Les États-Unis visitent les Balkans dans un contexte de tensions croissantes avec l’UE

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Une série de visites du secrétaire d’État américain Mike Pompeo dans plusieurs pays des Balkans ont confirmé que les États-Unis s’intéressent de plus en plus à la région. Entre-temps, les relations entre les États-Unis et l’Europe occidentale continuent de s’envenimer.

Lors d’une visite officielle à Athènes ce week-end, Mike Pompeo a signé un accord de défense élargie avec la Grèce. Il a également critiqué la Turquie pour ses forages d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, qualifiant les actions du pays d’« illégales » et d’« inacceptables ».

« Nous voulons nous assurer que des règles régissent l’exploration internationale des ressources énergétiques de la mer Méditerranée et qu’aucun pays ne puisse prendre l’Europe en otage », a-t-il déclaré. Le nouvel accord de défense est lié à l’utilisation de la base navale américaine de Souda Bay, des bases aériennes de Stefanovikeio et Larissa en Grèce centrale, ainsi que du port d’Alexandroupolis, le cœur commercial du nord-est de la Grèce.

Alexandroupolis jouera un rôle clé dans le passage des troupes américaines de la Méditerranée vers l’Europe et les pays baltes en contournant la Turquie. Il s’avérera également utile pour le transport du gaz naturel liquéfié américain vers l’Europe.

La ministre bulgare de l’Énergie, Temenoujka Petkova, a mentionné l’interconnecteur Grèce-Bulgarie (également connu sous le nom de Stara Zagora-Komotini) et la participation de la Bulgarie à la construction du terminal GNL à Alexandroupolis dans des interviews récentes.

La ministre a déclaré le 6 octobre à la chaîne nationale BNT que l’interconnecteur serait prêt dans la seconde moitié de 2020. Elle a ajouté qu’une convention de financement avec la Banque européenne d’investissement serait signée le 10 octobre et que le constructeur du gazoduc et le fournisseur de tuyaux ont déjà été sélectionnés.

La Bulgarie devrait acheter 1 milliard de mètres cubes par an de gaz azerbaïdjanais dans le corridor gazier du sud (près d’un tiers de sa consommation annuelle). Le gaz sera transporté via l’interconnecteur Grèce-Bulgarie.

Juste avant, Mike Pompeo a visité la Macédoine du Nord et le Monténégro. En ce qui concerne la Macédoine du Nord, il a déclaré qu’il s’attendait à ce que le pays devienne le 30e membre de l’OTAN d’ici à la fin de l’année et a salué l’accord de changement de nom tant attendu avec Athènes.

Au Monténégro, qui est déjà membre de l’OTAN, Mike Pompeo a appelé le pays à faire davantage pour combattre la corruption et garantir la liberté de la presse. Il a ajouté que Podgorica partageait le point de vue des États-Unis sur plusieurs questions de politique étrangère, citant la coopération en matière de cybersécurité. Par exemple, Podgorica a contribué au développement d’une protection contre les derniers logiciels russes, qui protégeaient des milliards d’appareils dans le monde entier.

A chaque visite, Mike Pompeo a mis en garde contre les risques des investissements chinois dans les technologies sensibles et a appelé les dirigeants à prendre les « bonnes décisions ». Il a également déclaré que Pékin pourrait offrir des pots-de-vin pour remporter certains contrats d’infrastructure dans les Balkans.

En juillet, un expert de Huawei, un géant chinois de la technologie, a déclaré à Euractiv que c’était une occasion « historique » pour la Grèce et Chypre de prendre la tête du déploiement de la technologie 5G en Europe du Sud-Est.

Entre-temps, la Maison-Blanche veut que l’ambassadeur des États-Unis en Allemagne, Richard Grenell, soit son envoyé spécial pour le dialogue Belgrade-Pristina.

S’exprimant sur ce thème, la porte-parole de la Commission européenne, Maja Kocijančić, a déclaré que les États-Unis et l’UE avaient un intérêt commun dans la stabilité des Balkans occidentaux. Belgrade et Pristina se sont toutes deux félicitées de cette vision de choses.

Mais de l’autre côté du continent, les relations avec les Américains se détériorent.

