Ministre : tout éloignement de l’OTAN creuserait les divisions au sein de l’UE

Toute tentative visant à distancer l’Union européenne de l’OTAN ne ferait que creuser les divisions entre les États membres de l’UE, a fait savoir le ministre portugais de la Défense, João Gomes Cravinho. EPA-EFE/JOHN THYS / POOL [EPA-EFE/JOHN THYS]

Toute tentative visant à distancer l’Union européenne de l’OTAN ne ferait que creuser les divisions entre les États membres de l’UE, a fait savoir le ministre portugais de la Défense, João Gomes Cravinho, estimant au contraire que les mécanismes de coopération entre les deux partenaires devraient être améliorés.

« Essayer de se distancer de l’OTAN ne ferait que creuser les divisions au sein de l’UE. L’OTAN a clairement été, et reste, un contributeur important à la défense collective européenne », a-t-il déclaré vendredi (29 janvier).

D’après lui, la « contradiction » entre l’engagement envers l’OTAN et l’approfondissement d’une politique de défense européenne constitue une « dichotomie fausse et dépassée », ajoutant que l’Alliance était « l’instrument le plus solide et le plus efficace » pour la défense collective européenne.

« Le concept [d’autonomie stratégique] devrait être compris comme la capacité de l’UE à faire plus, de préférence avec des partenaires, mais seule si nécessaire […] Essayer de faire en sorte que l’autonomie stratégique de l’UE fasse moins au sein de l’OTAN ou tenter de se séparer de l’OTAN serait, à notre avis, une grave erreur », a-t-il indiqué.

Il a souligné qu’une politique de sécurité et de défense commune pour l’UE devrait améliorer l’efficacité de la contribution européenne au sein de l’OTAN, mais aussi consolider l’identité européenne de défense.

« Nous espérons que le Conseil informel des ministres de la Défense en mars permettra de renouveler le dialogue politique avec nos partenaires transatlantiques, en particulier avec les États-Unis, en faisant le point sur l’approche de la nouvelle administration, qui est clairement et heureusement très différente de celle de l’administration précédente ».

Sahel et Méditerranée orientale

Selon M. Cravinho, il est temps de « voir grand ». Ainsi, la région du Sahel en Afrique est une zone où il pourrait y avoir une division des responsabilités entre l’OTAN et l’UE.

« Une zone qui me semble très pertinente à cet égard est le Sahel, qui est une zone de grande instabilité, d’une menace immédiate pour l’Europe, et où je pense que les États membres de l’UE et les militaires européens devraient endosser une responsabilité importante. Le soutien de l’OTAN dans la région est apprécié, mais il s’axe davantage sur les informations que l’Organisation peut fournir sur ces questions », a-t-il poursuivi.

En outre, toujours d’après le représentant portugais, l’OTAN devrait jouer un rôle plus central en Méditerranée orientale.

L’OTAN, avec une forte présence et une administration américaine engagée, peut faire une grande différence en établissant un terrain d’entente sur la question de la Méditerranée orientale, ce qui pourrait être très bénéfique pour l’UE également, en particulier dans la façon dont le bloc se comporte avec la Turquie, qui ne peut pas être une relation de « winner-take-all » (un seul gagnant), a-t-il expliqué.

Après des mois d’escalade au sujet des forages gaziers en Méditerranée orientale, Athènes et Ankara ont récemment lancé les discussions exploratoires tant attendues pour apaiser les tensions.

Ces pourparlers informels conduiront à des négociations officielles entre les deux pays ? Reste à voir.

L’UE s’est engagée à imposer des sanctions lors du prochain sommet européen en mars si Ankara ne mettait pas fin aux provocations dans la région.

Un mécanisme désescalade, entièrement soutenu par l’Allemagne, a été mis en place dans le cadre de l’OTAN pour assurer un canal de communication direct entre la Grèce et la Turquie afin d’éviter les accidents dus à la forte concentration de navires dans la région.

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