Les migrants à la frontière germano-autrichienne seront renvoyés

Horst Seehofer et Sebastian Kurz [Christian Bruna/ EPA]

Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a salué la décision de l’Allemagne de renvoyer les demandeurs d’asile vers les pays européens où ils ont été enregistrés pour la première fois – à savoir l’Italie, la Grèce et l’Espagne.

L’Autriche n’aura pas à s’occuper des demandeurs d’asile refusés à la frontière allemande. Ils seront renvoyés dans le premier pays où ils ont demandé protection, a annoncé le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer.

« Personne ici ne veut que l’Autriche soit responsable des demandeurs d’asile dont la Grèce et l’Italie sont responsables », a déclaré le ministre. « Les personnes à la frontière allemande ne sont pas admises et seront renvoyées. »

Sebastian Kurz s’est dit « satisfait » de l’accord et s’est engagé lui-même ainsi que la présidence de l’UE à œuvrer à un renforcement des contrôles des frontières extérieures de l’UE.

« Une Europe sans frontières internes ne sera possible que si les frontières extérieures fonctionnent », a déclaré Sebastian Kurz à la presse.

Des «centres contrôlés» pour migrants pour ne pas dire hotspots

L’idée de centres contrôlés pour migrants proposée dans les conclusions du Conseil européen rappelle singulièrement les hotspots de 2015.

 

 

Le conflit politique entre Horst Seehofer et Angela Merkel a mis en péril l’espace Schengen ces dernières semaines et menacé la « grande coalition » de s’effondrer quelques mois seulement après sa prise de fonction.

Horst Seehofer, chef de file de l’Union chrétienne sociale de Bavière, a déclenché une crise en réclamant à Angela Merkel qu’elle renvoie les demandeurs d’asile à la frontière allemande.

L’accord conclu après une courte réunion entre les trois partis de la coalition gouvernementale allemande, met officiellement fin à la dispute sur la migration entre la CSU et la CDU d’Angela Merkel, mais affaiblit fortement la chancelière.

Dans le cadre de cet accord, les demandeurs d’asile enregistrés dans d’autres pays seront « traités » en 48 heures dans des centres de polices existants et non pas dans des centres de transit, s’ils ne peuvent pas être accompagnés à l’aéroport de Munich pour retourner dans le pays où ils ont demandé l’asile.

Malgré des semaines de querelles sur l’enjeu migratoire, Horst Seehofer a poussé Angela Merkel à conclure des accords avec l’Italie et la Grèce. « Quand nous parlons de dimension européenne, il s’agit toujours des chefs de gouvernement », a-t-il déclaré.

« Si les négociations avec l’Italie et la Grèce échouent, d’autres pays devront prendre de nouvelles mesures pour mettre fin à l’immigration illégale », a prévenu le ministre allemand de l’Intérieur.

L’espace Schengen suspendu à la fermeture de la frontière allemande

Le gouvernement autrichien, Horst Seehofer, a prévenu qu’il y aura des conséquences si la frontière allemande est fermée, en amont d’une rencontre  avec ministre allemand de l’Intérieur.

La présidence autrichienne axée sur les frontières extérieures

Après des années de discussion, « il est très important que nous ayons un objectif commun », a affirmé Sebastian Kurz à Vienne.

« Nous et l’Europe en général avons beaucoup de pain sur la planche pour faire de ces idées une réalité », a-t-il souligné.

À partir de la semaine prochaine, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie se rencontreront pour trouver une manière de fermer la route de la Méditerranée, a annoncé Horst Seehofer.

La prochaine étape envisagée par Sebastian Kurz est de renforcer la capacité de Frontex et d’étendre son mandat. Dans le même temps, le chancelier a mis l’accent sur la nécessité d’améliorer les capacités des garde-côtes libyens pour qu’ils soient plus efficaces dans le renvoi de migrants.

La présidence examinera aussi l’option des plateformes de débarquement qui pourraient être mises en place en dehors de l’UE. « Nous avons besoin de discuter avec les pays tiers », a déclaré le chancelier.

Sans rentrer dans les détails, une source diplomatique a confirmé que certains pays avaient fait part de leur intérêt pour mettre en place ce genre d’installation sur leur territoire.

Sebastian Kurz n’a pas clarifié s’il serait possible pour les migrants de demander l’asile à partir de ces plateformes. Il s’est dit en faveur des programmes de réinstallation et qu’il n’y avait pas de débat sur qui était plus touché par l’afflux de migrants.

S’il est vrai que l’Italie et la Grèce sont des pays situés en première ligne, la plupart des demandeurs d’asile vont jusqu’en Autriche, en Allemagne et en Suède, a-t-il rappelé. L’année dernière 150 000 personnes ont été reçues par l’Autriche, alors « qui reconnaît ce que l’Autriche a fait », s’interroge le chancelier.

« Je suis toujours un petit peu irrité lorsque d’autres nous font la leçon, alors qu’ils n’ont accueilli qu’une petite partie de ce chiffre », a souligné Sebastian Kurz.

Sebastian Kurz promet de protéger Schengen

Le Premier ministre autrichien a fait de la protection des frontières extérieures une priorité de sa présidence de l’UE. Mais la crise politique en Allemagne pourrait mener à une résurrection des frontières intérieures du bloc.

Le chemin de l’extrême droite

En Autriche, le gouvernement de coalition est composé des conservateurs de l’OVP et des ultra-nationalistes du FPO. C’est la première fois qu’un parti d’extrême droite est à la tête de la présidence tournante de l’UE, mais la première fois à la tête du gouvernement autrichien.

« Pendant 13 ans on nous a dit que nous allions dans la mauvaise direction, mais finalement les gens ont fini par nous écouter », a déclaré Heinz-Christian Strache, chef du file du FPO.

L’Autriche prend les manettes de l’UE

Le gouvernement autrichien, mélange de démocrates-chrétiens et d’eurosceptiques d’extrême droite, a pris les rênes de l’UE avec un programme centré sur la lutte contre l’immigration. Un article d’Euroefe.

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