Les eurodéputés réclament plus de coopération en matière de défense

Face à une politique internationale incertaine, les eurodéputés demandent aux États membres de faire preuve de plus de volonté politique pour coopérer en matière de défense.

Dans une résolution adoptée par les commissions affaires constitutionnelles et affaires étrangères, les eurodéputés ont, le 9 février dernier, mis l’accent sur la nécessité d’approfondir et d’encourager la coopération en matière de défense entre les États membres dans le cadre du traité de Lisbonne.

L’agressivité croissante de la Russie à l’est, la position incertaine de Donald Trump vis-à-vis de l’avenir de l’OTAN et sa demande auprès des partenaires européens pour qu’ils contribuent davantage, en ont fait sourcillé plus d’un à Bruxelles. Une situation qui devrait peser sur la définition de politiques touchant aux très sensibles compétences nationales.

Par ailleurs, le présumé rapprochement entre Washington et Moscou sur les questions de politique étrangère incite les États membres à reconsidérer leur stratégie de défense à long terme.

>> Lire : «Avec Trump, la levée des sanctions contre la Russie n’est qu’une question de temps»

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a aussi soutenu que l’UE nécessitait sa propre armée grâce à laquelle « elle pourrait réagir avec plus de crédibilité à la menace pesant sur la paix dans un État membre ou dans un État voisin. »

>> Lire : Jean-Claude Juncker veut une armée européenne

Autre signe de la volonté de l’exécutif de faire preuve de plus de solidarité sur les questions de politiques étrangères, la déclaration de la porte-parole de la Commission, Maja Kocijancic, sur les relations Grèce-Turquie qui se sont détériorées dernièrement.

« L’UE demande à la Turquie d’éviter toute source de friction, menace ou action dirigées contre un État membre, néfastes pour les relations de bon voisinage et la résolution pacifique de conflits », a-t-elle déclaré à EURACTIV, soulignant la nécessité de respecter la souveraineté des États membres sur leur mer territoriale et leur espace aérien.

Mise à niveau des agences de défense

Michael Gahler, eurodéputé allemand du Parti populaire européen (PPE) de centre droit et co-rapporteur de la résolution a souligné : « en ces temps de crises externes, le traité de Lisbonne nous offre un potentiel énorme pour améliorer notre sécurité commune et notre politique de défense et pour mieux dépenser l’argent du contribuable ».

« Nous avons besoin de toute urgence de relier les îlots isolés de la coopération militaire et de démarrer une Coopération structurée permanente. Nous devrions également commencer à financer les budgets opérationnels et personnels de cette coopération et de l’Agence européenne de défense en dehors du budget européen », a-t-il ajouté.

La Coopération structurée permanente est une disposition du traité de Lisbonne selon laquelle certains pays de l’UE peuvent renforcer leur coopération sur les affaires militaires.

Les eurodéputés estiment notamment que l’Agence européenne de défense, conçue pour soutenir les États membres dans le développement de leurs capacités de défense, devrait être traitée comme une « institution sui generis » financée par l’UE.

Ils ont également suggéré d’augmenter les dépenses nationales en matière de défense à 2 % du PIB, ce qui signifierait 100 milliards d’euros supplémentaires pour la défense d’ici la fin de la prochaine décennie.

Selon la résolution, une « réflexion plus profonde » est nécessaire en ce qui concerne les futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni dans le domaine militaire, dans le cas où le Brexit deviendrait une réalité. Le Royaume-Uni est de loin l’acteur militaire le plus performant de l’UE.

Une Europe plus sure

Siegfried Mureșan, rapporteur du Parlement européen sur le budget de l’UE, a déclaré à EURACTIV le 9 février que le budget européen pour 2018 devrait se concentrer tant sur la croissance que sur la sécurité.

« L’année dernière, nous nous sommes engagés à lancer des actions préparatoires dans le domaine de la défense à échelle européenne. Je veux dire par là que nous devrions verser de l’argent pour la défense une fois au niveau européen, et ensuite partager cette somme entre les États membres. Car nous sommes des partenaires », a-t-il expliqué.

>> Lire : Pour une vraie défense européenne

« Ce domaine est vital pour une Europe sure, et nous sommes prêts, avec les ressources qui sont à notre disposition, à faire le nécessaire », a-t-il ajouté.

Dans un projet de rapport sur les orientations générales pour la préparation du budget 2018 présenté le 9 février, la commission budget du Parlement soutient qu’une « coopération renforcée dans le domaine de la défense est nécessaire pour faire face aux défis sécuritaires qui découlent d’une instabilité prolongée dans le voisinage de l’UE et de l’incertitude des engagements de certains partenaires de l’UE à l’égard des objectifs de l’OTAN ».

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.