Vendredi, le gouvernement espagnol a convoqué l’ambassadeur américain en Espagne, Duke Buchan, pour se plaindre de la nouvelle augmentation des tarifs annoncée par l’administration américaine. Washington a décidé d’imposer des droits de douane de 10 à 25 % sur les produits européens après que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a statué en faveur des États-Unis et contre l’UE sur les subventions accordées à Airbus, un constructeur aéronautique européen.

Au cas où les États-Unis rejetteraient le dialogue, le gouvernement espagnol a déclaré qu’il réagirait « immédiatement avec fermeté et clarté » pour défendre les intérêts espagnols. Le gouvernement utilisera toutes les voies légales possibles et collaborera avec la Commission européenne et d’autres pays de l’UE, selon une déclaration officielle.

La France et l’Allemagne ont pour leur part visé Google en ce qui concerne la législation européenne sur le droit d’auteur. Le président français Emmanuel Macron a déclaré que Paris et Berlin travailleraient sur une initiative commune contre Google. Les deux pays veulent que la société américaine paie pour afficher des liens vers des articles de presse, tandis que celle-ci a l’intention de cesser de référencer des articles pour éviter d’avoir à payer la facture. Le sujet sera discuté lors du Conseil des ministres franco-allemand qui se tiendra à Toulouse le 16 octobre prochain.

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Dans l’intervalle, le procureur général américain, William Barr, a demandé l’aide de l’Italie dans l’enquête sur un lien possible entre le président Donald Trump et la Russie lors des élections américaines de 2016. William Barr a rencontré à deux reprises le chef-espion italien Gennaro Vecchione en août pour demander des informations sur le professeur maltais Joseph Mifsud. Le professeur avait informé le conseiller de Donald Trump, George Papadopoulos, que la Russie avait en sa possession des courriels qui pourraient porter préjudice à Hillary Clinton.

Le chef du nouveau parti centriste Italia Viva, Matteo Renzi, a fait pression sur le Premier ministre Giuseppe Conte, lui demandant de fournir des explications supplémentaires sur l’affaire d’espionnage. Giuseppe Conte, qui est responsable des services secrets, aurait autorisé les deux réunions.

(Sarantis Michalopoulos, Georgi Gotev, Euractiv.com, Fernando Heller, Euroefe, Euractiv France, Željko Trkanjec, Euractiv Croatie, Euractiv Serbie, Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

LONDRES/BERLIN

Le Brexit encore reporté ? Le Premier ministre finlandais et président en exercice du Conseil de l’UE, Antti Rinne, s’attend à ce que le Brexit soit de nouveau reporté. Il semble que le Premier ministre britannique Boris Johnson n’ait compris que maintenant de « quelle pagaille il s’agit, et il a du mal à faire une proposition pour s’en sortir », a déclaré le socialiste au journal allemand Welt am Sonntag. « C’est pourquoi je crains que le sommet d’octobre ne porte davantage sur une prolongation que sur des solutions concrètes à la situation », a-t-il ajouté. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

VARSOVIE

Le compte à rebours a commencé. Si les élections législatives du 13 octobre avaient eu lieu jeudi dernier, le parti au pouvoir, Droit et Justice (PiS/ECR) aurait obtenu 44,3 % des voix, selon la dernière enquête IBRiS. La Coalition civique (OC/PPE) arrive en deuxième position (23,4 %), suivie par la gauche (Lewica/S & D) avec 12 %.

BRATISLAVA

Préoccupations du public. Plus de la moitié de la population slovaque est préoccupée par les informations extraites du téléphone portable del’entrepreneur Marián Kočner, selon un sondage d’opinion pour TV Markiza. Marián Kočner est accusé d’avoir ordonné le meurtre du journaliste Ján Kuciak. Il a été emprisonné pendant le procès pour meurtre et fait également face à une poursuite civile. Les messages de Marián Kočner envoyés par le biais de l’application Threema font partie de l’enquête et montrent, entre autres, que les juges ont été corrompus et que l’ex-secrétaire d’État au ministère de la Justice, Monika Jankovská, était impliquée. « Dites-lui de faire ce qu’elle doit faire ou elle finira “à la Kuciak” », a écrit Marián Kočner à Monika Jankovská le jour où les médias ont rendu publique l’histoire du meurtre. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

SOFIA

Les infirmières demandent un salaire plus élevé. Environ 7 000 infirmières et travailleurs médicaux, soutenus par le CITUB, le principal syndicat du pays, vont protester pour exiger des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail dans le secteur de la santé en difficulté du pays. (Dnevnik.bg)

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