M. Blair expose le dilemme européen du Royaume-Uni : « isolement ou trahison » [FR]

Dans son premier discours sur l’Europe depuis la fin de la présidence britannique de l’UE, le Premier ministre Tony Blair a déclaré que la situation actuelle en Europe donne une « occasion historique » de « soigner la maladie dont souffre le Royaume-Uni dans sa relation avec le projet d’intégration européenne. »

Lors de son discours du Jour commémoratif de l’Holocauste ce 2 février 2006 à Oxford, M. Blair a dressé un portrait réaliste des relations traditionnellement compliquées entre la Grande-Bretagne et l’Europe et s’est affirmé comme un europhile convaincu. Il a ainsi déclaré: « il ne s’est jamais présenté de meilleure occasion pour se montrer optimiste envers l’Europe et enthousiaste au sujet de la participation de la Grande-Bretagne dans ce projet ».

Le Premier ministre britannique a expliqué à quel point il avait été frustré, lors des récentes négociations sur le budget, de devoir suivre l’attitude ambivalente du Royaume-Uni envers l’Europe. En tentant de satisfaire toute le monde, il n’a contenté personne. Il a exposé son dilemme en ces termes: « coopérez en Europe et vous trahissez la Grande-Bretagne; soyez déraisonnable en Europe, recevez des louanges chez vous et perdez toute influence au niveau européen. »

Cependant, selon Tony Blair, l’Europe doit évoluer pour relever les défis des réformes économiques, de la sécurité et des changements urgents dans la politique énergétique à cause du réchauffement climatique au niveau mondial. L’Europe doit faire face aux effets de la mondialisation. Ainsi, selon Tony Blair, « l’Europe doit adopter une dimension mondiale ou elle sera vouée à l’échec. Elle en est d’ailleurs de plus en plus consciente ». 

M. Blair laisse entendre que pour relever ces défis, il faut une évolution des attitudes politiques. Il estime que l’échec de la Constitution européenne est en grande partie imputable à l’isolationnisme qui prévaut chez l’ensemble des dirigeants politiques européens. « Alors que les problèmes des citoyens se font de plus en plus pressants, nous nous enfermons dans une tour d’ivoire et nous débattons de sujets que le citoyen ordinaire ne comprend pas au lieu d’adopter des réformes politiques courageuses et des changements décisifs, » déclare-t-il. 

Tony Blair a reconnu que l’Europe devait se pencher de nouveau sur la question de la Constitution: « l’Union européenne à 25 ne peut pas fonctionner correctement avec les règles de gouvernance actuelles ». Il a cependant insisté sur la nécessité d’une approche pragmatique en affirmant: « la génération actuelle souhaite que l’Europe relève les défis auxquels elle est confrontée grâce à une coopération concrète et efficace. » 

Dans ce discours qui consista pour l’essentiel à réclamer un leadership européen fort, avec le Royaume-Uni sur le devant de la scène et un programme radicalement nouveau, M. Blair a également salué l’attitude, selon lui, résolument tournée vers l’avenir de ses confrères politiques, à savoir le Premier ministre espagnol J.L. Zapatero, les français Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin et la nouvelle chancelière allemande Angela Merkel.

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