Selon le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, la reconnaissance de la Palestine comme État indépendant par l’Espagne ne recompense pas le terrorisme, et les déclarations d’Israël prétendant le contraire sont « absurdes ».
En novembre, à l’occasion d’une visite officielle avec le Premier ministre belge Alexander de Croo en Israël et au poste de contrôle de Rafah, à la frontière avec l’Égypte, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a évoqué pour la première fois la possibilité de reconnaître unilatéralement la Palestine si l’UE ne le faisait pas.
Ensuite, début mars, le M. Sánchez a annoncé qu’il ferait pression sur le Congrès espagnol pour la reconnaissance de la Palestine avant la fin de son mandat en 2027.
Cette déclaration a provoqué la colère d’Israël. Lior Haiat, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a critiqué cette annonce en affirmant qu’elle « envoie un message au Hamas et à d’autres organisations terroristes palestiniennes que les attaques terroristes meurtrières contre les Israéliens seront récompensées par des gestes politiques en faveur des Palestiniens ».
M. Albares a réfuté cette déclaration lors d’une interview accordée à la station de radio privée Cadena SER mardi (26 mars). « Il est absurde […] de penser que soutenir la création d’un État palestinien revient à récompenser le terrorisme », a-t-il rétorqué.
Il a également affirmé que le peuple palestinien « a droit à une terre et à un espoir », celui d’un État palestinien englobant la bande de Gaza et la Cisjordanie, et que cela « n’est pas incompatible avec [l’existence de] l’État d’Israël ».
« L’espoir du peuple palestinien et la sécurité d’Israël sont étroitement liés », a-t-il ajouté.
L’engagement de Pedro Sánchez
La promesse de reconnaître la Palestine figurait également dans le pacte électoral signé en octobre 2023 entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, S&D) de M. Sánchez et Sumar, la nouvelle coalition de gauche dirigée par la vice-présidente de l’exécutif progressiste et ministre du Travail, Yolanda Díaz.
Cette récente tension fait suite à une déclaration commune de l’Espagne, l’Irlande, Malte et la Slovénie, dans laquelle ils ont exprimé leur désir de reconnaître l’État de Palestine, affirmant que c’est le « seul moyen de parvenir à la paix et à la sécurité » dans la région.
« Nous avons discuté ensemble de notre volonté de reconnaître la Palestine et nous avons déclaré que nous le ferions lorsque cela pourra apporter une contribution positive et que les circonstances s’y prêteront », ont écrit les quatre pays dans leur lettre commune à l’issue d’un sommet de l’UE à Bruxelles.
[Édité par Anna Martino]



