L’Europe panique alors que la Turquie annonce le renvoi des djihadistes

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Erdoğan est déterminé à renvoyer les combattants de l’Etat islamique. Selon le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, quatre ressortissants belges, sont concernés par la décision de la Turquie d’expulser des djihadistes étrangers qui s’étaient rendus en Syrie pour combattre aux côtés de l’Etat islamique (EI) et qui sont détenus sur le sol turc. Plusieurs ressortissants français seraient aussi sur le chemin du retour pour la même raison. Le parquet fédéral belge a envoyé une demande d’extradition pour l’un des combattants terroristes.

Le ministre turc de l’Intérieur, Suleyman Soylu, a averti samedi 9 novembre que son pays n’était « pas un hôtel pour les membres de l’EI» et a accusé l’Europe de laisser les autorités turques s’occuper seules des prisonniers. Bien que les puissances européennes aient entamé des pourparlers avec les responsables irakiens pour permettre aux djihadistes détenus en Syrie d’être jugés en Irak, le retrait des Etats-Unis de Syrie a forcé les autorités turques à repenser leur stratégie par crainte de voir les djihadistes s’échapper ou rentrer chez eux.

« La Turquie continuera d’expulser les combattants de l’EI, que les autres pays les acceptent ou non. Certains pays ont commencé à paniquer après que nous avons commencé à expulser des terroristes étrangers d’ISIS. La Turquie est préoccupée par cette question depuis des années. Il est temps pour les autres de s’inquiéter aussi », a déclaré le 12 novembre le président turc Recep Tayyip Erdoğan.

Un combattant américain de l’EI est actuellement piégé dans le no man’s land à la frontière gréco-turque, et la Grèce refuse de l’accueillir.

L’agence turque Anadolu a rapporté qu’un Allemand et un Danois devaient être expulsés vers leurs pays respectifs le 12 novembre, tandis que la procédure judiciaire concernant 11 djihadistes français, qui avaient été arrêtés en Syrie, est toujours en cours. Deux djihadistes irlandais, qui ont également été arrêtés en Syrie, seront bientôt renvoyés.

En Allemagne, environ 170 policiers ont fait une descente dans trois appartements à Offenbach, une ville voisine de Francfort, le 12 novembre. Le raid a conduit à l’arrestation de trois membres présumés de l’EI, accusés d’avoir planifié une attaque terroriste dans la région Rhin-Main, très peuplée. Le ministère public de Francfort a révélé que les suspects visaient à tuer le plus grand nombre de personnes possible avec des explosifs ou des armes à feu.

À Rome, douze extrémistes d’extrême droite ont fait l’objet d’une enquête pour avoir prétendument prévu de faire sauter une mosquée près de Sienne en allumant un gazoduc. Deux personnes ont été arrêtées pour possession illégale de matières explosives. Même si les terroristes étaient prêts à mettre le plan en œuvre, l’affaire a tourné court lorsqu’ils ont commencé à craindre que la police ne les découvre. (Alexandra Brzozowski, Gerardo Fortuna, Euractiv.com avec Sarah Lawton, Euractiv Allemagne, édité par Sarantis Michalopoulos]

BERLIN

Passation de pouvoir à gauche. Mardi 12 novembre, la Gauche allemande (Die Linke) a choisi un nouveau chef de parti, mettant ainsi fin au mandat de Sahra Wagenknecht, une figure célèbre et controversée de la politique de gauche allemande. Autrefois partisane du parti communiste, Sahra Wagenknecht a tempéré ses positions au fil des ans et en a souvent surpris plus d’un au sein de son parti. Le parti a en outre été paralysé pendant son mandat en raison d’une lutte de pouvoir entre elle et Katja Kipping, une autre figure de la gauche. Lorsqu’elle a annoncé au printemps qu’elle ne chercherait pas à se faire réélire à la tête du parti, elle a évoqué un burnout comme étant la raison de sa décision et continue de dénoncer les luttes intestines qui minent le parti dans ses déclarations actuelles.

