Les candidats aux municipales font le « Paris » du vélo

Les principaux candidats à la mairie de Paris ont été invités à présenter leurs propositions pour la petite reine par les associations Paris en selle et Mieux se déplacer à Bicyclette. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

David Belliard (EELV), Benjamin Griveaux (LREM), Anne Hidalgo (PS), Danielle Simonnet (LFI), Cédric Villani (Ex LREM) et Nelly Garnier (directrice de campagne de La Républicaine Rachida Dati) ont participé au « Grand Oral spécial Vélo ». Organisé par les associations Paris en Selle et Mieux se déplacer à bicyclette, chaque candidat est revenu sur la place qu’il accorderait au vélo dans la capitale.

Cédric Villani : une petite ceinture à vélo

Le fraîchement exclu de La République en marche, Cédric Villani a ouvert le bal. Il a présenté son projet de transformer les 32 kilomètres de la Petite Ceinture en une piste cyclable à deux voies « C’est une proposition pratique et à la fois écologique et culturelle, la mise en valeur de notre patrimoine ». Le candidat promet aussi un Vélopolitain, un réseau de 170 km de pistes cyclables sécurisées qui suit les tracés des lignes de métro.

Le député de l’Essonne a également plaidé en faveur de la gratuité des deux premières heures de Vélib’ pour favoriser le report modal. Pour lui, aucun doute, Vélib’ c’est pratique « quand ça marche ». « Le problème de Velib c’est la qualité »… des vélos, entend l’ex-marcheur. « On dit qu’un Vélib’ dure 2 ans, ce n’est pas compatible avec les exigences écologiques et un contexte où le recyclage des batteries reste difficile ».

Cedric Villani a également suggéré de transformer 60 000 stationnements voiture (Paris en compte 140 000) en emplacements destinés au vélo.

Anne Hidalgo : plan vélo saison 2

60 000 places de voitures ? C’est aussi ce qu’envisage de supprimer Anne Hidalgo (PS). Créditée de 23 % des intentions de vote, la maire sortante a réitéré son souhait d’une ville 100 % cyclable en 2024. Alors même que son premier plan vélo n’a été réalisé qu’à moitié. « Nous fixons un horizon 2024. Ce n’est pas la fin du mandat. Pourquoi 2024, car les Jeux Olympiques vont être un accélérateur de transformation des infrastructures. En 2024, nos propositions seront réalisées », a prophétisé l’élue. Dans tous les quartiers, Anne Hidalgo veut des rues vélos et des itinéraires apaisés. « Si un enfant de 10 ans peut aller à l’école à Paris en vélo en toute sécurité, nous aurons réussi notre pari ».

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Pour remplir ces objectifs, le budget sera mis sous stéroïdes. Alors que le premier plan vélo de la mairie avait été doté de 150 millions d’euros, « là c’est 350 millions d’euros » pour la mandature. Dont 250 millions d’euros alloués au Vélopolitain. Elle souhaite également ajouter 100 000 places de stationnement vélo supplémentaires.

Benjamin Griveaux : un vélopolitain priorisé 

D’ordinaire un peu plus discret sur le vélo, le candidat LREM Benjamin Griveaux (16 % des intentions de vote), s’est lui aussi engagé à réaliser le Vélopolitain. Mais pragmatisme oblige, il souhaite le mettre en œuvre en priorité au-dessus des lignes saturées comme la ligne 13. À l’instar de son ancien collègue Cédric Villani, « la petite ceinture est un lieu à récupérer pour le vélo ».

Il envisage également la création de 100 000 places de stationnements et la création de passerelles de franchissement du périphérique.

Rachida Dati : rétropédalage

Grande absente de la soirée : la candidate Les Républicains Rachida Dati (20 % des intentions de vote). Sa directrice de campagne Nelly Garnier a lourdement insisté sur la nécessité de se mettre autour d’une table. Pas de grande déclaration sur le vélo. Si ce n’est que la maire du VIIème arrondissement souhaite lancer une concertation de 6 mois avec tous les partenaires, afin de dresser un plan global de mobilité. Plan qui sera ensuite soumis au vote des Parisiens.

Bien qu’absente la veille, jeudi 30 janvier, sur BFMTV, Rachida Dati n’a pas manqué de réagir et de confirmer son opinion sur le vélo : « Avec l’annonce qu’elle a faite (Anne Hidalgo ndlr) hier de supprimer 60 000 places de parking à Paris, elle va créer la paralysie. Que veut-elle ? Paris n’est pas assez dégradé ? » Pour l’ancienne ministre de la justice, l’heure est au rétablissement de l’ordre sur l’espace public.

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Danielle Simonnet : offrir des vélos

L’insoumise (LFI) Danielle Simonnet (5 % des intentions de vote) s’est elle aussi prononcée en faveur du projet Vélopolitain. Plus surprenant, la candidate souhaite offrir un vélo à tous les jeunes âgés de 16 ans. Coût de l’opération, 4 millions d’euros. Elle a également promis de remunicipaliser Vélib’ et d’instaurer, à terme, la gratuité des transports en commun et du réseau de vélo en libre-service. Et de « faire des emprunts » pour le financer si nécessaire.

David Belliard : le « pompidou du vélo »

Pour le candidat écologiste (EELV) David Belliard (14,5 % des intentions de vote) c’est simple : priorité à la petite reine. Il propose de créer « des pistes cyclables sécurisées et larges dans toutes les rues de Paris ». Pour se faire, exit les voitures et les deux roues motorisées. Il envisage lui aussi de reprendre à la voiture 60 000 places de stationnement afin de réaliser ces aménagements. Ne manquant pas de rappeler qu’il s’agissait là d’une idée proposée par lui, bien avant les autres candidats. Sans rancune. David Belliard s’est même dit ravi de voir ses concurrents emprunter les idées des écologistes.

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