Merkel et Juncker appellent à l’unité face à un Brexit qui s’annonce délicat

Merkel au Conseil européen, le 29 avril

Juncker et Merkel craignent que l’unité des 27 Etats-membres ne se fissure. Selon des fuites du Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), la tension entre Juncker et May est telle le que les équipes de la Commission ne pensent pas qu’un accord soit possible d’’ici 2 ans.

« Au fil des débats, et lorsque les sujets financiers seront abordés, il y aura des décisions difficiles. Il y a clairement ceux qui ne veulent pas payer un centime de plus que nécessaire, et ceux qui ne veulent se faire avoir d’un centime » a déclaré Juncker après la réunion du Conseil européen à 27, samedi 29 avril.

Les leaders de l’Europe continentale ont affuté leurs arguments ensemble, avant que les négociations ne démarrent réellement, en juin. En plus des interrogations sur comment gérer le trou financier que le Brexit laissera (la Commission estime dans un premier temps la perte nette à 9 à 12 milliards d’euros), des divergences de fond sur ce qu’il est possible d’accorder ou non au Royaume-Uni persistent.

Selon le FAZ, le diner entre Theresa May et Juncker s’est particulièrement mal passé, Juncker se disant « 10 fois plus sceptiques » après la rencontre. Les équipes de la Commission n’auraient aucune illusion sur le calendrier, apparemment ambitieux, qui a été mis en place par les Etats-membres, et n’accordent aucun crédit au fait qu’un accord puisse être signé d’ici mars 2019.

Passe d'armes et tensions à la veille du Brexit

La Première ministre britannique, Theresa May, accuse les 27 autres pays de l’UE de faire front contre le Royaume-Uni au sujet du Brexit .

Mais les chefs d’Etat européens ont manifesté leur inquiétude quant aux différences qui pourraient émerger, entre Etats membres, durant les négociations.

En théorie, l’accord est clair : les 27 pays se sont mis d’accord sur la méthode de divorce, soit 26 étapes de négociation, lors d’une réunion expresse qui a duré moins de 3 heures. Selon le porte-parole du Conseil européen, il aura fallu moins d’une minute pour que les chefs d’Etat tombent d’accord sur le texte préparé par les sherpa.

 

Merkel en mère supérieure

Merkel a joué le rôle de mère supérieure, demandent aux Etats d’être « très vigilant et discipliné » afin de prendre les négociations phase par phase,, sans courir en avant pour gérer les intérêts spécifiques de chaque pays

«  Il ne faudrait pas passer à la troisième phase avant la seconde ».

Car l’unité des 27 pourrait être de courte durée.

En juin, le prochain conseil européen pourrait aussi être celui du prochain écueil. Tusk et Juncker présenteront alors une proposition des critères et du processus pour sélectionner la nouvelle localisation des deux agences européennes actuellement installées au Royaume-Uni : l’agence européenne du médicament, et l’autorité bancaire européenne.

Les Etats membres bénéficiant déjà de plusieurs agences européennes réclament des « critères objectifs », alors que ceux n’en ayant pas demandent une répartition équitable.

L’Espagne, les Pays-Bas, l’Irlande, la France et des Etats du Nord dont déjà candidats pour héberger l’agence européenne du médicament.

« Je suis sûre que si les salariés de l’EMA pouvaient voter, ils choisiraient Barcelone » a déclaré Mariano Rajoy.

Alors que Madrid bataille toujours avec la Catalogne au sujet d’un referendum, Rajoy a prévenu qu’un tel vote pourrait affecter la candidature de la région.

« La stabilité instituionnelle est un facteur très important » a précisé le leader espgnol.

Une Irlande réunie ?

Le Premier ministre irlandais s’est assuré la victoire à un referendum potentiel sur le futur de l’Irlande du Nord, en faisant insérer dans les conclusions du Conseil le fait que l’Irlande du Nord serait automatiquement membre de l’UE si elle votait en faveur d’un regroupement avec le sud du pas. Aucun leader européen ne s’est opposé à cette référence.

Mais le soutien pour un tel referendum serait pour l’heure hypothétique, et l’Irlande en a bien conscience. « Cela pourrait prendre 10, 20, 30 ans avant que ce sujet soit abordé. Mais c’est important que la situation soit claire désormais ».

L'UE envisage la réunification de l’Irlande après le Brexit

Lors du sommet du 29 avril, les dirigeants de l’UE aborderont la question d’une adhésion automatique de l’Irlande du Nord à l’UE, une fois le Brexit finalisé, dans l’hypothèse où elle serait réunifiée avec la République d’Irlande, selon des sources européennes.

  • 3 Mai : la Commission rend public son programme de négociation
  • 22 Mai: Ratification du programme de négociation par le Conseil
  • 8 June: Elections au Royaume-Uni
  • Mars 2019: fin officielle des négociations du Brexit

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