Les maires des capitales des pays de Visegrad unis contre le populisme

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BRATISLAVA/BUDAPEST/PRAGUE/VARSOVIE

Les maires des capitales du groupe de Visegrad, tous issus de l’opposition, se sont réunis à Budapest en signe de résistance contre la montée des « populistes [qui] ont dominé le paysage politique » dans leur pays.

Les dirigeants de Bratislava, Budapest, Prague et Varsovie, ont promis d’unir leurs forces et de relever les défis posés par leurs gouvernements peu libéraux, ainsi que par le changement climatique et les inégalités.

Les signataires du « Pacte des villes libres » ont l’intention de faire pression sur Bruxelles pour un meilleur accès aux fonds européens afin de contourner les contraintes financières imposées par leurs gouvernements. « Nous allons lutter pour faire en sorte qu’au moins une partie de l’argent de l’UE (…) aille directement aux gouvernements locaux, sans passer par les gouvernements [centraux] », a déclaré Rafał Trzaskowski, le maire de Varsovie, pendant le sommet.

Les maires estiment que la démocratie est la réponse aux maux de leurs sociétés.

Matúš Vallo, architecte et musicien, a été élu maire de Bratislava après une campagne de deux ans soutenue par deux nouveaux partis d’opposition, tandis que les maires de Varsovie et de Budapest étaient soutenus par une large coalition de partis d’opposition. Le maire libéral du Parti Pirate de Prague, Zdeněk Hřib, a été élu après que son parti s’est classé deuxième aux élections municipales et a formé une coalition avec deux autres forces de l’opposition à l’assemblée de la ville.

Dans un geste symbolique, le campus de l’Université d’Europe centrale (CEU) de Budapest, expulsée du pays par Victor Orbán, a été choisi pour accueillir le sommet des maires libéraux. La CEU a ouvert son nouveau campus principal à Vienne le 14 novembre, mais continue de proposer des cours dans la capitale hongroise.

Aujourd’hui, « les quatre villes forment une alliance contre les régimes nationalistes populistes qui étouffent les démocraties de la région », a déclaré Gergely Karácsony, le maire de Budapest.

Les médias proches des gouvernements ont montré peu d’enthousiasme face à cette nouvelle alliance.  « Trzaskowski veut faire face aux plus grands défis de notre temps, mais sans l’aide du gouvernement, il ne pourrait même pas faire face à une panne de la station d’épuration de Varsovie », a écrit le site progouvernemental Polityce.pl.

« Il me semble que la signature du Pacte n’est qu’un effet de manche », a déclaré Patrik Nacher, député tchèque du parti au pouvoir, l’ANO.

L’agence de presse hongroise MTI, financée par l’État, n’a pas rendu compte du sommet. Dans une interview accordée à Euractiv le mois dernier, le maire de Budapest critiquait la propagande véhiculée par les médias hongrois, en affirmant que sa victoire à Budapest montait que « les électeurs se moquent de ce qu’ils lisent dans les médias de propagande du gouvernement ». (Vlagyiszlav Makszimov, Euractiv.com, Łukasz Gadzała, Karolina Zbytniewska | Euractiv Pologne, Zuzana Gabrižová , Euractiv Slovaquie, Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

HELSINKI

Le marché finlandais du gaz s’ouvre. La Finlande cessera d’être une île sur le marché européen du gaz début 2020. Le pays est le dernier État membre de l’UE à ouvrir ses marchés à la concurrence européenne. L’entreprise publique Gasum perdra son monopole de fait à la suite de la construction du gazoduc entre Paldiski en Estonie et Inkoo en Finlande.

Le gazoduc de 77 kilomètres de long, financé par l’UE à hauteur de 75 % (250 millions d’euros), qui relie la Baltique à la Russie, reflète la stratégie énergétique de l’UE visant à réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe. A l’heure actuelle, 40 % du gaz naturel de l’UE provient de Russie. Toutefois, en Finlande, la part du gaz naturel dans la palette énergétique totale n’est que de 8 %. Un projet à plus long terme déjà en cours vise à unir les marchés finlandais et balte du gaz, tandis qu’un autre gazoduc entre la Lituanie et la Pologne devrait être prêt dans deux ans. (Pekka Vanttinen)

BERLIN

Percée sur le paquet climat allemand. Hier, les États allemands et le gouvernement fédéral se sont mis d’accord sur les éléments essentiels du paquet climat de la grande coalition, un ensemble de nouvelles lois pour la protection de l’environnement.

