Macron condamne les « vaines querelles » à l’aube d’une semaine européenne stratégique

EPA-EFE/Julien de Rosa

Dîner avec Angela Merkel dimanche soir, rencontre avec Ursula von der Leyen lundi : le président français joue l’apaisement.

« L’UE ne peut s’offrir le luxe de vaines querelles et de petites disputes » : c’est le message envoyé, dimanche 13 octobre, par Emmanuel Macron aux parlementaires européens, lors d’une déclaration commune faite avec Angela Merkel venue dîner à l’Élysée.

Les deux chefs d’État ont eu à cœur de calmer le jeu après la crise politique qui a émergé la semaine dernière, lors du rejet de la candidate française Sylvie Goulard par le Parlement européen.

Pourquoi le Parlement européen a rejeté la candidate française

Les commissions parlementaires ont rejeté la candidature de Sylvie Goulard au Parlement européen, officiellement pour des motifs éthiques. Mais la droite notamment allemande envoie aussi un message de défiance à l’égard de Macron.

Le président français, qui doit rencontrer lundi matin à 11h la présidente de la Commission européenne, a fait passer un message d’apaisement, après s’être interrogé sur la rébellion inattendue des groupes politiques européens et la responsabilité de la présidente de la Commission dans cette affaire.

Citant les défis économiques et l’instabilité politique internationale, ou encore le Brexit, le président français « a assuré que l’UE ne pouvait se permettre ni division, ni aveuglement, ni faiblesses. Je sais que nous pouvons travailler à la mise en place d’une commission forte, assise sur une majorité solide, que nous avons la responsabilité de construire et de conforter » a-t-il martelé.

La semaine européenne s’annonce particulièrement chargée, avec un conseil des ministres franco-allemand mercredi à Toulouse, lors duquel le site d’Airbus sera mis en avant en tant que fleuron de la coopération industrielle franco-allemande, et avant un Conseil européen jeudi et vendredi.

Une semaine européenne chargée

Le chef d’État français a déjà décliné ses priorités pour l’agenda des deux rencontres.

La question climatique sera à l’ordre du jour, avec notamment l’hypothèse d’un consensus européen autour de l’objectif de neutralité carbone pour 2050, auquel résistent encore trois pays sur 27, mais aussi l’objectif  2030 pour lequel le vice-président Frans Timmermans envisage une cible de 50-55 %.

La France veut aussi évoquer la question commerciale, alors que les États-Unis viennent de relever leurs taxes sur des produits agricoles européens notamment, ainsi que la coordination de la politique industrielle et la défense européenne.

Le sujet du Brexit devrait, comme lors tous les Conseils européens depuis maintenant 3 ans, occuper une place de choix.

Les chefs d’État se pencheront enfin sur la question de la Turquie, qu’ils ont unanimement condamnée après les attaques lancées la semaine dernière contre les Kurdes. Cette offensive risque de ranimer la guerre dans la région, selon Angela Merkel qui craint un réveil des forces de Daech.

 

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