Comme les Verts et le SPD, Die Linke a deux chefs de parti, un homme et une femme. Il est considéré comme relativement certain que le coéquipier de Sahra Wagenknecht, Dietmar Bartsch, sera réélu. Cependant, deux femmes se disputent l’ancien siège de la sortante : Amira Mohamed Ali, issue de l’aile gauche du parti, et Caren Lay, qui est considérée comme plus pragmatique. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne)

MADRID

Les Ibères montrent la voie d’une Europe « progressiste ». Les socialistes au pouvoir en Espagne et la gauche Unidas Podemos sont parvenus à un accord pour un gouvernement « progressiste » après les élections législatives de dimanche, ont annoncé le 12 novembre le Premier ministre par intérim Pedro Sánchez et le dirigeant d’Unidas Podemos, Pablo Iglesias.

Bien que minoritaire, ce pourrait être le premier exécutif de coalition dans l’histoire de la démocratie du pays, s’il obtient le soutien du parlement. Les socialistes et Unidas Podemos ne comptent que 155 sièges et il manque 21 sièges pour atteindre la majorité.

Motion controversée sur l’« autodétermination ». Le Parlement de Catalogne a adopté mardi 12 novembre une motion exprimant sa « volonté d’exercer concrètement le droit à l’autodétermination », a rapporté Euroefe.

PARIS

La France parviendra-t-elle un jour à envoyer un commissaire à Bruxelles ? Avec 12 voix pour et 11 voix contre, Thierry Breton a franchi de justesse l’obstacle de la commission JURI du Parlement européen mardi 12 novembre. Les eurodéputés l’ont poussé dans ses retranchements avec des questions de conflit d’intérêts liés à sa carrière passée, concernant en particulier l’entreprise française de technologies de l’information Atos.

Les critiques les plus virulentes sont venues de France et de l’eurodéputée de gauche Manon Aubry, qui a énuméré un certain nombre de sujets tels que la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou la défense qui placent le candidat dans une situation de conflit d’intérêts potentiel.

« S’il s’écarte de toute décision concernant Atos ou ses filiales, il devra probablement le faire sur un nombre incalculable de cas au cours des cinq prochaines années », a déclaré la délégation socialiste. Les eurodéputés européens de Renew Europe, pour leur part, ont défendu sa candidature alors que les membres du PPE n’ont pas dit grand-chose. M. Breton sera entendu par trois commissions parlementaires de l’UE le 14 novembre. (Euractiv France)

LONDRES

Cyber-attaques contre le Labour. A l’approche des élections législatives britanniques prévues pour le 12 décembre, le parti travailliste a fait l’objet de plusieurs cyber-attaques « sophistiquées et à grande échelle » sur ses plateformes numériques émanant d’une source inconnue, a révélé le parti. Après une attaque le 11 novembre et l’autre le 12 novembre, le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a déclaré que le système de cybersécurité du parti avait réussi à repousser ces attaques « très graves » et qu’aucune donnée personnelle n’avait été détournée dans le cadre de cette tentative de piratage. Le dirigeant travailliste a néanmoins qualifié l’attaque de « suspecte », d’autant plus que cela s’est produit à l’approche d’élections législatives. (Samuel Stolton, Euractiv.com)

BELGRADE

Document officieux sur les nouvelles procédures d’adhésion à l’UE. Lors d’une réunion avec le président français Emmanuel Macron, le président serbe Aleksandar Vučić a déclaré qu’il n’avait toujours pas de réponse claire à la question de savoir si l’UE pourrait garantir l’adhésion de la Serbie d’ici à 2025 si Belgrade règle la question du Kosovo.

Se référant à l’interview d’Emmanuel Macron dans The Economist, où il a qualifié la Bosnie de « bombe à retardement », Željko Komšić, président de la présidence de Bosnie-Herzégovine (BiH), a rétorqué à Emmanuel Macron : « Votre déclaration sur la Bosnie est incorrecte (…) et a causé beaucoup de mécontentement en BiH. »

Entre-temps, Stevo Pendarovski, président de la Macédoine du Nord, a déclaré qu’Emmanuel Macron préparait une nouvelle méthodologie concernant les négociations d’adhésion à l’UE. Il s’agit d’un document officieux qui a déjà été distribué aux États membres. Stevo Pendarovski a déclaré qu’il devrait être adopté d’ici à mars de l’année prochaine afin que les négociations avec Skoplje et Tirana puissent s’ouvrir lors du Conseil européen de mai à Zagreb.

Le président de la Macédoine du Nord a réitéré qu’il n’était d’accord avec aucune alternative à l’adhésion à part entière et, selon lui, Emmanuel Macron a déclaré que son intention n’était pas de proposer une alternative à l’adhésion à part entière. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie, Euractiv Serbie)

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