la Constitution européenne rejetée, ils avaient pourtant été retirés du traité de Lisbonne afin d’augmenter la probabilité d’une ratification par l’ensemble des pays de l’UE.

L’initiative pour la résurrection des symboles émane de la commission des Affaires constitutionnelles (AFCO) du Parlement. Les eurodéputés cherchent ainsi à envoyer un message politique clair aux citoyens européens. 

Cependant, une minorité comprenant notamment un membre proéminent de l’AFCO a haussé le ton en exprimant sa désapprobation à l’égard des mesures prises et du message envoyé. 

Timothy Kirkhope, eurodéputé britannique conservateur et vice-président de l’AFCO, a qualifié l’initiative d’inutile et de provocante. Il s’agit selon lui d’une perte de temps et d’argent. S’il conçoit que les symboles et les hymnes sont souvent utilisés pour promouvoir le statut national, il regrette que de nombreux eurodéputés ne comprennent toujours pas que les citoyens ne souhaitent pas faire partie d’une nation européenne. A son avis, l’inclusion de l’hymne et des symboles européens dans le fonctionnement du Parlement souligne les intentions fédéralistes de nombreux eurodéputés. 

En pratique, ce vote signifie que :

  • le drapeau de l’UE sera affiché dans chaque salle de réunion du Parlement et à l’occasion des événements parlementaires officiels ;
  • l’hymne, tiré de « l’Ode à la joie » de Beethoven, sera joué lors de la cérémonie d’ouverture suivant chaque élection européenne et à l’occasion des séances solennelles ;
  • la devise « Unie dans la diversité » figurera sur tous les documents officiels du Parlement ;
  • la célébration de la journée de l’Europe le 9 mai est reconnue dans le règlement intérieur du Parlement. 

Un certain nombre d’eurodéputés ont exprimé leur désapprobation vis-à-vis de cette initiative symbolique en raison du caractère sensible de l’impasse actuelle en Irlande suite au « non » au traité de Lisbonne. L’eurodéputée irlandaise Kathy Sinnott, opposante notoire au traité de Lisbonne, a indiqué que le Parlement a mal choisi son moment pour envoyer un tel message. Confiant leurs impressions à EURACTIV, des représentants du Parti conservateur ont en outre souligné la complaisance de cette décision, estimant que l’UE doit se montrer prudente à l’égard de l’image qu’elle dégage. 

De son côté, l’eurodéputé socialiste britannique Richard Corbett a qualifié ces réactions de tempête dans un verre d’eau. Son collègue espagnol Carlos Carnero a salué le vote, se réjouissant que les symboles de l’Union soient bien vivants dans une institution qui représente 500 millions d’habitants. 

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire