Moscovici envisage des relations « rock’n roll » avec les États-Unis

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Les déclarations du président élu des États-Unis sur l’éclatement de  l’Union européenne ont provoqué la réaction outrée du commissaire Pierre Moscovici. Qui s’attend à des relations très tendues avec Washington.

« Ça risque d’être rock’n roll », a reconnu le commissaire européen Pierre Moscovici, au sujet des relations à venir avec les États-Unis.

À l’occasion de ses vœux à la presse, à Paris, le commissaire français a commenté les dernières déclarations du président élu des États-Unis, Donald Trump, qui a donné des interviews virulentes contre le projet européen au cours du week-end.

Alors que ses équipes avaient déjà fait savoir qu’ils anticipaient d’autres départs du bloc européens dans la foulée du Royaume-Uni, le président Trump a cette fois affirmé personnellement que «d’autres pays vont quitter» l’Union européenne, un pas diplomatique qu’il n’avait pas encore franchi précédemment et qui a fait frémir d’indignation outre Atlantique.

« Je n’accepte pas  cette vision des choses et ces commentaires qui anticipent d’autres départs » a affirmé Pierre Moscovici. « On a une administration américaine qui souhaite le démantèlement de l’Union européenne, ce n’est pas possible ! »

Investiture de Trump

A quelques jours de l’investiture du magnat de l’immobilier, la multiplication de ses attaques contre l’Union européenne fait craindre que les relations ne se dégradent avec Washington. « 2016 a ébranlé la certitude que les États-Unis continueraient à être des partenaires diplomatiques et commerciaux privilégiés », a reconnu Pierre Moscovici.

>>Lire : Les équipes de Trump ne croient pas à la survie de l’UE

Si les déclarations de Trump sur les relations avec Moscou, sur l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien, celui de l’accord de Paris sur le climat ou encore les perspectives de l’OTAN annonce des divergences de vues fortes avec les Européens, c’est la première fois que Donald Trump se prononce aussi clairement contre la construction européenne.

Dans deux interviews aux quotidiens britanniques Times et allemand Bild, Donald Trump a en effet fustigé la politique migratoire de l’Allemagne, qualifiant de « catastrophique » la décision d’Angela Merkel d’accueillir « tous ces migrants illégaux ».

Concernant le choix du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne, le président élu a également évoqué la responsabilité d’une Allemagne ultra-dominante, et affirmé que dans ce contexte, « le Royaume-Uni a eu bien raison d’en sortir».

>>Lire : Trump sans concession envers l’UE et l’OTAN

« Je ne partage pas l’idée de Trump que le Brexit est génial » a affirmé le commissaire aux affaires économiques et monétaires. Selon lui, les commentaires du président élu sont regrettables. « J’attends que Trump soit aux côtés de ses partenaires européens et j’espère que nous n’aurons pas toujours à débattre sur ce ton. » a-t-il espéré.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a également réagi aux propose de Donald Trump à son arrivée à Bruxelles, où se tient un Conseil affaires étrangères. Pour l’ancien premier ministre français  « la meilleure réponse à l’interview du nouveau Président américain […] c’est l’unité des Européens ».

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