Macron assume des «désaccords» avec l’Allemagne

Le président français Emmanuel Macron a concédé avoir des désaccords avec l’Allemagne sur un certain nombre de sujets, dont le Brexit et le commerce, et revendiqué la nécessité d’affirmer aussi « des positions françaises ».

« Cette culture du compromis (…) ne doit pas empêcher l’affirmation d’une position française quand elle existe, comme dans tout couple, dans tout projet, d’assumer d’avoir des désaccords », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’Élysée le 25 avril.

« Sur le Brexit, nous n’avons pas aujourd’hui tout à fait la même ligne. À un moment, il faudra la trouver », a relevé le président français dans une allusion au désaccord avec Berlin sur le calendrier de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Le président français a bataillé au dernier sommet européen, le 10 avril, pour reporter au plus tard au 31 octobre la date butoir pour le Brexit alors que la chancelière Angela Merkel plaidait pour le début 2020.

« Sur l’ambition climatique et énergétique, nous n’avons pas tout à fait la même ligne », a-t-il ajouté en référence à l’opposition de la France aux nouvelles négociations commerciales entre l’UE et les États-Unis.

La France a affiché le 15 avril son refus de négocier avec un partenaire hostile à l’accord mondial sur le climat mais son opposition a été sans effet, car les décisions en matière commerciale se prennent à la majorité qualifiée dans l’UE.

La France rechigne à ouvrir des négociations commerciales UE-États-Unis

Les États membres ne sont pas parvenus à convaincre la France de soutenir les mandats de négociations commerciales avec les États-Unis. Ils espèrent pouvoir trouver un compromis dans les prochaines semaines.

Le couple franco-allemand est une réalité dans l’histoire de la construction européenne, a toutefois souligné Emmanuel Macron.

« Ce couple, ce tandem, il existe, il est fort et il a permis de faire des choses y compris qui n’étaient pas évidentes de part et d’autre », a-t-il insisté.

Il implique aussi « parfois d’assumer des confrontations fécondes mais avec toujours la volonté de bâtir à la fin un compromis », a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a concédé avoir « beaucoup attendu » la réponse de l’Allemagne à ses projets de réforme de l’Europe en raison de la longue gestation du nouveau gouvernement d’Angela Merkel à l’issue des législatives de septembre 2017.

Mais il a jugé que les deux pays avaient « fait beaucoup de choses » depuis, citant l’Europe de la défense, la « décision historique d’avoir un budget » de la zone euro ou la « défense de nos intérêts stratégiques commerciaux ».

Le président français a pointé aussi les modèles économiques et sociaux différents des deux pays.

« L’Allemagne est sans doute à la fin d’un modèle de croissance qui a beaucoup profité des déséquilibres de la zone euro parce que l’Allemagne a su faire au bon moment les réformes », a-t-il relevé.

« Elle a un modèle productif qui a beaucoup reposé aussi sur un certain déséquilibre, le fait qu’il y ait des pays à bas coût qui est le contraire du projet social que je porte au niveau de l’Europe », a-t-il ajouté.

Avec le traité d’Aix, Paris et Berlin prennent «leurs responsabilités»

Plus de 50 ans après la signature du Traité de l’Élysée, Paris et Berlin renouvellent leur alliance pour coopérer économiquement, culturellement et politiquement. Un traité leur permettra-t-il de passer outre les différences d’opinions. Un article d’Euractiv Allemagne.

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