Les États membres s’accordent pour renforcer les moyens de l’antiterrorisme

Le Président François Hollande arrive au Sommet européen à Bruxelles le 12 Février

French President François Hollande arrives at the EU summit. Brussels, 12 February. [European Council/Flickr]

Les dirigeants de l’Union européenne ont décidé de renforcer les moyens de lutte contre le terrorisme via un renforcement des contrôles au sein de l’espace Schengen, mais sans révision comme le demandait la France.

Le sommet européen du 12 février avait mis la question de la lutte contre le terrorisme en haut de son agenda après la vague d’attentat qui a touché Paris au début du mois de janvier.

« Nous devons améliorer la mise en œuvre et le développement des instruments que nous avons, en particulier pour détecter et empêcher les déplacements liés au terrorisme, notamment de combattants terroristes étrangers », peut-on lire dans le texte adopté lors du sommet informel de Bruxelles.

Pression sur le PNR

Dans ce texte, les dirigeants demandent au Parlement européen d’adopter le plus vite possible la directive PNR (Passenger name record, ou enregistrement des données passagers), bloquée par les députés pour des questions de protection de la vie privée.

Si les parlementaires européens ont adopté mercredi une résolution s’engageant à adopter ce texte, certains États membres craignent que les garanties demandées en matière de protection des données personnelles ne fassent capoter ou ralentissent le projet.

>>Lire : Le Parlement négocie son engagement sur le PNR européen

Après les attentats survenus début janvier à Paris, les États membres, dont la France, avaient accentué leur pression sur le Parlement européen pour qu’il revoie sa position et adopte sans tarder la directive PNR.

Les 28 ont aussi décidé que, tout en restant dans le cadre légal des traités existants, les contrôles des passagers via des fichiers informatisés, seraient systématisés et ont demandé à la Commission de donner rapidement des instructions pour ce faire.

>>Lire : En direct : terrorisme, Ukraine et euro au menu du sommet européen

Outre ces mesures, les États membres s’engagent à multiplier les efforts de coordination, que ce soit entre les services de renseignements nationaux ou communautaires (Europol, Eurojust) et à renforcer la lutte contre les trafics d’armes et le blanchiment d’argent.

Lutte contre la propagande djihadiste

Le texte adopté par le Conseil européen comprend un chapitre sur la prévention du terrorisme, notamment la lutte contre la propagande djihadiste sur internet.

Un volet sur la politique extérieure de l’UE, notamment sa gestion des crises en Syrie et Libye, comprend aussi un engagement à améliorer la coopération avec les pays tiers, en particulier en ce qui concerne le contrôle des frontières.

La France isolée

La déclaration des dirigeants européens n’a cependant pas été aussi loin que l’aurait souhaité la France. Soutenue par l’Espagne, elle a demandé que l’accord sur l’espace Schengen, composé de 26 États membres, soit amendé afin de permettre un contrôle frontalier plus strict pour les personnes suspectées de participer à des activités terroristes.

Ces propositions avaient été avancées par le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve, suite à la vague de violence qui a déferlé en France le mois dernier et qui a débuté avec l’attaque du journal Charlie Hebdo.

Toutefois, les dirigeants européens ont préféré un renforcement des règles existantes de contrôle des voyageurs entrant ou sortant de l’espace Schengen sans forcément modifier l’accord ou porter atteinte à la liberté de circulation.

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