Les ministres des Affaires étrangères se penchent sur la question ukrainienne

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Les 28 ministres européens des Affaires étrangères se penchent sur les progrès de l'Ukraine lors d'un sommet à Luxembourg. Les discussions sur la libération de Ioulia Timochenko s'accélèrent. 

Les ministres devraient résoudre lundi à Luxembourg les problèmes qui entravent jusqu'alors la signature de l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine.

Selon des experts, l'accord sera présenté lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius, en Lituanie.

L'incarcération de Ioulia Timochenko constitue l'un des obstacles des négociations. Si l'ancienne première ministre est libérée au cours des prochaines semaines, la situation pourrait se débloquer. Sa libération n'est pas une condition officielle au rapprochement de l'Ukraine. Mais plusieurs États membres de l'UE, dont l'Allemagne, et des eurodéputés ont associé son cas à la finalisation de l'accord bilatéral.

Certains experts ont prévenu que si l'accord n'était pas signé, les ambitions du Partenariat oriental de l'UE seraient mises en doute.

« Si l'accord n'est pas signé, le sommet de Vilnius marquera la fin d’environ cinq ans de Partenariat oriental et non sa célébration », déclare Tom Casier, de la Brussels School International Studies, à l'agence de presse ukrainienne Interfax.

« L'accord d'association avec l'Ukraine serait une grande réussite, mais ce pourrait également être la seule pendant un certain temps », poursuit-il. « L'Arménie s'est retirée du Partenariat oriental et des doutes pèsent de plus en plus sur la Géorgie. L'instabilité politique a même précarisé la place de la Moldavie au sein du Partenariat oriental. Sans l'Ukraine, il devient très difficile d'envisager l'avenir du Partenariat oriental. »

Un fonctionnaire senior de l'UE a indiqué à la presse à Bruxelles le 18 octobre que les ministres des Affaires étrangères discuteraient de l'Ukraine lors de leur réunion. Ils ne tireront toutefois pas de conclusions officielles à ce stade, selon lui.

Les ministres aborderont la mise en œuvre des critères de référence définis par l'UE pour l'Ukraine en décembre 2012. Ils « tiendront compte des conclusions de la mission d'observation du Parlement européen en Ukraine, dirigée par Pat Cox et Aleksander Kwasniewski ».

Le commissaire au commerce, Karel De Gucht, s’est exprimé lors d'une conférence de presse à Luxembourg le 18 octobre. Il a indiqué que, mises à part les considérations politiques, l'Ukraine devait aussi respecter plusieurs critères économiques comme la taxe sur le recyclage visant les véhicules. Cette taxe « viole potentiellement les engagements de l'OMC [Organisation mondiale du commerce] », selon le commissaire.

D'autres pays du Partenariat oriental attendent toutefois des signaux de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères. La Géorgie et la Moldavie espèrent parapher leur propre accord d'association lors du sommet à Vilnius.

Le fonctionnaire de l'UE a reconnu que les ministres se concentreraient d'abord sur Kiev. Il a toutefois précisé que l'UE « ne mélange pas la Géorgie et la Moldavie avec l'Ukraine ». En d’autres termes, chaque pays fera l’objet d'une discussion au cas par cas.

La Géorgie organisera des élections présidentielles le 27 octobre, quelques jours après le Conseil Affaires étrangères.

« Le processus électoral est satisfaisant jusqu'à présent. Attendons les résultats des élections et le nouveau président. Dans le même temps, nous continuerons à nous préparer pour le sommet de Vilnius et le paraphe de l'accord », a déclaré le fonctionnaire de l'UE le 18 octobre.

Le Partenariat oriental de l'UE a été créé en 2009 et couvre six pays : l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine.

Les ministres des Affaires étrangères discuteront également de la situation dans le voisinage du sud. Ils accorderont une attention particulière à l'Égypte, à la Libye, à la Syrie, aux conséquences du naufrage de Lampedusa, en Birmanie, au Yémen et à la Bosnie.

La Serbie tiendra son premier Conseil « Stabilisation et association avec l'UE » en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères. Belgrade devrait entamer les négociations d'adhésion avec l'UE au plus tard en janvier 2014.

Lors d'un sommet entre l'UE et l'Ukraine le 25 février, le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a répété les trois domaines dans lesquels l'UE souhaite voir des progrès avant de signer un accord d'association avec Kiev.

Le problème de la « justice sélective », une référence à l'emprisonnement de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko, la lutte contre les problèmes en matière de démocratie qui découlent des élections nationales d'octobre 2012 ainsi que la promotion de réformes judiciaires.

L'affaire Timochenko divise les États membres. Certains nouveaux membres estiment que l'Ukraine ne devrait pas être tenue à l'écart en raison des poursuites en justice d'une seule personne. Des diplomates de ces pays pensent personnellement, et en privé, que Ioulia Timochenko « n'est pas un ange ».

L'Allemagne et d'autres la considèrent toutefois comme une icône de la révolution orange. Sa libération et l'abandon des charges qui pèsent sur elle sont des conditions sine qua non à la signature d'un accord d'association, indiquent-ils.

  • 28-29 nov. : sommet consacré au Partenariat oriental à Vilnius sous la présidence lituanienne du Conseil de l'UE L'Ukraine espère y signer un accord tandis que la Moldavie et la Géorgie souhaitent parapher des accords semblables

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