La Macédoine du Nord plaide l’argument de la sécurité pour défendre son changement de nom

L’accord sur le nom de la Macédoine conclu entre Athènes et Skopje n’est pas hostile à la Russie. Son seul objectif est d’instaurer la paix et la stabilité assure le premier ministre macédonien, Zoran Zaev.

Dans une interview au journal grec Efimerida ton Sintakton (Efsyn), Zoran Zaev, Premier ministre de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, a averti que son pays serait confronté à de « graves dangers existentiels » s’il restait en dehors des institutions euroatlantiques.

En juin dernier, Zoran Zaev et son homologue grec, Alexis Tsipras, sont parvenus à un accord décisif sur un différend de 25 ans au sujet du nom de la « Macédoine du Nord ». L’accord ouvre la porte à l’adhésion du pays à l’OTAN, qui était bloquée par Athènes en raison du conflit toponymique.

L’UE et les États-Unis ont clairement exprimé leur soutien à l’accord sur le changement de nom, alors que la Russie s’y oppose. Derrière l’accord, Moscou soupçonne Washington de faire pression pour étendre l’influence de l’OTAN dans la région.

En décembre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que les changements constitutionnels à Skopje avaient été adoptés avec des « pots-de-vin » et le « chantage » des législateurs.

Selon l’accord, la Macédoine devrait procéder aux modifications constitutionnelles nécessaires et supprimer les dispositions relatives aux revendications territoriales. La réforme constitutionnelle a déjà commencé et devrait être finalisée pour le 15 janvier.

Ensuite, l’accord passera par le parlement grec, très probablement en février ou au plus tard en mars.

Athènes et Skopje s’accordent sur le nouveau nom de la Macédoine

Athènes et Skopje ont résolu un conflit de près de 30 ans sur le nom de la Macédoine, s’accordant sur « République de Macédoine du nord » et ouvrant ainsi la voie à l’adhésion du pays à l’UE et l’OTAN.

Afin de rassurer les responsables politiques grecs qu’il n’y aura plus de surprises sur le nom après l’adhésion du pays des Balkans à l’OTAN, Zoran Zaev a déclaré qu’il s’agissait d’un « un accord qui ne pourra pas être modifié à l’avenir ».

Selon le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos, l’accord de changement de nom sera approuvé à la majorité simple au parlement, avec plus de 151 voix sur 300.

Le principal parti d’opposition, Nouvelle démocratie, (affilié au Parti populaire européen de centre droit – PPE) ainsi que le parti socialiste grec ont d’ores et déjà déclaré qu’ils rejetteraient l’accord.

Le petit partenaire conservateur de la coalition, les Grecs indépendants, a également promis de quitter le gouvernement si l’accord était approuvé par le parlement grec. Cependant, le parti ne votera pas pour une motion de censure, qui sera présentée par Nouvelle démocratie. Syriza n’a donc aucun risque de se faire renverser.

« En aucun cas nous ne perdrons la confiance du parlement », a assuré Dimitris Tzanakopoulos, ajoutant que le pays pourrait être gouverné selon un modèle similaire à ceux du Portugal et de l’Espagne.

Quand Manfred Weber taxe Alexis Tsipras de populiste

La victoire du parti de droite grec Nouvelle démocratie sur le parti Syriza d’Alexis Tsipras aux prochaines élections montrerait que la montée des populistes en Europe n’est pas irréversible, selon le candidat du Parti populaire européen, Manfred Weber.

Merkel à Athènes

Pendant ce temps, la chancelière allemande Angela Merkel devrait se rendre à Athènes les 10 et 11 janvier.

Bien que Berlin n’ait pas encore confirmé sa visite officiellement, les médias grecs rapportent que l’accord sur le nom de la Macédoine fera également partie de ses discussions avec les responsables grecs.

« Je ne peux pas promettre que la chancelière discutera de cette question à Athènes, mais je peux affirmer que le gouvernement allemand se félicite vivement de l’accord visant à résoudre le conflit de nom et continue d’espérer que ce conflit long de plusieurs décennies puisse enfin être résolu », a déclaré aujourd’hui un porte-parole du gouvernement allemand.

« Nous devons maintenant attendre le changement constitutionnel à Skopje et la ratification à Athènes », a-t-il ajouté.

L’UE reporte sa décision sur les négociations d’adhésion de Tirana et Skopje

Les pays de l’Union européenne ont décidé de reporter d’au moins un an leur décision sur un éventuel feu vert à des négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l’UE, la France et les Pays-Bas ayant réclamé au préalable de nouvelles réformes au sein de l’UE.

Le gouvernement de gauche d’Athènes s’attend à ce que la visite d’Angela Merkel place le principal parti d’opposition, Nouvelle Démocratie, dans une position difficile, considérant qu’ils appartiennent tous deux à la même famille politique européenne (PPE).

Efsyn a indiqué que pour Nouvelle Démocratie, rejeter l’accord de changement de nom lors du premier vote ne serait pas politiquement compliqué. Mais le second vote, qui portera sur l’adhésion de l’ARYM à l’OTAN, prévue quelques jours plus tard, sera un casse-tête pour le parti, qui devra faire face à la pression des partenaires de l’OTAN.

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