Le SPD entre en campagne électorale en se concentrant sur les questions climatiques

Le candidat à la chancellerie des sociaux-démocrates allemands (SPD) et ministre allemand des finances Olaf Scholz s'adresse aux médias après une retraite virtuelle de deux jours de la direction du parti à Berlin, Allemagne, le 8 février 2021. [EPA-EFE/SEAN GALLUP / POOL]

Les sociaux-démocrates allemands (SPD) veulent être considérés comme le parti de l’avenir. C’est le message essentiel de la résolution qui a suivi la retraite du parti le week-end dernier. Mais le fil rouge proverbial du SPD sur les questions sociales fait défaut.

« En avant vers la nouvelle ère ! » C’est sous cette devise que Saskia Esken s’est présentée à la présidence du SPD en 2019, avec Norbert Walter-Borjans. Le ministre des finances Olaf Scholz s’est présenté contre eux avec Klara Geywitz et a perdu.

Entre-temps, Scholz est devenu le candidat du SPD à la chancellerie, mais les scandales financiers nuisent à son image. Lui aussi appelle à quelque chose de nouveau : « Une mission pour l’avenir de notre pays » est le titre d’un document que le parti a adopté lors d’une réunion à huis clos ce week-end, qui peut être lu comme la pierre angulaire du programme électoral à venir. Le parti veut démontrer sa compétence pour l’avenir dans quatre domaines thématiques : la protection du climat, la numérisation, la mobilité et le changement climatique.

Uwe Jun, politologue et professeur à l’Université de Trèves, a souligné que deux de ces domaines sont en fait des compétences clés des Verts, alors que la numérisation est plus souvent associée au FDP.

Bien que l’un des slogans du document soit « Social. Numérique. Neutre pour le climat », le parti ne « lie pas l’aspect social aux autres domaines ». Il reprend les problèmes actuels mais manque de cohérence pour le faire. Il lui manque l’approche sociale-démocrate unique des questions que les autres partis vont également aborder.

Oskar Niedermayer, politologue à l’Université libre de Berlin, partage cet avis. « Cela aurait pu aussi venir des Verts ou de la CDU », a déclaré M. Niedermayer à EURACTIV Allemagne. Il souligne toutefois que cela n’est pas surprenant : il n’y a pas encore de programme électoral, mais seulement une résolution qui vise avant tout à apporter « la sécurité face à l’avenir ».

La pêche aux électeurs verts n’est pas très prometteuse, ajoute M. Jun, car ils sont toujours en avance en termes de compétence climatique.

Jun remarque également un manque de ligne cohérente sur l’Europe. Le SPD est traditionnellement un parti pro-européen, et la résolution actuelle du parti appelle également à une « Europe forte et souveraine », par exemple en concurrence avec les entreprises numériques des États-Unis et de la Chine.

Mais M. Scholz a fait sourciller le week-end dernier lorsqu’il a critiqué l’approche de Bruxelles en matière d’achat de vaccins.

Edité par Louise Rozès Moscovneko

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