Cela fait près de 21 ans que le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité. Cependant, des actrices clés du changement travaillant au sein de l’UE, des Nations unies et de l’OTAN affirment qu’il reste encore des années de travail à accomplir avant de parvenir à une représentation égalitaire.
Plusieurs femmes cadres travaillant dans le domaine de la sécurité internationale ont organisé un webinaire le mercredi 22 septembre, en collaboration avec le European Policy Centre (EPC). Le débat s’est orienté autour d’une simple question : « Que pouvons-nous améliorer ? »
La résolution 1325 repose sur trois piliers : la protection, la prévention et la participation. Alia El-Yassir, directrice régionale d’ONU-Femmes pour l’Europe et l’Asie centrale, a déclaré que la participation était actuellement le pilier le plus crucial des trois. Sans cette participation, a-t-elle expliqué, les dirigeants mondiaux ne peuvent pas garantir que « les besoins et les intérêts des femmes sont pleinement représentés » dans les programmes de protection et de défense.
Mme El-Yassir a déclaré que le sujet du féminisme était revenu sur le devant de la scène ces dernières années. Elle a également souligné que l’actuel secrétaire général des Nations unies, António Guterres, se définit lui-même comme féministe.
« Il y a une différence entre une politique étrangère féministe et féminine », a déclaré Mme El-Yassir.
« Lorsque vous êtes la seule personne à avoir cette parole (féministe), vous vous sentez en infériorité numérique », a-t-elle ajouté, soulignant l’importance de dirigeants de haut niveau au franc-parler comme António Guterres.
Pourtant, les intervenantes affirment que le chemin à parcourir est encore long. La lieutenante-colonelle Diana Morais, présidente du Comité de l’OTAN sur la dimension de genre (NCGP), a déclaré que les femmes sont encore sous-représentées dans l’armée, une institution qui reste « très hiérarchisée ».
Mme El-Yassir a ajouté qu’aucune femme n’a jamais été commandante ou commandante adjointe d’une mission militaire de l’UE. Selon les données et l’évolution actuelle, il faudrait plus de 325 années avant de parvenait à une « représentation égale » au sein de l’UE, contre 465 années pour l’OTAN, a-t-elle déclaré.
Mais au-delà des statistiques, il est « extrêmement important d’investir dans les individus », a déclaré Mme El-Yassir.
Toutes les femmes dirigeantes s’accordent à dire que la participation des femmes aux pourparlers sur la paix et la sécurité permet l’élaboration de plans plus inclusifs et plus pratiques.
De plus, le travail en faveur de l’égalité des sexes « (peut) et doit être réalisé par les hommes et les femmes », a ajouté Charlotte Isaksson, conseillère principale en matière d’égalité entre les sexes au Service européen pour l’action extérieure.
Les trois femmes ont souligné que les discussions sur l’égalité des chances doivent se poursuivre. Les grandes organisations sont en effet loin d’avoir atteint leurs objectifs initiaux en matière d’égalité.
« Si nous pouvons envoyer des personnes sur les planètes où se rendent actuellement les personnes qui ont de l’argent, nous pouvons atteindre l’égalité des sexes », a déclaré Mme Isaksson.