L’accord fixe le prix du CO2 à 25 euros par tonne à compter du 1er janvier 2021. Les partenaires de la grande coalition, les chrétiens-démocrates (CDU), l’Union chrétienne-sociale (CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), ont augmenté le prix de la proposition initiale de 10 euros par tonne pour obtenir le soutien des Verts, qui avaient refusé de voter en faveur du reste du paquet si le prix du CO2 restait aussi bas. Il passera à 30 € en 2022 et à 55 € en 2025. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne)

MADRID

Le chantage ne marchera pas. Marta Vilalta, la porte-parole de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC, séparatiste) a averti lundi 16 décembre le parti socialiste (PSOE) que sa formation ne se soumettrait pas au chantage afin de faciliter la formation d’un gouvernement « progressiste » entre les socialistes espagnols et Podemos (gauche). (Euroefe)

PARIS

Monsieur « réforme des retraites » démissionne. Alors que la grève massive des transports entre dans sa douzième journée, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a démissionné à la suite de révélations concernant des revenus non déclarés. Euractiv France rapporte que pour les manifestants, la pilule est difficile à avaler. L’auteur de la réforme visant à réduire les retraites ne devrait pas trop s’inquiéter de sa propre pension, mais sa démission est un nouveau coup porté aux réformes prévues par le gouvernement. (Euractiv France)

DUBLIN

Appel à haut-risque. Les enjeux d’un appel interjeté contre une décision de la Haute Cour, qui avait conclu que l’extraction par la police de métadonnées sur des téléphones mobiles dans le cadre d’une affaire de meurtre violait le droit communautaire, sont« énormes », selon la Cour suprême irlandaise.

Graham Dwyer a été condamné en 2015 pour le meurtre d’Elaine O’Hara, après que les autorités irlandaises eurent obtenu les preuves contenues dans le téléphone portable de la victime. Les défenseurs de Dwyer ont affirmé que l’utilisation des données par l’accusation n’était pas valable parce que la législation autorisant la saisie de ces données avait été annulée par la Cour de justice européenne. (Samuel Stolton, Euractiv.com)

VIENNE

L’Autriche manquera-t-elle ses objectifs climatiques nationaux ? Citant un document ministériel (à usage interne uniquement), des experts ont déclaré que le nouveau train de mesures climatiques de l’Autriche, qui doit être approuvé par le parlement mercredi, réduirait les émissions de carbone de seulement 27 % d’ici à 2030, au lieu des 36 % convenus.

Le document a été publié par l’ONG autrichienne Global2000, qui a accusé le gouvernement de tromper intentionnellement le public sur l’état de la politique climatique nationale.

Le gouvernement a qualifié le document de « périmé » (il a été rédigé le 29 novembre), affirmant que les mesures ont été adaptées afin que l’Autriche atteigne tous ses objectifs climatiques. (Philipp Grüll, Euractiv Allemagne)

LONDRES

Aucune extension. Boris Johnson tentera de remettre la pression sur l’UE en excluant légalement toute possibilité de prolonger la période de transition du Brexit, a confirmé son équipe le 16 décembre. Le Premier ministre conservateur nouvellement élu prévoit de modifier la législation relative à l’accord de retrait, afin d’empêcher que la période de transition ne soit prolongée au-delà de décembre 2020, en fixant un calendrier serré pour négocier et ratifier un nouveau partenariat commercial et politique avec l’UE. (Ben Fox, Euractiv.com)

ZAGREB

FMI : L’avenir est entre les mains du peuple croate. Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré dans un communiqué que la Croatie approfondissait son intégration au sein de l’UE et que le processus du mécanisme de taux de change (MCE II) actuellement en cours ouvrait la voie à l’adoption de l’euro.

« Ces changements atténueront certaines des frictions économiques et financières actuelles que l’adhésion à l’UE ne peut à elle seule éliminer. Pourtant, l’avenir à long terme du pays repose encore en grande partie sur lui-même. C’est au peuple croate de contribuer à rendre le pays plus dynamique aujourd’hui, pour un avenir meilleur », a déclaré le Fonds. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

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