Macron prépare sa contre-offensive à Bruxelles

epa07867201 France's President Emmanuel Macron addresses the General Debate of the 74th session of the General Assembly of the United Nations at United Nations Headquarters in New York, New York, USA, 24 September 2019. The annual meeting of world leaders at the United Nations runs until 30 September 2019. EPA-EFE/JUSTIN LANE

Le président français ne choisira le nouveau candidat français à la Commission qu’après le sommet européen des 17 et 18 octobre, au cours duquel il veut s’assurer du soutien politique du Parlement.

Tenter d’abord de résoudre « l’instabilité politique » au sein du Parlement européen avant de choisir un nouveau candidat. Après que le premier choix d’Emmanuel Macron pour le poste de commissaire européen a été retoqué par les élus européens, le président français compte remettre de l’ordre dans les rangs parlementaires.

La candidate française, Sylvie Goulard, a été largement été rejetée par les parlementaires européens le 10 octobre. Un vote justifié selon les parlementaires par des zones grises éthiques que la candidate française n’a pas su éclaircir.

Le fait que l’ancienne ministre des Armées ait démissionné du gouvernement Philippe au moment de l’affaire de l’emploi présumé fictif d’un assistant parlementaire européen, mais se présente au poste de commissaire alors que l’instruction du dossier est toujours en cours n’est pas passé.  Ses activités de consultante rémunérée auprès d’un think-tank américain  ont contribué à semer le doute dans l’esprit des élus européens.

Deux autres commissaires européens ont été retoqués par le Parlement : les candidats roumain et hongrois, qui appartenaient respectivement aux familles socialistes et PPE.

Pourquoi le Parlement européen a rejeté la candidate française

Les commissions parlementaires ont rejeté la candidature de Sylvie Goulard au Parlement européen, officiellement pour des motifs éthiques. Mais la droite notamment allemande envoie aussi un message de défiance à l’égard de Macron.

Mais la fin de non-recevoir adressée à  de la candidate française n’a pas été perçue comme une décision éthique par Paris. Mais plutôt comme une punition politique. Du côté de l’Élysée, on  estime que la saga Goulard est le signe d’une « instabilité politique au Parlement européen » et que le « risque de dérive » est réel.

« Maintenant, le Président veut faire les choses dans l’ordre» explique-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron.  La priorité pour la France est claire : s’assurer que le prochain candidat français dispose du même portefeuille que celui attribué initialement à Sylvie Goulard.

Une ambition qui risque pourtant de braquer le Parlement européen, qui avait largement critiqué le périmètre du portefeuille français, alliant l’industrie et la défense.

Autre prérequis, assurer une majorité au futur collège des commissaires, et ce avant de présenter un nouveau nom. « Le vote sur le collège de commissaires, il faut qu’il soit acquis et le plus large possible. Si l’on ne prend pas en compte le fait qu’il n’y a pas de majorité solide au Parlement européen, on aura une difficulté à agir au cours des 5 prochaines années. C’est cela qu’il faut sécuriser » précise une source élyséenne.

Pré-sommet de Renew

Pour sécuriser le terrain européen, Emmanuel Macron a d’ores et déjà commencé les rencontres bilatérales. Le 13 octobre, le président français a reçu la chancelière allemande Angela Merkel dimanche, qu’il doit de nouveau retrouver à Toulouse le 16 octobre pour un Conseil des ministres franco-allemand. Le 14 octobre, c’est la présidente désignée de la Commission, Ursula Von der Leyen qui s’est rendue à l’Élysée.

Le Conseil européen des 17 et 18 octobre à Bruxelles sera aussi l’occasion pour Emmanuel Macron de poursuivre ses discussions avec ses homologues européens. Alors qu’il s’était jusqu’ici tenu à l’écart des traditionnels pré-sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de Renew, Macron y participera pour la première fois.

Pour aboutir à une majorité confortable, Macron espère coordonner les trois principales familles politiques (socialistes, PPE et Renew) afin de  former la majorité politique au Parlement. Les écologistes pourraient également y participer, mais « c’est aux Verts de dire s’ils veulent faire partie de cette majorité. Au regard du Green deal, il me semble qu’il y a un terrain d’entente possible » a-t-on estimé dans l’entourage de Macron.

De fait, la présidente de la Commission européenne n’a obtenu qu’une faible majorité  en juillet dernier devant le Parlement européen, avec seulement 9 voix de réserve. Une victoire d’une courte tête qui reflète la perte de vitesse de sa famille politique, et la fin des grandes coalitions qui assuraient jusqu’ici une majorité stable au sein de l’hémicycle européen.

L’entrée en fonction de la Commission initialement prévue 1er novembre sera donc repoussée de quelques semaines, sans doute un mois. « Ce n’est pas à nous qu’il appartient de la dire, mais il est vraisemblable que le calendrier sera décalé de quelques semaines. 3 pays doivent désigner des nouveaux candidats dont la Roumanie où le gouvernement est tombé » reconnait-on à l’Élysée.

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