Weber veut ouvrir Schengen à la Bulgarie et de la Croatie

Manfred Weber [Patrick Seeger/EPA/EFE]

Le chef de file du PPE a réclamé l’entrée de la Croatie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen, deux pays dont les dirigeants sont affiliés à son groupe politique.

Le plaidoyer de Manfred Weber, chef de file du Parti populaire européen, en faveur de l’entrée immédiate de la Bulgarie et de la Croatie dans l’espace de libre-circulation a une portée très politique.

En effet, ces deux pays sont gouvernés par des partis affiliés au groupe de centre droit. L’appel à l’élargissement de l’espace Schengen de Manfred Weber n’a d’ailleurs pas inclus la Roumanie, dirigée par un Premier ministre social-démocrate.

La Bulgarie et la Roumanie sont entrées dans l’UE en 2007. Dès 2010, la Commission a estimé qu’elles étaient prêtes à entrer dans l’espace Schengen. Mais pour entrer en vigueur, la proposition devait être adoptée à l’unanimité au Conseil, et plusieurs pays s’y sont opposés.

La France,  l’Allemagne et les Pays-Bas, s’y étaient opposés notamment car le vote précédait des élections nationales. Le refus de ces capitales avait été présenté comme une volonté de protéger les travailleurs et l’emploi national.

Lors de son discours sur l’état de l’Union de 2017, Jean-Claude Juncker s’était prononcé pour l’adhésion à Schengen de la Bulgarie et de la Roumanie. « Si nous voulons renforcer la protection de nos frontières extérieures, nous devons immédiatement ouvrir l’espace Schengen à la Bulgarie et à la Roumanie. Nous devrions aussi permettre à la Croatie de devenir membre à part entière de Schengen, une fois qu’elle en remplira tous les critères. »

Juncker fait l’éloge de Sofia et de Bucarest

Alors que la Bulgarie et la Roumanie ont occupé une grande partie du discours de Jean-Claude Juncker, la Pologne, l’enfant terrible de l’UE, n’a pas été mentionnée une seule fois.

Pressions sur Bucarest

Outre le fait qu’elle n’est pas gouvernée par le centre droit, la candidature de la Roumanie est entravée par des tensions entre Bucarest et les institutions européennes.

Le gouvernement s’oppose en effet à la mise en examen pour corruption de certains de ses membres, y compris Liviu Dragnea, président du parti et de la Chambre des députés. Dans ce contexte, il est difficile d’imagine un geste d’ouverture de la part du reste de l’UE.

Bruxelles «préoccupée» par les réformes judiciaires en Roumanie

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exprimé mercredi sa « préoccupation » face aux réformes judiciaires controversées voulues par la majorité de gauche en Roumanie.

Schengen sur la sellette

Par ailleurs, le principe même de l’espace Schengen a été remis en question par la crise des réfugiés. Jean-Claude Juncker et Manfred Weber savent donc bien qu’il n’est pas question de l’élargir dans l’immédiat.

Dans son discours, le président de la Commission a déclaré que si les États membres voulaient faire perdurer un espace sans frontières intérieures, il serait nécessaire de faire preuve de plus de solidarité dans la gestion de la crise migratoire. Plusieurs États membres, dont l’Allemagne et l’Autriche, ont rétabli les contrôles aux frontières depuis 2015.

La Bulgarie, la Roumanie et la Croatie ne contestent pas le principe de solidarité, mais ont accueilli relativement peu de migrants dans le cadre du programme de réinstallation de la Commission. La Pologne et la Hongrie, déjà membres de Schengen, n’ont quant à elle pas accueilli un seul migrant et refusent de changer de position.

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