Les ministres européens mesurent leurs divergences sur la chimie et le nucléaire

Accueillis par Barbara Pompili, les ministres de l'Environnement ont discuté, le 20 janvier, de la biodiversité, et plus précisément des produits phytopharmaceutiques, des produits chimiques et de la déforestation importée. [CHRISTOPHE PETIT TESSON/epa]

Une partie des 46 ministres européens attendus à Amiens pour trois jours de réunions informelles sur les sujets liés à la transition écologique a été accueillie jeudi (20 janvier) par la ministre française Barbara Pompili.

Pour ce premier jour de discussions, ce sont les ministres de l’Environnement qui avaient rendez-vous afin d’échanger sur la thématique de la biodiversité, et plus précisément sur les produits phytopharmaceutiques, les produits chimiques et la déforestation importée.

Hasard ou non du calendrier, la Commission européenne a lancé ce même jour une consultation publique sur la révision de la réglementation REACH (visant à mieux protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques liés aux substances chimiques) dans le cadre de la refonte de la stratégie pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques, pour des produits plus sûrs et plus durables. La consultation est ouverte jusqu’à la mi-avril.

A propos de la révision de REACH, Thierry Breton, le commissaire chargé du marché intérieur, a indiqué : « Notre politique en matière de produits chimiques vise à accélérer cette transition dans l’intérêt de nos citoyens et de l’environnement, tout en continuant à permettre l’innovation par l’industrie chimique. Je compte sur l’industrie, la société civile, le monde universitaire et les pouvoirs publics pour nous aider à identifier les solutions susceptibles de soutenir ces efforts. »

Identifier les points de divergences

D’autres sujets vont occuper les discussions des ministres tout au long de ces rencontres, à commencer par la taxonomie verte. « Nous avons un texte de la Commission qui a été présenté, qui est un texte d’équilibre, de compromis, et évidemment certains pays ont encore des points à voir sur la taxonomie » a indiqué Barbara Pompili. 

L’énergie nucléaire « n’est pas une énergie verte » a par exemple déclaré le sécretaire d’Etat allemand de l’Environnement Stefan Tidow. Quatre pays ont ainsi clairement exprimé, dans une lettre, une opposition catégorique au gaz et au nucléaire dans la taxonomie – un chiffre cependant inférieur au seuil minimal de 20 pays nécessaire pour rejeter la proposition de la Commission.

Interrogée à propos du nucléaire, la ministre a poursuivi : « C’est une énergie décarbonée », et de ce fait, « c’est un outil dont nous considérons qu’il ne peut pas être négligé à un moment où nous devons aller vite et à un moment où les énergies renouvelables, que nous devons développer massivement, ne pourrons pas, à elles seules, résoudre le problème. En tout cas, pas tant que nous n’aurons pas de solutions de stockage. Quand nous aurons les solutions de stockage, notamment avec l’hydrogène, la question pourra se poser autrement. »

Sur ce sujet, comme sur d’autres, les pays de l’UE vont devoir trouver un terrain d’entente. « Nous sommes dans une séquence informelle, il n y a pas de négociations précises sur les textes », a toutefois rappelé Barbara Pompili. « Mais c’est très important d’avoir ces échanges avec les collègues pour pouvoir identifier quels sont les aspects sur lesquels on va avancer très vite et quels sont les points sur lesquels nous avons encore besoin de travailler. »

Pour l’heure donc, pas de pression pour arriver à un accord quelconque.

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