L’OTAN va examiner la question des renforts en Europe du Sud-Est

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avait déclaré précédemment que l’alliance allait «  envisager un ajustement à plus long terme de son dispositif, y compris en ce qui concerne le groupement tactique en Roumanie.  » EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ

Alors que les ministres de la Défense de l’OTAN se réunissent à Bruxelles cette semaine, dans un contexte de mise en garde des États-Unis contre une invasion russe imminente en Ukraine, ils devraient présenter un plan détaillé pour la création de quatre nouveaux groupements tactiques dans le sud-est de l’Europe.

Selon des diplomates de l’OTAN, ce plan pourrait prévoir la création de quatre groupements tactiques multinationaux dans le sud-est de l’Europe et le déploiement de quelque 1 000 soldats chacun en Bulgarie et en Roumanie, et éventuellement en Slovaquie et en Hongrie, en réponse au renforcement militaire de la Russie en Ukraine.

À l’heure actuelle, l’OTAN dispose de troupes qui entrent et sortent par rotation d’Europe de l’Est, ce qui constitue une présence dite persistante, mais non permanente.

Les quatre groupements tactiques de «  présence avancée renforcée  » en Estonie, Lituanie, Lettonie et Pologne, ont été créés en réponse à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Ils sont appuyés par des chars, des défenses aériennes et des unités de renseignement et de surveillance et comptent respectivement environ 1  500 soldats en rotation.

Un certain nombre de pays de l’OTAN ont annoncé des renforts sur le flanc oriental au cours des dernières semaines.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avait déclaré précédemment que l’alliance allait «  envisager un ajustement à plus long terme de son dispositif, y compris en ce qui concerne le groupement tactique en Roumanie.  »

Ses propos ont été repris cette semaine par l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’OTAN, Julianne Smith, qui a déclaré aux journalistes, mardi 15 février, que les ministres allaient discuter de «  renforcements supplémentaires  », sans toutefois donner de détails.

Les ministres de la Défense devraient donner un ordre de planification mercredi, tandis qu’une décision sur le stationnement des troupes pourrait être prise au printemps.

La France a proposé de diriger les groupements tactiques en Roumanie, tandis que la Bulgarie voisine est un autre pays envisagé pour le stationnement d’un groupement.

En janvier dernier, le Premier ministre bulgare Kiril Petkov a annoncé que son pays était prêt à accepter des troupes de pays partenaires de l’OTAN, mais dans le cadre d’un groupement tactique à bataillon conjoint avec les troupes bulgares.

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Des renforts dans des pays tels que la Hongrie et la Slovaquie qui bordent l’Ukraine pourraient montrer que l’OTAN accorde encore plus d’importance à l’Europe centrale en tant que région stratégiquement importante.

Toutefois, certains diplomates de l’OTAN s’inquiètent de savoir si la Hongrie, dont le Premier ministre Viktor Orbán craint d’exaspérer la Russie, accepterait d’accueillir une telle unité.

Par ailleurs, tout nouveau déploiement irait à l’encontre des exigences de Moscou en matière de sécurité, qui souhaite que l’Alliance retire ses troupes d’Europe orientale.

Les gouvernements occidentaux ont exhorté Moscou à retirer ses troupes des frontières de l’Ukraine, surtout si la Russie souhaite voir moins de déploiements dans les États alliés de l’Est de l’OTAN.

Certaines troupes des districts militaires russes adjacents à l’Ukraine regagnent leurs bases après avoir terminé leurs exercices, a déclaré mardi 15 février le ministère russe de la Défense.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est félicité des signes indiquant que la Russie pourrait rechercher une solution diplomatique dans le contexte d’un renforcement militaire à la frontière de l’Ukraine, mais il a exhorté Moscou à démontrer sa volonté d’agir.

«  Il y a des signes en provenance de Moscou indiquant que la diplomatie doit se poursuivre. Cela incite à un optimisme prudent  », a déclaré M. Stoltenberg aux journalistes avant une réunion de deux jours des ministres de la Défense de l’alliance à Bruxelles.

«  Mais jusqu’à présent, nous n’avons vu aucun signe de désescalade sur le terrain du côté russe  », a-t-il ajouté.

Invité à expliquer ce que l’alliance attend de Moscou, M. Stoltenberg a déclaré : «  Nous devons voir un retrait significatif et permanent des troupes ainsi que de leurs équipements. »

C’est là une référence à la situation au printemps dernier où la Russie avait positionné des dizaines de milliers de soldats dans le sud et l’est de l’Ukraine pour les exercices Zapad.

«  Ils y vont avec des équipements lourds et des troupes, retirent quelques soldats, puis après quelques jours, vous pouvez simplement les faire revenir en douce », a-t-il déclaré.

Toutefois, les diplomates de l’OTAN craignent que les troupes russes ne soient stationnées aux frontières de l’Ukraine pour une période prolongée, exerçant ainsi une pression sur l’Ukraine et l’Occident.

Les ministres devront déterminer si le déplacement des forces sera suffisant ou s’il est nécessaire d’exercer une pression politique et économique plus importante que celle prévue par l’OTAN.

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