Hier, les chefs d’Etat et de gouvernement ont officiellement signé le nouveau traité destiné à simplifier le processus de prise de décisions de l’UE et à élargir ses compétences à de nouveaux domaines, comme l’énergie et la coopération judiciaire. Mais l’arrivée tardive du Premier ministre britannique Gordon Brown a assombri la cérémonie.
La cérémonie officielle de signature, organisée dans une église gothique de la capitale portugaise jeudi 13 décembre, a été marquée par l’absence du Premier ministre britannique Gordon Brown.
Confronté à une forte pression des eurosceptiques qui souhaitent un référendum sur le nouveau texte, le chef d’Etat britannique n’a rejoint ses collègues qu’au déjeuner, pour procéder à la signature du document plus tard, à l’abri des appareils photo. Des discussions avec la commission parlementaire avaient retenu M. Brown à Londres.
« Il n’y a pas de meilleure preuve de son manque d’intérêt que le fait qu’il ait pensé que manquer cette signature n’était pas important », a déclaré Hugo Brady pour le Centre pour la réforme européenne, cité par l’AFP.
Les dirigeants européens ont néanmoins rapidement tourné leur attention vers les défis futurs de l’UE. Lors de la cérémonie officielle, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré que le traité de Lisbonne renforcerait la capacité de l’Union à agir et à atteindre ses objectifs de façon efficace. En tant que tel, il aidera l’Union à fournir de meilleurs résultats aux citoyens européens.
Selon Sebastian Kurpas, chercheur au Centre for European Policy Studies (CEPS), le traité de Lisbonne pourrait en effet rendre l’UE plus démocratique en renforçant l’utilisation des procédures législatives qui accordent davantage de pouvoir au Parlement européen, mais renforcent également le rôle des Parlements nationaux. Il estime qu’en principe il pourrait aussi rendre l’UE plus efficace en simplifiant le processus de prise de décision.
Néanmoins, M. Kurpas avertit que cela ne rendra pas l’UE plus transparente. Selon lui, un certain nombre d’opt-outs, de protocoles, de déclarations et de dispositions pour une intégration flexible rendent le texte globalement illisible pour le citoyen moyen.
Ce ne sont pas les seuls défis. Afin d’entrer en vigueur avant la date limité du 1er janvier 2009, le document doit être rapidement ratifié par les Etats membres. A ce jour, l’Irlande est le seul pays tenu par sa constitution d’organiser un référendum ; les autres pays devraient ratifier le traité via leur Parlement national.
D’après M. Kurpas, la suppression de tous les éléments symboliques du traité va faciliter sa ratification, en évitant la question sensible du référendum, mais il y aura certainement des conséquences pour l’intégration à l’avenir.

