Jerzy Buzek, l’ancien Premier ministre polonais et actuellement eurodéputé, a confirmé son ambition de présider le prochain Parlement suite aux élections européennes en 2009. Il a cependant rejeté les rumeurs selon lesquelles un arrangement secret aurait été conclu afin qu’il occupe cette fonction prestigieuse.
Lors d’un entretien à EURACTIV, M. Buzek a dénoncé le caractère mensonger des rumeurs lancées par le quotidien allemand Handelsblatt le 21 avril. Le quotidien a rapporté que les dirigeants des deux groupes politiques dominants au parlement – le centre-droit PPE-DE et le groupe socialiste – ont conclu un accord selon lequel M. Buzek succèdera au titulaire actuel du poste, Hans-Gert Pöttering, suite aux élections européennes l’année prochaine.
Selon M. Buzek, cette discussion survient 14 mois trop tôt. Aucun accord ne peut être conclu avant la fin des élections l’année prochaine. Il a ajouté qu’aucune négociation n’avait eu lieu jusqu’à présent sur cette question entre les partis politiques.
Cependant, il n’a pas exclu l’idée d’être dans la liste des candidats au poste avec plusieurs autres candidats hautement qualifiés et a admis être honoré d’être cité pour cette fonction de haut niveau.
Accord de partage de pouvoir
Le poste de président du Parlement émane traditionnellement de la force politique qui sort vainqueur des élections européennes. Cependant, dans le cadre d’un accord de partage de pouvoir, la fonction a été successivement occupée par le centre-droit PPE-DE et les socialistes avec un échange qui intervient au milieu du mandat parlementaire de cinq ans.
Cela s’est produit pour la dernière fois en janvier 2007, lorsque le conservateur allemand Hans-Gert Pöttering avait succédé à la présidence de Josep Borrell Fontelles, un socialiste espagnol. L’accord a été conclu parce qu’aucun des deux groupes principaux n’avait la majorité absolue d’eurodéputés (345 membres) requises pour nommer un candidat à l’élection.
L’accord a néanmoins été critiqué par le groupe ALDE, le troisième groupe important du Parlement. Selon Graham Watson, président de l’ALDE, les libéraux et les démocrates s’opposaient à l’accord conclu au début de ce mandat entre les chrétiens démocrates et les socialistes qui le jugeaient anormal. Il a ajouté que 2007, c’est-à-dire le 50ème anniversaire de la signature du traité de Rome, n’était pas une année appropriée pour entamer sérieusement le processus de réforme.
Un président issu de l’un des « nouveaux » Etats membres ?
En se commentant le prochain responsable du Parlement, M. Buzek a l’espoir que le fauteuil reviendra à l’un des nouveaux Etats membres, plaidant en faveur de son pays, la Pologne. Il a néanmoins ajouté qu’au final, il n’est pas question de nationalité ni de couleur politique mais simplement de compétences personnelles.
Selon M. Handelsblatt, M. Buzek – une personnalité très respectée – a reçu le soutien de Martin Schulz, le dirigeant allemand des socialistes au parlement, qui a proposé lui-même sa candidature au poste et n’a jamais nié son intérêt.
En contrepartie de son soutien, le quotidien a déclaré que M. Schulz pourrait espérer succéder à M. Buzek au milieu du deuxième semestre puisqu’il est très peu probable qu’un autre Allemand serait admis à succéder à M. Pöttering.
Le bureau de M. Schulz a nié l’existence d’un tel accord, déclarant qu’aucune négociation n’aurait lieu avant les prochaines élections. Le porte-parole de M. Schulz a déclaré à EURACTIV que les accords préalables vont à l’encontre de la tradition démocratique du Parlement européen.
Une source du Parlement a qualifié toutes les spéculations relatives eu président du Parlement de totalement prématurées. Il a ajouté que tout dépend de l’équilibre des pouvoirs et des circonstances l’année prochaine.
Les plus petits partis étaient, néeanmoins, alarmés par les rumeurs d’accord conclues avant les élections, redoutant d’être de nouveau mis sur la touche. L’eurodéputé Vert allemand Cem Özdemir a déclaré à EURACTIV « si cette rumeur est vraie, elle révèlerait une entente politique très étrange ».

