Les procureurs veulent voir la condamnation de Ioulia Timochenko entérinée

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Les procureurs ukrainiens ont exhorté une haute Cour hier (21 août) à rejeter l'appel introduit par l'ancienne première ministre aujourd'hui en prison, Ioulia Timochenko, condamnée pour abus de pouvoir.

 

Les juges se sont ensuite retirés pour prendre leur décision qui devrait être annoncée mi-septembre, selon l'opposition et les avocats de la défense qui ont hâte de la connaître. Mme Timochenko purge actuellement une peine de sept ans de prison.

 

Elle n'a pas pu s'enregistrer comme candidate aux élections législatives du 28 octobre prochain (voir « Contexte »), au motif que sa condamnation n'a pas été annulée, un problème qui, en théorie, pourrait être réglé par l'appel.

 

Pat Cox, ancien président du Parlement européen, et Aleksander Kwasniewski, ancien président polonais, ont été désignés par l'Union européenne pour observer le procès en appel de Mme Timochenko au nom du Parlement européen.

 

Les procureurs ont argué que la culpabilité de Mme Timochenko avait clairement été établie lors son procès l'année dernière. Les charges d'abus de pouvoir remontent à un accord gazier que Mme Timochenko a conclu avec la Russie en 2009 lorsqu'elle était première ministre.

 

Le gouvernement du président Viktor Ianoukovitch affirme que cet accord était imprudent et a imposé à l'ancienne république soviétique un prix exorbitant pour son approvisionnement stratégique en gaz, un coup dur pour l'économie du pays déjà en difficulté.

 

Mme Timochenko, qui est traitée pour des problèmes de dos dans une clinique publique à Kharkiv et n'était pas présente pour l'audience d'appel, nie avoir agi à l'encontre des intérêts nationaux. Elle affirme être la victime de la vengeance de M. Ianoukovitch qui l'a remporté de justesse face à elle lors des présidentielles de février 2010.

 

Cette affaire, qui a tendu les relations qu'entretient l'Ukraine avec l'UE et les Etats-Unis, jouera un rôle clé dans les élections législatives du 28 octobre prochain, lorsque le Parti des régions de M. Ianoukovitch tentera de conserver le contrôle du parlement.

 

Dégâts considérables

 

Lors que l'audience d'appel a repris mardi, la procureure Oksana Drogobytskaya a déclaré que Mme Timochenko était coupable d'un crime qui avait eu de graves conséquences.

 

« Lors de l'enquête […] il a été déterminé que ses actions étaient préméditées. Tout pousse à croire que les actions de Mme Timochenko étaient criminelles », a-t-elle expliqué. « Le contrat [gazier] continue d'occasionner des dégâts considérables en Ukraine. »

 

La semaine dernière, les avocats de Mme Timochenko ont rétorqué que la négociation de cet accord avec la Russie était un pacte politique qui ne pouvait être qualifié d'action criminelle.

 

Les gouvernements occidentaux réclament quant à eux la libération de Mme Timochenko.

 

Toutefois, alors que les élections d'octobre se profilent à l'horizon, M. Ianoukovitch ne semble pas disposé à libérer Mme Timochenko et les autorités du pays ont entamé d'autres poursuites à son encontre.

 

Dans le cadre d'un autre procès, ajourné à plusieurs reprises en raison de ses problèmes de dos, elle est accusée de détournement de fonds et de fraude fiscale pour une affaire qui remonte à l'époque où elle était encore dans les affaires dans les années 1990.

 

Mme Timochenko a mené les manifestations de la révolution orange en 2004, suite auxquelles le président actuel, Viktor Ianoukovitch, n'avait pu accéder au pouvoir. Ces manifestations n'ont toutefois pas donné lieu à un gouvernement solide et uni.

 

Depuis que M. Ianoukovitch l'a vaincue aux élections, certains de ses alliés dans l'opposition sont également poursuivis pour corruption.

 

Les élections législatives ukrainiennes auront lieu le 28 octobre et 225 membres du parlement seront élus dans le cadre d'un scrutin de liste et 225 dans les circonscriptions.

 

Le seuil électoral pour les partis est de 5 %. Deux forces politiques jouissent d'un important soutien électoral en Ukraine : le Parti des régions et l'opposition unie (Batkivschyna de Ioulia Timochenko en coalition avec le Front pour le changement de Arseni Iatseniouk). Les sondages d'opinion accordent 23 % d'intentions de vote à ces deux groupes politiques.

 

Deux autres partis pourraient théoriquement entrer au parlement. Il s'agit du parti Oudar du boxeur Vitaliy Klychko (7 %) et du Parti communiste d'Ukraine (6 %). Le parti de Natalia Korolevska, Ukraine - En avant !, qui se dit libéral, et l'Union panukrainienne Liberté dirigée par Oleh Tyahnybok n'atteindraient pas le seuil des 5 % selon les précédents sondages. Toutefois, depuis que le célèbre footballeur Andriy Chevtchenko a rejoint Ukraine - En avant !, les chances du parti de se faire élire ont augmenté.

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