Les régions charbonnières de l’UE attendent des aides à la reconversion

[Jennifer Woodard Maderazo_Flickr]

Alors que le comité européen des régions plaide pour un financement adéquat de la reconversion des bassins miniers de l’UE, les régions productrices de charbon en Espagne s’inquiètent de savoir si elles pourront en bénéficier. Un article d’Euroefe.

Entre 8 et 12 milliards d’euros. C’est la somme que pourraient se partager les régions charbonnières de l’UE sur la période 2021-2027, en puisant dans un fonds européen de transition actuellement en projet. Ce montant a été avancé par le commissaire européen chargé du budget, Günther Oettinger, lors de la session plénière du comité des régions qui a eu lieu du 7 au 9 octobre à Bruxelles.

Selon Elisa Ferreira, la nouvelle commissaire à la cohésion, Bruxelles prévoit de proposer prochainement la création d’un nouveau fonds de transition destiné à aider les régions les plus dépendantes du charbon. A l’heure actuelle cependant, on ignore quelles régions seront concernées et quelle sera sa dotation exacte.

Sur le territoire européen, 185 000 emplois sont liés à la l’extraction du charbon, alors que la production d’électricité à partir de ce combustible fournit du travail à 52 000 personnes. D’ici à 2030, ce sont 160 000 emplois qui pourraient disparaître dans ce secteur. Au total, 41 régions sont concernées dans 12 États membres (dont le Royaume-Uni).

Le comité des régions a adopté un rapport de sa commission de politique économique sur la reconversion socioéconomique des régions charbonnières en Europe. Le document souligne l’importance économique du secteur charbonnier et des secteurs connexes – production d’intrants intermédiaires, de biens d’équipement, de services et de biens de consommation – en termes de valeur ajoutée et d’emploi dans ces zones.

L'UE tend la main aux régions dépendantes du charbon

La Commission travaille sur une initiative pour soutenir les régions minières spécialisées productrices de charbon durant la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Un article d’Euractiv République tchèque.

Si l’UE veut parvenir à la « neutralité climatique » en 2050, elle doit renoncer au charbon. Le comité des régions souligne dans son rapport qu’il faudra, à court ou moyen terme, fermer des mines et des exploitations à ciel ouvert qui ne sont plus rentables. « Ceci affectera la production du charbon. Or, sans son abandon graduel prévu dans le cadre des politiques climatiques, celui-ci constituerait pour longtemps encore un pilier de l’économie de ces régions. »

C’est pourquoi « la stratégie européenne pour atteindre les objectifs climatiques doit prendre en compte les conséquences auxquelles les régions devront faire face », en prévoyant de longs processus de transition et en offrant de nouvelles perspectives aux travailleurs concernés.

Le 8 octobre, Günther Oettinger, le commissaire européen au budget, s’est dit favorable à ce qu’un potentiel nouveau fonds pour la transition des zones minières prévoie également des aides pour les régions qui ont déjà pris des mesures pour mettre fin à leur dépendance au charbon, telles que certaines régions espagnoles.

« Nous devons décider vite si nous créons ce fonds et ce que nous finançons », a déclaré Günther Oettinger.

La région de Castille-et-León dans l’expectative

Francisco Igea, le porte-parole de la junte de Castille-et-León, a déclaré durant la séance plénière du comité que sa région chercherait à obtenir plus de précisions concernant les critères d’accès au futur fonds, afin que les zones qui ont déjà commencé leur transition énergétique puissent en bénéficier.

Dans la presse, il a indiqué qu’au même titre que d’autres représentants de communautés autonomes dont l’économie repose en partie sur le charbon, il faisait confiance à l’Union européenne pour ne pas oublier les régions qui ont déjà « fait leurs devoirs » et progressé en matière de transition écologique.

Francisco Igea a expliqué qu’il craignait que le fonds finisse par soutenir exclusivement les régions où l’extraction se poursuit et non celles qui ont déjà cessé l’exploitation des bassins miniers.

La Pologne attise la querelle sur le coût et la signification de la neutralité carbone

La Pologne martèle qu’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 coûterait trop cher et relève du « fantasme ». Le WWF assure que le pays pourrait y parvenir en respectant le délai et le budget fixés.

« Nous ne pouvons pas abandonner des régions qui sont aussi confrontées au problème démographique et à la difficile reconversion d’une industrie qui était pratiquement la seule à soutenir la croissance dans ces territoires. Nous allons nous battre parce qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir dans le cadre de cette négociation. Ce fonds peut aussi bénéficier à nos communautés », a déclaré le vice-président de la junte.

Francisco Igea a apprécié la prise de position de Günther Oettinger, lorsque celui-ci a plaidé pour que le fonds bénéficie également aux régions qui ont déjà commencé la transition.

« Notre intention est de nous montrer très actifs à Bruxelles, tant au niveau parlementaire qu’auprès des commissaires, et naturellement de faire alliance avec les régions d’Espagne qui se trouvent dans la même situation que nous », a-t-il ajouté.

Selon le commissaire Oettinger, l’Espagne « a arrêté relativement rapidement ses centrales au charbon, alors que d’autres pays commencent seulement à le faire », de sorte que, selon les caractéristiques du fonds, elle pourrait être exclue du cercle des bénéficiaires.

Cependant, Günther Oettinger a fait valoir qu’il était « impossible » que les régions qui ont abandonné le charbon avant les autres « ne reçoivent rien, et que le fonds ne bénéficie qu’à celles qui commencent maintenant».

Lors de ses récentes visites en Espagne, les autorités lui ont fait part de leur « préoccupation » concernant l’accès de certaines communautés autonomes au financement de ce futur programme européen.

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