L’OTAN s’interroge sur les risques de la 5G de Huawei

Le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

L’OTAN a conscience des potentiels « risques pour la sécurité » de l’infrastructure 5G du géant chinois. Le secrétaire général de l’organisation, Jens Stoltenberg, assure que son organisation est en train d’évaluer la situation.

Le général américain Curtis Scaparrotti, commandant suprême des forces en Europe, a déclaré que l’Alliance pourrait interrompre toute communication avec les autorités allemandes si celles-ci décidaient de collaborer avec Huawei pour le développement du réseau 5G.

Jens Stoltenberg a expliqué que l’organisation « se penche actuellement sur cette question, et sur les aspects liés à la sécurité » des réseaux 5G, ajoutant que « les alliés de l’OTAN prennent ce sujet très au sérieux » et qu’ils allaient « évaluer l’ampleur du problème pour déterminer de quelle façon l’OTAN peut faire face aux défis que présentent l’investissement dans les réseaux 5G. »

Le secrétaire général de l’Alliance a toutefois spécifié qu’il n’émettrait « aucune hypothèse concernant les potentiels résultats de cette évaluation », et a insisté sur les progrès de l’Organisation transatlantique en matière de cyberdéfense et de cybersécurité.

Les déclarations de Jens Stoltenberg ont suivi celles du général Curtis Scaparrotti, qui avait annoncé à la Commission des forces armées de la Chambre des représentants des États-Unis que l’Alliance était « inquiète pour le pilier de la télécommunication » de l’Organisation « en ce sens que, la 5G a une capacité de débit et de compilation des données incroyablement élevée.

« Si celle-ci affecte la communication militaire, nous ne serons plus en mesures de communiquer via ces systèmes », a ajouté le général, spécifiant que cela serait « problématique pour les forces armées.»

Ces derniers mois, l’Europe a subi des pressions de la part des États-Unis pour rompre ses liens avec le groupe de télécommunications chinois Huawei, accusé d’utiliser ses équipements pour de l’espionnage.

Le 12 mars, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que Berlin consulterait Washington au sujet de l’utilisation des équipements Huawei, même si, a-t-elle dit, « nous définirons nous-mêmes des normes ».

Pendant ce temps, Huawei a réagi sur la défensive le 14 mars. « Nous faisons partie de la solution, pas du problème », a déclaré un porte-parole de Huawei à Euractiv. « La cybersécurité est un problème qui doit être abordé par l’industrie et les régulateurs. »

« Huawei est ouvert au dialogue avec tous ceux qui ont un intérêt légitime pour la cybersécurité. »

Washington a menacé à plusieurs reprises de réduire la quantité de renseignements qu’il partage avec l’Allemagne si Huawei remportait un contrat pour la construction du réseau 5G de prochaine génération du pays.

La coopération en matière de renseignement entre les États-Unis et l’Allemagne avait déjà été mise à mal, à la suite des révélations d’Edward Snowden selon lesquelles l’Agence de sécurité nationale américaine écoutait le téléphone de la chancelière allemande Angela Merkel et d’autres responsables allemands.

L’Allemagne est l’un des pays qui obtient des renseignements classifiés de la communauté du renseignement américaine, en tant que membre de l’OTAN et de l’alliance dite « 14 Eyes Alliance » des agences de surveillance des pays européens, qui partage des données pour la lutte antiterroriste.

L’OTAN hausse le ton face à la Russie

Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN,  a exigé que la Russie « cesse ses comportements dangereux » après une cyberattaque visant l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

 

 

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