Merkel veut un sommet sur l’Ukraine pour relancer les efforts de paix

Angela Merkel et Petro Porochenko. [@EPA/CARSTEN KOALL]

La chancelière allemande Angela Merkel veut relancer le processus de paix à l’est de l’Ukraine grâce à un sommet avec les présidents français, ukrainien et russe. Un article de notre partenaire le Tagesspiegel.

Aucun autre conflit n’a rempli l’agenda d’Angela Merkel comme l’a fait la guerre en Ukraine. L’armée ukrainienne se bat contre les séparatistes soutenus par la Russie dans l’est de l’Ukraine depuis près de trois ans.

Très rapidement, l’Allemagne et la France ont joué le rôle de médiateurs. Mais les accords conclus à Minsk en 2014 et en 2015, qui ont jeté les bases du processus de paix, n’ont toujours pas été mis en œuvre.

Angela Merkel a déjà abordé la question avec le nouveau président français, Emmanuel Macron, qui compte poursuivre le travail commencé par son prédécesseur, François Hollande.

Le 20 mai, Angela Merkel a rencontré le président ukrainien, Petro Porochenko au nord de Berlin, après avoir rencontré Vladimir Poutine à Sotchi au début du mois.

Même si les accords de Minsk n’ont pas été respectés et que les délais convenus ont expiré depuis longtemps déjà, Angela Merkel et les trois présidents veulent continuer à suivre la feuille de route pour la paix.

Petro Porochenko a déclaré lors de sa rencontre avec la chancelière que la concrétisation des accords de Minsk était « inévitable » et qu’il n’existait pour l’instant aucune autre alternative.

Les accords impliquent un armistice et le retrait des armes lourdes de la zone tampon, ainsi que l’organisation d’élections municipales dans les régions séparatistes et plus d’autonomie pour l’est de l’Ukraine.

Ukraine : le nouveau cessez-le-feu « illimité » peut-il tenir ?

Dix jours après sa signature, la nouvelle trêve « illimitée » mise en place entre l’armée ukrainienne et les rebelles prorusses dans l’est de l’Ukraine est globalement respectée, mais les accrochages sont encore réguliers et les sceptiques nombreux.

Sur fond d’un processus de paix encore flou, d’autres faits ont enlisé la situation, comme la reconnaissance par Moscou des passeports délivrés par les autorités rebelles des régions séparatistes, l’adoption du rouble comme monnaie et l’expropriation d’entreprises ukrainiennes.

Berlin craint que ces mesures ne fassent qu’accroître le conflit et la violence dans la région. Après sa rencontre avec Vladimir Poutine, Angela Merkel a en effet exprimé ses craintes quant aux « tendances séparatistes ».

Selon l’ONU, plus de 9 900 personnes ont été tuées entre avril 2014 et février 2017 dans l’est de l’Ukraine, dont 2 000 civils. Par ailleurs, plus de 23 000 personnes ont été blessées. Ces chiffres sont considérés comme des estimations prudentes. Un très grand nombre d’Ukrainiens ont en outre été forcé de quitter leur foyer pour s’installer dans des régions plus sûres.

Vive dégradation de la situation militaire dans l’est de l’Ukraine

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères s’est dit très inquiet lundi 30 janvier de « l’intensification des forces terroristes russes dans le Donbass ». D’autres rapports parlent quant à eux d’une escalade du côté des forces ukrainiennes, qui cherchent à « changer la donne sur le terrain ».

Le nombre élevé de victimes parmi les civils est dû non seulement au pilonnage de zones densément peuplées, mais aussi aux mines terrestres et aux munitions non explosées. En mars et en avril de cette année, 22 personnes ont été tuées pars des mines dans le Donbass. Quelque 3,8 millions d’Ukrainiens dépendent maintenant de l’aide humanitaire.

Les chances d’un cessez-le-feu dans le Donbass sont minces. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a reporté 421 explosions dans la région en seulement 24 heures. La plupart ayant été déclenchées par de l’artillerie lourde, ou des coups de feu.

Les forces séparatistes ont considérablement restreint l’accès à cette région et en avril, un responsable de l’OSCE a été tué alors que la voiture de patrouille dans laquelle il se trouvait a roulé sur une mine dans la zone séparatiste.

Quelques heures avant de rencontrer la chancelière allemande, Petro Porochenko a annoncé qu’il enverrait davantage de tanks sur le front. « Nous continuons de travailler pour renforcer notre capacité à nous défendre », a écrit le président sur sa page Facebook, où il a également publié une vidéo promotionnelle sur l’entreprise d’armements fabriquant les tanks T-80.

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