L’OTAN simule une attaque russe sur la Norvège

Des soldats néerlandais partent de l'aéroport d'Eindhoven aux Pays-Bas, le 19 octobre 2018. Ils participeront à l'exercice Trident Juncture de l'OTAN, qui aura lieu en Norvège à partir du 25 octobre. [Remko De Waal/EPA/EFE]

Le plus grand exercice de l’OTAN depuis la fin de la Guerre froide sera axé sur une simulation de défense de la Norvège et implique 50 000 militaires venus de 31 pays.

Officiellement, l’exercice qui se poursuivra jusqu’au 7 novembre n’a pas pour but de répondre à une quelconque attaque russe contre un pays membre de l’OTAN, mais le message géopolitique du Trident Juncture reste sans équivoque : l’OTAN renforce sa capacité à contrer une attaque russe.

L’OTAN hausse le ton face à la Russie

Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN,  a exigé que la Russie « cesse ses comportements dangereux » après une cyberattaque visant l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Dans une allocution devant la presse mercredi, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré que le scénario était certes fictif, mais les leçons à en tirer seraient réelles. Il a souligné que l’environnement sécuritaire de l’Europe s’était sérieusement détérioré ces dernières années, et que le Trident Juncture constituait la réponse de l’OTAN à cette situation.

Trident Juncture est une simulation de guerre où les « Forces du Nord » affronteront les « Forces du Sud », principalement sur la terre ferme en Norvège centrale et orientale. Les 29 pays membres de l’OTAN ainsi que la Suède et la Finlande seront de la partie. La zone d’exercice principale se trouve à plus de mille kilomètres de la frontière russe, mais les forces aériennes opéreront à partir d’aéroports situés dans le nord, dont la base aérienne de la Finlande à Rovaniemi, à quelque 150 kilomètres de la péninsule russe militarisée de Kola.

Participeront à Trident Juncture le porte-avions américain baptisé Harry S. Truman, son groupe de frappe, ainsi que les navires et avions qui les accompagnent. C’est la première fois qu’un groupe d’intervention américain pénètre dans les eaux norvégiennes depuis la Guerre froide.

Ces dernières années, la Finlande et la Suède, qui ne sont pas membres de l’OTAN, se sont néanmoins rapprochées de l’organisation sur le plan de la coopération militaire.

« Il n’est pas nécessaire de nommer l’agresseur potentiel », a récemment noté Carl Bildt, ancien ministre suédois des Affaires étrangères. « Depuis quelques années, nous avons vu la situation sécuritaire de l’Europe du Nord changer. En réponse à l’agression et au révisionnisme russes, l’OTAN a déployé des bataillons en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, ainsi que des escadrons de forces aériennes pour surveiller le ciel de ces pays. »

« Et tant en Suède qu’en Finlande, les dépenses de défense sont en hausse. La question de l’adhésion à part entière de ces deux pays à l’OTAN fait l’objet d’un vif débat », poursuit Carl Bildt.

« La zone principale d’exercice se trouve à plus de 1000 km de la frontière russe, et les opérations aériennes sont susceptibles de se dérouler jusqu’à 500 km de la frontière. Pas de quoi faire peur à la Russie », a déclaré le général Rune Jakobsen, chef de l’état-major norvégien.

Côté Russie, la ministre des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a fait valoir que l’expansion du Corps des Marines américain combinée à la présence militaire de l’Occident en Norvège, étaient « une violation des traditions de bon voisinage, en contradiction avec la politique de retenue établie en Norvège depuis la Guerre froide ».

En septembre, la Russie a entamé ses plus grandes simulations de guerre depuis 1981. Elle s’est entraînée contre la Chine et la Mongolie dans le cadre des exercices Vostok 2018.

La guerre dans l'espace a déjà commencé, la Russie espionne la France

Le satellite russe Luch-Olymp a espionné le satellite de télécoms militaire franco-italien Athena-Fidus. Explications de notre partenaire, La Tribune.

Le président de l’OTAN a déclaré que l’organisation avait invité des observateurs russes, en précisant que l’OTAN avait informé la Russie sur le Trident Juncture, tout comme Moscou avait informé l’OTAN sur Vostok. Par ailleurs, Jens Stoltenberg attend de la Russie qu’elle surveille les exercices, conformément aux accords conclus dans le cadre de l’OSCE.

« Tant que Moscou se comporte avec professionnalisme et évite les situations dangereuses, je ne pense pas que ça pose un quelconque problème » a commenté Jens Stoltenberg.

Il a fait savoir que la date du prochain Conseil OTAN-Russie n’avait pas encore été fixée, mais que les deux parties étaient en contact pour convenir d’une date. La période 2014-2016, au cours de laquelle aucune réunion de ce type n’avait eu lieu, est maintenant derrière eux.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.