L’Italien Giuseppe Conte bravache face à l’UE et la France

EPA-EFE/GIAN EHRENZELLER

En pleine crise avec la France, le président du Conseil des ministres italien est intervenu à Strasbourg au Parlement européen durant une séance houleuse. Les principaux partis ont condamné l’attitude économique et politique de son gouvernement.

Quelques jours après le rappel, par la France, de son ambassadeur en Italie, une première depuis 1940, les Français ont écouté avec attention le discours du président du Conseil des ministres italien , Giuseppe Conte, mardi 12 février au soir, au Parlement européen.

L’élu avait déjà tenté de rattraper les errements de ses ministres, dont Luigi Di Maio Salvini, venu en France la semaine dernière rencontrer et soutenir des Gilets jaunes parmi les plus extrêmistes, lors d’une tribune au Monde. L’épisode avait été mal supporté par Paris, qui avait réagi violemment en rappelant son ambassadeur.

Ce type de bisbilles entres états européens est plutôt rare, et d’ordinaire réservé à des régimes plus conservateurs, comme la Hongrie, qu’aux pays fondateurs de l’UE.

Giuseppe Conte s’est néanmoins fendu d’un discours en apparence pro-européen, tout en critiquant Bruxelles et les autres Etats membres, responsables à ses yeux de la crise sociale, de la non gestion de la crise des migrants, de situations économiques délétères dans certains Etats membres.

« Notre devoir est de relancer le projet européen, de lui redonner de la crédibilité et de la cohésion » a-t-il assuré.

Le numéro 2 de l’état italien a aussi appelé la France a partagé son siège au Conseil de sécurité de l’ONU, comme l’Allemagne le fait aussi.

« Aucun état membre ne peut seul jouer un rôle important, c’est pourquoi je souhaite que l’UE souhaite s’edxprime d’une seule voix au sein de Conseil de sécurité de l’ONU »

Vives critiques des leaders du Parlement européen

C’est surtout sur les questions économiques que son intervention a surpris.

« il faut garantir la solidarité économique des Etats membres » a réclamé le responsable politique, dont le pays laisse filer sa dette devant les yeux ébahis du reste du continent.

La Commission assure ne pas être « en guerre avec l’Italie»

La Commission européenne n’a pas l’intention de déclarer la guerre à l’Italie sur son budget, a assuré Jean-Claude Juncker après avoir rencontré le Premier ministre, Giuseppe Conte. Rome a toutefois confirmé que son budget ne changerait pas.

Le président du Conseil italien a assuré que son budget 2019 embarquait sont pays sur « la voie de la croissance et de la stabilité, tout en remettant de l’ordre dans les comptes». Des propos vivement critiqués par la suite par la Commission européenne, dans la bouche de Jyrki Katainen, mais aussi Manfred Weber ou Udo Bullman.

« Je suis très inquiète quand un pays s’engage dans un conflit avec la France. C’est une situation perdant-perdant » a prévu le leader des socialistes.

Guy Verhofstadt s’est montré le plus violent envers le chef du gouvernement populiste, évoquant en italien « «la dégénération politique » de l’Italie, qui avait commencé avec Berlusconi, et soulignant le fait que Luigi Di Maio et Matteo Salvini sont les vrais leaders du gouvernement.

Si l’Italie inquiète, elle n’est pas la seule. La réaction épidermique de la France qui a rappelé son ambassadeur sans prévenir qui que ce soit est aussi une source de préoccupations.

La délégation socialise française au Parlement européen a ainsi écrit son indignation à la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. de n’avoir pas été prévenue en amont, et a proposé d’avoir recours à la présence du président du Conseil italien au Parlement européen pour faire passer des messages.

Une proposition restée lettre morte : depuis son arrivée au pouvoir, la présidence française ne fait aucun usage des députés européens, qui n’ont pas rencontre le représentant permanent de la France auprès de l’UE, Philippe Léglise-Costa, depuis l’automne 2017.

 

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