Menace de veto du Premier ministre britannique sur le nouveau traité européen [FR]

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Gordon Brown, le Premier ministre britannique qui subit actuellement la pression croissante des Conservateurs concernant la tenue d’un référendum sur le nouveau traité européen, a déclaré qu’il utiliserait sont droit de veto sur tout accord qui ne respecterait pas les « lignes rouges » très chères au pays.

Brown a insisté sur le fait que les intérêts britanniques seront sauvegardés quand les dirigeants européens se réuniront à Lisbonne les 18 et 19 octobre 2007 pour approuver la proposition de « traité modificatif » européen. Le 11 octobre, lors d’une conférence de presse à Downing Street commune avec le président de la Commission José Manuel Barroso, Gordon Brown a déclaré que le Royaume-Uni avait réussi à intégrer ses « lignes rouges » dans le texte du traité européen modifié.

Dans un déclaration, il a affirmé que les opt-outs et les veto liés aux questions comme la sécurité nationale, la politique étrangère et les cotisations de sécurité sociale seraient présents dans le détail du document qui doit être examiné au sommet européen le 18 octobre.

Il a assuré que s’il ne parvenait pas à intégrer les lignes rouges, le Royaume-Uni serait dans l’incapacité d’accepter la version modifiée du traité.

Les commentaires de Brown étaient principalement destinés à calmer les appels de l’opposition concernant la tenue d’un référendum sur le traité. Timothy Kirkhope, leader des Conservateurs au Parlement européen, a déclaré qu’à une semaine à peine du sommet crucial de Lisbonne, Gordon Brown avait aujourd’hui la possibilité de véritablement protester pour protéger l’intérêt national du pays. Selon M. Kirkhope, l’intérêt national ne peut être servi fidèlement que si Gordon Brown s’en tient au référendum qu’il a promis à la population britannique.

A Downing Street, Barroso a déclaré qu’il revenait à la population et aux institutions britanniques de définir l’intérêt national et rappelé que la décision sur la tenue d’un référendum ne peut être prise qu’au niveau national. 

Il a également tenté d’apaiser les craintes des Conservateurs en défendant l’influence britannique sur l’agenda de l’UE, affirmant que son agenda, celui de la Commission et celui de l’Union européenne ressemblent considérablement à l’agenda britannique pour une économie ouverte et réformée, ainsi que pour une Europe plus compétitive et globale.

Cependant, les remarques de Barroso ne plairont pas à certains socialistes et à certains groupes de gauche en France, qui s’étaient opposés avec succès au projet de constitution européenne en 2005, affirmant que l’intégration européenne était dominée par l’agenda anglo-saxon, partisan d’une économie de marché. 

Lors d’une visite à Lisbonne avant le sommet, Martin Schultz, leader des Socialistes au Parlement européen, a averti que les citoyens n’adhèreront pas au projet européen sans progrès en matière d’Europe sociale.

Pendant sa campagne, le président français Nicolas Sarkozy a souvent fait référence à l’UE comme au « cheval de Troie » de la mondialisation et avait plusieurs fois appelé à une Europe plus protectrice.

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