Un an après son lancement, le plan Juncker touche 26 des 28 Etats membres. Mais l’Ouest de l’Europe représente l’essentiel des 249 projets.
Un an après son lancement, le plan de relance de l’investissement européen est sur les rails dans la quasi-totalité des pays européens, à l’exception de Malte et de Chypre.
Relance de l’investissement
Adopté au pas de course dans la foulée de la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission en 2015, ce plan de 21 milliards d’euros doit apporter des garanties aux projets liés à l’environnement, aux infrastructures, à l’innovation ou encore aux PME en Europe, et mobiliser 315 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2018.
Après une année de fonctionnement, 249 opérations ont été approuvées pour un montant total d’environ 13 milliards d’euros, lesquels devraient mobiliser 100 milliards d’euros, soit environ près 1/3 des objectifs.
Effet de levier
« Les estimations sont faites projet par projet ex-post. L’effet de levier peut être très variable d’un projet à un autre. Mais je suis très confiant dans le fait que nous allons atteindre l’objectif d’un effet de levier de 15 » a souligné le vice-président.
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Ce multiplicateur est indispensable pour que le plan Juncker atteigne son objectif de mobiliser 315 milliards d’euros d’investissement en Europe. L’UE a initialement versé une garantie de 8 milliards d’euros au Fonds européen pour les investissements stratégiques, le bras armé du plan Junker. Une somme qui compte double (16) en raison de la qualité de la signature.
La BEI a de son côté apporté 5 milliards. Ces 21 milliards d’euros au total parient sur un effet « démultiplicateur » de 15 pour atteindre l’objectif de 315 milliards d’euros.
Investissements plus risqués
« La Banque européenne d’investissement finance des projets qui n’auraient pas pu l’être sans cette garantie du plan Juncker » souligne Ambroise Fayolle, Vice-Président de la BEI.
Le Conseil d’investissement, chargé de la sélection des projets chasse donc les projets aux profils plus risqués que ceux habituellement soutenus par la BEI, souvent critiquée pour son manque d’audace.
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Pourtant, dans certains pays, le niveau de risque est tel que le plan Juncker est à la peine. « En Grèce, nous avons mis en place des ressources pour identifier des projets. Mais le niveau de risque demeure très élevé ».
Difficultés à l’Est
Autre critère clé, « la capacité à faire venir des investisseurs privés. « Sur ce critère, nous avons plus de difficultés en Europe de l’Est où le secteur privé est moins développé » reconnait Ambroise Fayolle.
Autre contrainte à l’Est de l’Europe, « dans certains cas, un projet n’est viable que s’il y a une partie de subvention » explique Ambroise.
Pour améliorer l’accès des pays de l’Est au plan d’investissement, la Commission a notamment autorisé de combiner le plan Juncker avec les fonds structurels européen. « Cela permet de couvrir davantage de projets en Europe de l’Est » explique Ambroise.
Objectif relance
La mise en œuvre plus difficile en Europe de l’Est s’accompagne également d’une véritable domination des grands pays de l’UE, principaux bénéficiaires des garanties du plan. « Avec le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie, la France est un des pays qui profite le plus du plan Juncker » reconnait Ambroise Fayolle.
>>Lire : Le plan Juncker profite surtout aux grands États
« En Europe, l’investissement au toujours 15% en dessous de son niveau d’avant la crise de 2008. Et nous n’observons pas la même tendance chez nos principaux partenaires commerciaux, comme les États-Unis, le Japon ou les grands pays émergents » a expliqué à EURACTIV Ambroise Fayolle, Vice-Président de la BEI.
Pour l’instant, difficile de savoir si le plan Juncker permettra effectivement de libérer l’investissement au sein de l’UE.

