L’UE pourrait suspendre les droits de vote de Varsovie

Jyrki Katainen [EPP/Flickr]

L’Union européenne pourrait suspendre les droits de vote de la Pologne au sein des instances européennes, si cet État membre ne consent pas à respecter l’État de droit, a déclaré lundi Jyrki Katainen.

Les dérapages répétés du gouvernement polonais pourraient finir par venir à bout de la patience de Bruxelles.

Le vice-président de la Commission européenne, lundi Jyrki Katainen a dit espérer que la chancelière allemande Angela Merkel, qui doit être reçue par les dirigeants polonais mardi à Varsovie, contribue à les convaincre d’« adhérer aux valeurs fondamentales sur laquelle repose l’ensemble de l’UE et de l’Europe ».

Droit de vote

« On ne peut pas passer de compromis sur l’État de droit. Soit vous respectez l’État de droit, soit ce n’est pas le cas. Si vous ne le respectez pas, l’Europe ne peut rester silencieuse », a dit cet ancien Premier ministre finlandais.

>>Lire : La Commission se penche sur l’État de droit en Pologne

Les traités européens, a-t-il ajouté, donnent à la Commission européenne le droit de suspendre les droits de vote d’un pays membre. Les responsables européens espèrent cependant encore convaincre le pouvoir polonais de modifier son cap sur certaines réformes engagées ou qu’il compte mettre en œuvre, note-t-il.

Veto hongrois ?

Une suspension des droits de vote de la Pologne requerrait l’unanimité des autres membres de l’UE; or la Hongrie a d’ores et déjà laissé entendre qu’elle ne se prononcerait pas en ce sens. Des responsables européens estiment néanmoins qu’il faudrait malgré tout tenter d’adopter cette suspension si Varsovie ne fait pas machine arrière.

Angela Merkel doit notamment rencontrer à Varsovie Jaroslaw Kaczynski, chef de file du parti eurosceptique Droit et Justice (PiS, au pouvoir), qui s’insurge contre les critiques européennes visant l’autoritarisme du pouvoir polonais.

Les atteintes à l’état de droit se poursuivent en Pologne

Le chef de l’Etat polonais Andrzej Duda a nommé mercredi Julia Przylebska présidente du Tribunal constitutionnel, une étape décisive dans la mise au pas de cette institution devenue une pomme de discorde avec l’Europe.

Dans une interview que publie le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Jaroslaw Kaczynski salue chez Donald Trump sa volonté de ne pas se mêler des affaires des autres pays, et ne craint pas qu’il veuille la fin de l’Otan.

« Bien des choses ne sont pas claires, mais il a un avantage », explique-t-il à propos du nouveau président américain. « Il ne se mêle pas des affaires des autres pays. Contrairement à Barack Obama, qui critiqué le statut du tribunal constitutionnel en Pologne » — que le gouvernement polonais a tenu à réformer après son arrivé au pouvoir.

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