La coopération entre régions suspendue au budget européen

Brexit et nouvelles priorités menacent de réduire les fonds alloués à la coopération transfrontalière. L’exécutif européen planche sur un nouveau cadre juridique pour protéger la coopération.

Plus de 150 millions de personnes vivent dans des régions transfrontalières en Europe. L’outil de coopération entre région, baptisé Interreg, a été créé dans le cadre de la politique de cohésion en tant qu’outil de financement pour aider les autorités locales et régionales à s’attaquer à des défis communs, et à partager des solutions dans les domaines de la santé, de la recherche, de l’éducation, du transport et de l’environnement.

Depuis 2014, le Fonds européen de développement régional permet de soutenir des projets améliorant l’efficacité de l’administration publique « en promouvant la coopération juridique et administrative et la coopération entre citoyens et institutions ». Mais cela ne s’est pas avéré suffisant.

Les problèmes et barrières juridiques liés à différentes cultures administratives sont encore un obstacle pour la coopération transfrontalière. L’exécutif européen a proposé en mai que les règles d’un État membre puissent être volontairement appliquées dans un pays voisin.

« Le mécanisme consiste en la conclusion d’une convention transfrontalière européenne, qui est directement applicable, ou d’une déclaration transfrontalière européenne qui exige une procédure législative supplémentaire dans l’État membre », indique la proposition de règlement.

La proposition de la Commission, actuellement examinée au Parlement européen, vise à introduire un mécanisme légal pour règlementer la coopération dans les régions transfrontalières.

Interreg post-2020 en danger

Dans les prochains mois, le Parlement, le Conseil et la Commission devront aussi négocier le prochain budget de l’UE à long terme.

Avec le départ du Royaume-Uni de l’UE et l’arrivée de nouvelles priorités – sécurité, immigration, changement climatique – le budget alloué à la politique de cohésion risque d’être réduit de 10 %. Ce qui, bien sûr, affectera Interreg.

Les eurodéputés tentent de défendre « un budget ambitieux » pour la politique de cohésion

Les eurodéputés appellent dans une résolution à maintenir un budget ambitieux pour cette politique, menacée de coupes budgétaires dans le prochain cadre financier pluriannuel.

« Ces programmes créent du lien entre les régions et les États membres de l’Union européenne », a déclaré Dimitris Papadimoulis lors d’un débat avec la commissaire en charge de la politique régionale, Corina Cretu.

« La décision de la Commission de réduire le budget Interreg est très inquiétante, puisqu’il s’agit d’une source unique et indispensable de financement pour la coopération entre les régions », s’inquiète Vasco Cordeiro, président de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM).

« Il est indispensable d’avoir des programmes Interreg basés sur les besoins territoriaux et mis en place avec une forte participation des régions », a déclaré la secrétaire générale de la CRPM, Eleni Marianou.

La Roumanie sera aux rênes de la prochaine présidence tournante de l’UE à partir de janvier et Bucarest devra servir de médiateur entre les États membres pour trouver un compromis sur le budget avant les élections européennes de mai.

Le pays a tout intérêt à ce que la politique de cohésion fonctionne correctement puisqu’il en est un bénéficiaire non négligeable.

L'UE dans vos régions: où va l'argent de la cohésion?

La politique de cohésion représente un tiers du budget actuel de l’UE : c’est la principale politique d’investissement de l’Union. Alors que les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel démarrent, Euractiv fait le point sur le mode d’attribution de ces fonds et les projets qu’ils financent.

Roumanie et Bulgarie, exemples d’une bonne coopération

Malgré les zones d’ombre et retards occasionnels dans la planification de projets, malgré les difficultés dans la mise en place et les obstacles bureaucratiques, la coopération transfrontalière roumano-bulgare a transformé l’économie et les relations entre les deux pays, améliorant ainsi la qualité de vie des citoyens.

Lors de la dernière période de programmation (2007-2013), Interreg a stimulé la coopération entre la Roumanie et la Bulgarie avec 262 millions d’euros. L’objectif principal était de rassembler les peuples et de renforcer les liens des deux communautés tout en soutenant le développement économique de la région.

En 2014, la Commission a octroyé 258 millions d’euros supplémentaires via le Fonds européen de développement régional pour investir dans des projets de coopération entre les deux pays jusqu’en 2020.

Le but, cette fois, était de garantir des régions bien connectées, écologiques, sures, intégrantes et efficaces.

Les fonds d’Interreg ont permis de financer la conservation et la promotion de sites historiques et culturels, de promouvoir le tourisme en montgolfière dans une zone transfrontalière et de créer un réseau de vélos électriques que les gens peuvent utiliser gratuitement dans les 32 villes de la région.

Selon la Commission européenne, le taux de sélection du programme a déjà atteint plus de 93 %, ce qui le place parmi les programmes les plus performants.

Oettinger reproche la baisse du budget aux États membres

Suède, Danemark, Pays-Bas, Autriche, Allemagne, Finlande…le commissaire européen au budget, Günther Oettinger n’a pas hésité à pointer du doigt les pays réticents à augmenter leur contribution au prochain budget de l’UE sur sept ans.

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