Les collectivités locales se mobilisent pour l’avenir de l’Europe 

Les villes et collectivités locales au coeur de la relance verte ? [jamesteohart/Shutterstock]

À l’occasion de son 70e anniversaire, le Conseil des Communes et Régions  d’Europe (CCRE) est revenu jeudi (28 janvier) sur l’importance des gouvernements locaux lors d’un webinaire. Crises sanitaire, climatique, économique, les défis à relever sont nombreux et les autorités locales, en première ligne. Au-delà de la gestion de crise, les territoires peuvent également façonner une meilleure Europe à l’horizon 2051.

En 2050, plus de 65 % de la population mondiale vivra en milieu urbain, contre à peine 55 % actuellement, selon les chiffres de l’ONU. Des villes qui sont déjà les plus émettrices de gaz à effet de serre au niveau mondial. En plus du changement climatique, la population mondiale devrait augmenter de 2 milliards de personnes au cours des trente prochaines années, passant de 7,7 milliards à 9,7 milliards en 2050, toujours selon les projections des Nations Unies. Autant de défis auxquels devront répondre les gouvernements locaux. 

“Comme pour la migration, l’urbanisation demande des infrastructures adéquates”, explique Martine Delannoy, stratège du futur chez citiesofpeople.com, une organisation qui vise à aider les autorités locales, les conseils municipaux, et d’autres acteurs urbains à établir des stratégies long-terme et leur feuille de route. 

« Ceux qui se basent sur une vision futuriste linéaire sont plus tournés vers le passé, car nous l’avons vu, il y a des événements imprévus qui peuvent survenir comme la pandémie de coronavirus. Nous avons besoin d’être plus flexibles.”

Pour le fondateur et directeur de citiesofpeople.com, Karl-Filip Coenegrachts, “il faut utiliser les scénarios et une vision futuriste avec tous les partenaires des gouvernements locaux et les gouvernements locaux eux-mêmes. Le CCRE va aider à cela et montrer la puissance de l’impact du niveau local sur l’avenir”.

Transition énergétique et climatique : où en sont les régions en France ?

Le Réseau Action Climat France a inauguré ce lundi (11 janvier) son Observatoire des objectifs régionaux climat-énergie. L’outil permet de visualiser les avancées de chaque région française en matière de transition énergétique et climatique.

Un rôle qui se renforce

Dès sa création en 1951, le CCRE s’est attelé à renforcer l’autonomie des communes avec la Charte des libertés locales de 1953 et à développer la coopération locale via le développement des jumelages de villes. En outre, les institutions européennes ont au fil du temps de plus en plus soutenu les collectivités locales et régionales grâce à de nouveaux fonds et organismes, tels que les Fonds européen de développement régional (FEDER). 

En partenariat avec la DG REGIO et plusieurs associations de collectivités territoriales, le CCRE s’était également engagé en 2017 dans 60 dialogues pour discuter de la valeur de la politique de cohésion au niveau local et régional, ainsi que des priorités d’investissement des territoires dans huit pays européens – Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Italie, Pays Bas, et Suède.

“Le modèle de gouvernance du 19e siècle partait du haut vers le bas, alors qu’au 20e siècle cela part de la base, souligne James Jamieson, président de l’Association des gouvernements locaux britanniques. Les réponses adéquates viennent des communautés locales. Les maires sont élus de manière démocratique et peuvent proposer des services aux citoyens.”

“Au Royaume-Uni, 72 % de la population font confiance à leur maire pour améliorer leur vie, contre 18 % pour le gouvernement national”, ajoute-t-il.  

Les régions européennes souhaitent avoir davantage voix au chapitre dans les relations futures entre l'UE et le Royaume-Uni

Les régions européennes demandent à avoir davantage voix au chapitre dans les relations post-Brexit entre l’UE et le Royaume-Uni. Telles sont les conclusions formulées par les membres du Comité des Régions lors d’une réunion lundi (11 janvier).

Façonner l’avenir 

Mieux impliquer les autorités locales et régionales dans les politiques publiques dès aujourd’hui pourrait donc s’avérer déterminant pour gérer la sortie des crises sanitaire et climatique. « Les vaccins créent de l’espoir – mais aussi la tentation de retourner au statut quo d’avant la crise », estime Virginijus Sinkevičius, commissaire européen à l’environnement, aux océans et à la pêche.

Les dégâts colossaux qu’ont subi l’économie et la société depuis le début de la pandémie engendrent une énorme « pression de retrouver le business as usual » affirme aussi Fernando Medina, maire de Lisbonne (Capitale Verte 2020). « Le plus grand défi pour nous est d’éviter cela. La relance doit être gérée à travers le pacte vert pour l’Europe. » Avis appuyé par Anne Hidalgo, maire de Paris, selon laquelle « la transition durable est la seule solution pour sortir de cette crise de manière pacifique. »

Le CCRE est d’ailleurs engagé au sein de la Convention des Maires pour l’énergie et le climat ou encore dans le Cadre de référence pour les villes durables.

Transition dans laquelle, justement, les autorités locales et régionales devraient jouer un rôle prépondérant : « Les gouvernements locaux étaient en première ligne pour lutter contre la pandémie », explique Maimunah Modh Sharif, directrice exécutive d’ONU-Habitat. Et ce serait à eux également de mener le processus de la relance de manière « bottom up ».

Plus de fonds régionaux européens en cas de non-respect de la Charte des droits fondamentaux ?

Le respect de la Charte européenne des droits fondamentaux pourrait être invoqué afin de suspendre le versement de fonds destinés à des projets entravant la démocratie ou discriminant la communauté LGBT, d’après une source européenne.

Faire « entendre la voix » des autorités locales pour la relance 

L’association des autorités locales aux processus de relance compte en effet parmi les grandes priorités du CCRE. Mais, comme le déplore Frédéric Vallier, secrétaire général du CCRE, elles sont pour l’instant très peu prises en compte dans l’élaboration des plans de relance. Selon une étude publiée récemment par le CCRE et le Comité européen des régions, une minorité seulement des États membres consultent les autorités locales et régionales dans l’élaboration de ces plans – et encore moins prennent finalement leurs recommandations en compte.

C’est pourquoi « nous souhaitons davantage renforcer les gouvernements locaux et régionaux et faire entendre leur voix auprès des institutions européennes », explique le secrétaire général du CCRE. Autre axe prioritaire : montrer que « l’échelon local est le bon pour mettre en place des politiques d’égalité » en s’appuyant sur le socle des valeurs communes des 27. Un bel exemple, « plus de 100 villes européennes ont signé un appel auprès des collectivités polonaises pour rejeter la politique des « zones sans idéologie LGBT » l’an dernier », raconte Frédéric Vallier.

Les défis ne manquent donc pas au CCRE. « Climat, citoyenneté, égalité, inclusion et tout ce qui est propre à l’action locale » resteront, selon Frédéric Vallier, les grands combats de l’organisation dans les années à venir.

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne. La présente publication [communication] reflète uniquement l’avis de l’auteur et la Commission ne peut être tenue responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qu’elle contient.

Subscribe to our newsletters

Subscribe