Les candidats à la présidence du Parlement font monter la pression

Guy Verhofstadt, chef de file ALDE, avec le président du Parlement européen sortant, Martin Schulz

Les sept candidats à la présidence du Parlement européen ont fait monter la pression lors d’un débat sur le futur de l’institution, sur le Brexit et sur la discorde entre les grands groupes politiques. Un article d’EURACTIV Espagne.

C’est la première fois depuis bien longtemps qu’aucun pronostic ne semble fiable pour savoir qui remportera la présidence du Parlement européen, dont l’élection aura lieu à Strasbourg la semaine prochaine. Jusqu’à présent, les grands groupes avaient l’habitude de passer des accords pour se répartir le poste par période de deux ans et demi.

Antonio Tajani (Parti populaire européen), Gianni Pittella (Sociaux-démocrates), Helga Stevens (conservateurs et réformistes), Guy Verhofstadt (Libéraux), Elenora Forenza (Gauche unie), Jean Lambert (Verts) et Laurentiu Rebega (Europe des Nations et des Libertés) ont échangé leur point de vue lors d’un débat organisé par le journal Politico, le 11 janvier.

La majorité des candidats se sont accordés pour réclamer plus de pouvoir pour le Parlement au sein de l’échiquier institutionnel communautaire, et lors des négociations entre Bruxelles et Londres sur le Brexit, qu’ils ont presque à l’unanimité qualifié de « malheureusement inévitables ».

« L’Europe, ce n’est pas seulement des entités bancaires ou des marchés nationaux. Non, l’Europe c’est beaucoup plus. C’est une réalité avec des valeurs et des droits. Dans laquelle des idées comme la peine de mort n’existent pas. Si je suis élu, mon rôle sera de continuer à hisser ces valeurs et de m’assurer que le Parlement est le foyer de la démocratie », a déclaré Antonio Tajani.

Gianni Pittella (ALDE) a quant à lui reproché aux conservateurs de ne pas vouloir céder la présidence du Parlement à son groupe. Suite au départ de l’Allemand Martin Schulz, si son compatriote, Antonio Tajani, remporte l’élection, le PPE dominera toutes les institutions de Bruxelles.

« Ce n’est pas normal que le parti qui rassemble 30 % des votes citoyens préside 100 % des institutions », a-t-il signalé, déclarant pour mort l’accord de « grande coalition » conclu entre les conservateurs et les socialistes lors de la première moitié de la législature.

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Helga Stevens, de nationalité belge et troisième dans la course à l’élection après les deux Italiens, estime quant à elle qu’elle est une « bouffée d’air frais » face « aux vieilles voix » des deux grands groupes traditionnels.

Le candidat libéral, l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, a dit représenter « le changement réel » face « au jeu classique de répartition du pouvoir » entre les socialistes et les conservateurs. « Nous avons besoin de quelqu’un qui mette fin au rêve européen initié par des personnalités comme Altiero Spineli. »

Guy Verhofstadt, comme le reste des candidats à l’exception de Laurentiu Rebega (du groupe dirigé par Marine Le Pen), a mis l’accent sur la nécessité de faire valoir le Parlement comme contrepoids européiste face aux intérêts nationaux représentés au Conseil.

Quant à Elenora Forenza, la plus jeune, elle a affirmé qu’en tant que militante antimondialisation, elle comprenait mieux que personne la jeunesse désenchantée souffrant de la précarité et du chômage.

Jean Lambert, des Verts, a pour sa part attiré l’attention sur le symbolisme de sa candidature à la présidence du Parlement, étant donné sa nationalité britannique.

Autre sujet central du débat : l’entrée avortée d’eurodéputés du mouvement 5 étoiles de l’humoriste Beppe Grillo au sein du parti libéral au Parlement européen (ALDE). « À quoi pensiez-vous ? », ont-ils demandé à Guy Verhofstadt, qui était l’un des favoris avant cet épisode qui, selon les autres groupes, lui a coûté sa crédibilité.

>> Lire : Les libéraux rejettent l’alliance avec Beppe Grillo au Parlement européen

En effet, le groupe libéral a fait l’objet de critiques cette semaine pour avoir simplement considéré d’accepter dans ses rangs une formation à tendance populiste et eurosceptique. « Nous avons signé un accord selon lequel ceux qui étaient eurosceptiques devraient changer de manière radicale. C’était peut-être un peu naïf de ma part après 40 ans de politique », s’est-il défendu.

Helga Stevens a finalement apporté une touche de légèreté au débat, elle qui, sourde-muette, a répondu grâce à son interprète « ça m’est égal » à la question de savoir si l’anglais devait rester la langue de travail de l’UE une fois la sortie du Royaume-Uni.

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