Le scandale Strache fait tanguer l’extrême droite européenne

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VIENNE

Élections générales anticipées. Le président autrichien Alexander Van der Bellen a appelé à des élections générales anticipées en septembre après la démission du vice-chancelier nationaliste Heinz-Christian Strache qui a fait tomber la coalition au pouvoir. Le Parti de la liberté (FPÖ) d’extrême droite de Strache faisait partie du gouvernement autrichien de Sebastian Kurz depuis 2017.

Heinz-Christian Strache a démissionné samedi après la publication d’une vidéo le montrant en train de négocier des marchés publics en échange d’avantages financiers et politiques avec une femme se présentant comme la nièce d’un oligarque russe. Il a reconnu que la vidéo était « catastrophique », tout en niant avoir enfreint la loi.

L’info et la pluis ont plombé la réunion des partis d’extrême-droite à Milan samedi, à laquelle le parti FPO devait participer.

À Berlin, selon le quotidien Die Welt, les services secrets allemands ont exprimé leurs doutes sur la collaboration avec l’Autriche, craignant le risque de fuite d’informations vers la Russie.

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré le 18 mai que les politiciens européens « doivent lutter contre » les politiciens d’extrême droite,  tandis que le candidat du PPE Manfred Weber a salué l’appel à des élections anticipées et soutient que Sebastian Kurz du PPE est le bon chancelier pour l’Autriche. « Le PPE est très clair sur ses valeurs. Les nationalistes antipatriotiques vendent leur pays et leurs valeurs », a déclaré Manfred Weber.

Les sociaux-démocrates allemands (SPD) ont critiqué le PPE pour son « manque de fiabilité ». Udo Bullmann, le chef du groupe socialiste au Parlement européen a quant à lui déclaré : « Quand on fait équipe avec l’extrême droite au nom du pouvoir, on ouvre la voie à la corruption – et bien pire. Ceci et le manque flagrant de vision pour un avenir meilleur est la raison pour laquelle le PPE n’est plus apte à diriger l’Europe. »

À Athènes, le vice-président du Parlement européen, Dimitris Papadimoulis, a tweeté que le scandale en Autriche « montre une fois de plus que l’extrême droite est non seulement antidémocratique mais aussi systémique, néolibérale et profondément corrompue ».

MADRID

Podemos s’en prend à Macron. La tête de liste d’Unidas Podemos aux élections européennes, María Eugenia Rodríguez Palop, s’en est prise au président français Emmanuel Macron, affirmant qu’il a sa part de responsabilité dans la montée de l’extrême droite en Europe.

« Grâce à Macron et à ses propositions socio-libérales, l’extrême droite existe dans l’UE […] Grâce à Ciudadanos (les centristes espagnols), Vox (extrême droite) existe en Espagne », a-t-elle déclaré dans une interview à EFE, partenaire d’Euractiv. Elle a soutenu l’idée d’une large alliance européenne de partis de gauche « sans ambiguïté (…) c’est la meilleure proposition pour garantir des politiques équitables et sociales pour tous en Europe » (Euroefe).

DUBLIN

Pas de nouvel accord. Il n’y aura pas de renégociation de l’accord sur le Brexit lorsque Theresa May sera remplacée, a déclaré le vice-premier ministre irlandais Simon Coveney.

« L’UE a dit très clairement que l’accord de retrait avait été négocié sur deux ans et demi, qu’il a été conclu avec le gouvernement britannique et le cabinet et qu’il n’est pas question de le renégocier, même si un nouveau Premier ministre britannique prend ses fonctions, a-t-il déclaré à RTE. (Samuel Stolton, Euractiv.com)

ÉDIMBOURG

Le SNP très pro-UE : Le Parti national écossais a été le parti le plus « sans équivoque et sans ambiguïté sur sa vision anti-Brexit » pendant la campagne électorale des élections européennes, a déclaré dimanche la dirigeant du parti, Nicola Sturgeon.

« L’Écosse n’est pas favorable au Brexit. L’Écosse est pour l’Europe et les Écossais ont l’occasion, en votant pour le SNP jeudi, d’envoyer ce message très fort et très clairement », a-t-elle déclaré à l’émission d’Andrew Marr sur la BBC. (Samuel Stolton, Euractiv.com)

ROME

Catholiques contre Salvini. La communauté catholique n’a pas apprécié l’utilisation de la symbolique chrétienne par Matteo Salvini lors d’un rassemblement de partis nationalistes à Milan samedi 18 mai. « La politique divise, mais Dieu appartient à tout le monde. Invoquer Dieu pour soi-même est toujours très dangereux », a déclaré le cardinal Parolin, secrétaire d’État du Vatican.

L’influent hebdomadaire catholique Famiglia Cristiana s’en est aussi pris à Matteo Salvini en disant qu’il n’était pas cohérent d’une part d’embrasser la Sainte Bible sur scène et d’autre part d’empêcher les migrants d’arriver à Lampedusa.

Préoccupations de l’ONU. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a écrit une lettre de 11 pages au gouvernement italien, lui demandant d’arrêter le décret controversé contre l’immigration proposé par Salvini qui devrait être approuvé aujourd’hui (20 mai). (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

LA HAYE

Star de l’eurovision. Les forces pro-européennes espèrent que le triomphe des Pays-Bas au Concours de l’Eurovision inspirera une nouvelle victoire le 23 mai. C’est la première victoire néerlandaise depuis 1975 et quatre villes ont déjà proposé d’accueillir l’édition 2020. (Sam Morgan, Euractiv.com)

ATHÈNES

Tout candidat progressiste. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a déclaré dans une interview que son parti au pouvoir, Syriza, soutenait Nico Cue et Violeta Tomic de la gauche européenne pour la présidence de la Commission européenne, mais a expliqué qu’il soutiendrait tout responsable politique « progressiste » pouvant faire face à Manfred Weber du PPE.

Sondages déroutants. Bien que Nouvelle Démocratie (ND-PPE) mène tous les sondages, l’écart avec Syriza s’est considérablement réduit à la suite des mesures anti-austérité récemment annoncées par le Premier ministre Alexis Tsipras. La différence varie de 2,9 % à 8,1 % tandis que les socialistes KINAL (S&D) et l’extrême droite Aube dorée se disputent la troisième place. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

VARSOVIE

Marche à Varsovie. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a participé à une marche organisée à Varsovie le week-end dernier par la Coalition européenne, la plus grande force d’opposition pro-UE, et a appelé le peuple polonais à voter pour les partis pro-UE. Donald Tusk a récemment reproché au parti au pouvoir, le Parti Droit et Justice (PiS), de ne pas respecter la constitution du pays. (Euractiv Pologne)

ZAGREB

Merkel et Weber. La chancelière allemande Angela Merkel et Spitzenkandidat du PPE Manfred Weber se sont rendus à Zagreb pour soutenir leur parti frère croate HDZ. Ils ont tous deux déclaré que le nationalisme était l’ennemi de l’UE, mais pas le patriotisme.

« Nous voulons être un parti de nations et je veux créer une Commission européenne des nations », a déclaré Manfred Weber. Le partenaire d’Euractiv, Jutarnji, a rapporté qu’Angela Merkel avait déclaré que l’adhésion de la Croatie à la zone euro et à l’espace Schengen était « certaine lors du prochain mandat de la Commission européenne. « Il reste encore du travail à faire, mais la Croatie est sur la bonne voie et l’Allemagne veut être son partenaire dans ces efforts. » (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

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