Macron refuse de voir des murs se reconstruire en Europe

[Frederic Legrand - COMEO_Shutterstock]

Le candidat europhile a salué, dans une tribune au Monde, l’accueil des réfugiés par l’Allemagne qui a sauvé la dignité collective des Européens.

Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, a estimé que la société allemande et la chancelière Angela Merkel avaient « sauvé»  la « dignité collective»  des Européens en accueillant des centaines de milliers de réfugiés, dans une tribune publiée lundi dans Le Monde.

« La chancelière Merkel et la société allemande dans son ensemble ont été à la hauteur de nos valeurs communes ; elles ont sauvé notre dignité collective en accueillant des réfugiés en détresse, en les logeant, en les formant» , a loué le leader du mouvement En Marche!.

L’Allemagne a accueilli 890.000 réfugiés en 2015 après la décision de la chancelière d’ouvrir les frontières de son pays.

Évoquant l’attentat meurtrier perpétré le 19 décembre sur un marché de Noël de Berlin, Emmanuel Macron juge « admirable»  l’« unité sereine avec laquelle la société allemande a réagi à cette attaque» .

Emmanuel Macron se pose en europhile assumé

Avec son mouvement En Marche, le ministre de l’Economie laisse planer le doute sur ses intentions électorales. Il est le seul candidat potentiel pour 2017 à placer l’Europe au coeur de ses priorités.

Le candidat à la présidentielle évoque son refus « de reconstruire des murs dans une Europe qui en a trop souffert»  et sa volonté d’éviter « les amalgames»  après « les sinistres violences contre les femmes perpétrées l’an dernier à Cologne» .

« Rien n’est plus faux que (l’)abjecte simplification»  de ceux qui affirment qu’« en ouvrant ses frontières aux migrants, la chancelière aurait exposé l’Europe aux pires dangers, et, aujourd’hui, sa propre capitale» , s’indigne-t-il encore.

Seul bémol dans ce concert de louanges: « quand l’Italie affrontait seule l’arrivée des réfugiés à Lampedusa, au point que le pape François s’en est vivement ému, ni la France ni l’Allemagne n’ont été au rendez-vous» .

Pour Emmanuel Macron, « jamais»  la France et l’Allemagne « n’ont eu autant besoin de se témoigner leur solidarité»  et d’affirmer leur « communauté de destin» .

Partisan d’une « Europe de la souveraineté» , il appelle, face à la menace terroriste, à « préserver»  les accords de Schengen, à « renforcer le corps de garde-frontières européen» , à « développer les accords de coopération avec les grands pays d’émigration et de transit»  et à « créer un système de renseignement commun» .

Macron veut refonder la représentativité, y compris européenne

Introduire plus de proportionnelle, quitte à favoriser le FN, et élire des eurodéputés issus d’une liste européenne sur le contingent des élus britanniques : les premières propositions du non-candidat Macron visent à changer la classe politique.