Le président macédonien boycotte le référendum sur le nom du pays

L'adhésion de la Macédoine à l'UE dépend aussi de la résolution du conflit toponymique avec Athènes. EPA-EFE/NAKE BATEV

Gjorge Ivanov a annoncé le 23 septembre qu’il ne participerait pas au référendum du 30 septembre sur l’accord trouvé avec la Grèce. Selon lui, changer le nom du pays nuit aux intérêts nationaux. Un article d’Euroefe.

« J’ai reçu la confiance des citoyens durant deux mandats pour ne pas autoriser de changements dans la Constitution ou sur le nom constitutionnel de la Macédoine et pour rejeter les idées pouvant nuire à l’identité nationale, aux caractéristiques de la nation, à la cohabitation et à la langue macédonienne. Je ne manque pas à ces promesses. C’est pourquoi je ne voterai pas le 30 septembre prochain », a informé Gjorge Ivanov.

À une semaine du référendum

Ces déclarations, à seulement une semaine du scrutin, mettent le doute sur le succès déjà contesté du référendum.

Le taux de participation est la plus grande inconnue de ce référendum. Le dernier sondage d’opinion publié révélait que seuls 46 % des électeurs se rendraient aux urnes dimanche prochain.

Le pourcentage minimum requis étant de 50 %, le résultat serait donc invalidé et l’accord conclu avec la Grèce en juin dernier serait en danger.

Le principal parti d’opposition, le parti conservateur VMRO-DPMNE, pourtant opposé au changement de nom du pays, a appelé les citoyens à faire leur propre choix, tant pour se rendre aux urnes que pour le vote en lui-même.

Orbán tente de faire dérailler les négociations sur la Macédoine

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, soutient les efforts du parti macédonien d’opposition, qui refuse la solution proposée au conflit nominal opposant Skopje à Athènes. Orbán a a ainsi salué le refus du parti de céder à « la pression des puissances étrangères ».

Soutien international

Les ministres des Affaires étrangères macédonien et grec ont signé un accord en juin pour changer le nom du pays de « Ancienne République yougoslave de Macédoine » (ARYM) à « République de Macédoine du Nord » et en finir ainsi avec un conflit toponymique de plus de 25 ans entre le pays et une région du nord de la Grèce.

Un accord historique réconcilie Grèce et Macédoine

Grèce et  Macédoine ont signé un accord préparant un changement de nom historique, qui clôt un conflit bilatéral et ouvre la voie de l’OTAN et de l’UE à Skopje.

 

Ces derniers jours, Skopje a assisté à un véritable défilé de représentants de l’Union européenne et de l’OTAN, venus apporter leur soutien au référendum et aux perspectives qu’il ouvrira.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, la chancelière allemande, Angela Merkel, le chancelier autrichien, Sebastian Kurtz, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, entre autres, se sont rendu dans le petit pays des Balkans pour encourager les citoyens à voter.

Si les Macédoniens donnent le feu vert à l’accord, cela accélèrerait l’entrée de la Macédoine dans l’UE et dans l’OTAN, adhésion pour l’instant paralysée par le véto grec.

La campagne du référendum se termine le jeudi 27 septembre à minuit.

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