Des ONG s’opposent à la nomination d’Oettinger aux ressources humaines

Gunther Oettinger [European Commission]

Un groupe d’ONG a appelé le Parlement européen à s’opposer à la nomination de  Günther Oettinger aux ressources humaines au sein de la Commission européenne.

Dix organisations, dont Transparency International, estiment que le profil de Günther Oettinger ne correspond pas au poste de chargé des ressources humaines de la Commission. « Le commissaire Günther Oettinger a tenu des propos racistes, sexistes et homophobes à plusieurs reprises par le passé, et récemment lors d’un discours prononcé le 26 octobre à titre officiel à Hambourg. »

Günther Oettinger, qui s’est trouvé au centre de nombreux scandales, a été nommé par Jean-Claude Juncker pour reprendre le portefeuille du Budget et des Ressources humaines de sa collègue bulgare, Kristalina Georgieva, qui a quitté son poste pour un autre à la Banque mondiale, à compter du 1er janvier.

L’homme politique allemand doit quitter son poste de commissaire en charge de l’Économie et de la société numériques et reprendre les deux portefeuilles de Kristalina Georgieva. Reste toujours à savoir s’il héritera aussi de son titre de vice-présidente de la Commission. Günther Oettinger doit être auditionné par trois commissions du Parlement européen avant d’obtenir le poste. Sa promotion ne sera toutefois pas sujette à une approbation contraignante via un vote en session plénière.

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Le commissaire allemand, qui sera auditionné le lundi 9 janvier par des eurodéputés, a trempé dans plusieurs scandales ces derniers mois. En octobre, il a été filmé lors d’un événement à Hambourg en train de railler les Chinois, de se moquer des femmes occupant des postes à responsabilités et du mariage gay. Une semaine plus tard, il s’est excusé. Des excuses qu’il a réitéré, le 5 janvier, en envoyant un courrier aux parlementaires européens.

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En plus de ces dérapages, en novembre dernier, Günther Oettinger s’était rendu de Bruxelles à Budapest à bord du jet privé de Klaus Mangold, un homme d’affaires allemand travaillant comme lobbyiste pour le Kremlin. Le commissaire a assuré que c’était le seul moyen dont il disposait pour arriver à temps à un dîner de travail avec le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán. Quant à la Commission, elle a déclaré qu’il n’avait enfreint aucune règle en montant à bord de cet avion.

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« En cette période cruciale pour l’UE, il est essentiel d’avoir un engagement fort et crédible de la part de la Commission européenne pour contrecarrer la discrimination et agir pour l’égalité de tous. Le commissaire en charge des ressources humaines doit montrer l’exemple. Il ou elle doit avoir un plan d’action clair pour faire de l’égalité pour tous une réalité et combattre le racisme, sexisme, xénophobie, homophobie et transphobie », ont déclaré les ONG, ajoutant que selon elles, « le commissaire Oettinger n’est pas la bonne personne pour cette mission. »

Règles éthiques

Günther Oettinger a souvent fait l’objet de critiques dans sa manière d’interagir avec les lobbyistes, ont souligné les ONG.

« Des preuves montrent que Günther Oettinger ne cherche pas à adopter une approche inclusive et équilibrée de la consultation des parties prenantes puisque 90 % de ses réunions se déroulent avec des groupes d’intérêts privés. C’est le plus haut pourcentage de tous les commissaires et il est contraire aux instructions de Jean-Claude Juncker pour une représentation équilibrée des parties prenantes. »

En ce qui concerne le jet privé utilisé pour le voyage à Budapest, les ONG assurent qu’à ce jour, elles ne savent toujours pas quelles étaient les circonstances exactes de ce voyage, ni si le Commissaire a brisé les règles de transparence et d’éthique.

« Selon nous, Günther Oettinger n’est pas apte à inspirer le respect des règles existantes en matière d’éthique et de transparence au sein du personnel de la Commission et de ses paires », conclut le document, encourageant les eurodéputés à s’opposer à la nomination du commissaire au poste des ressources humaines.

Les dix ONG sont ILGA-Europe, le lobby européen des femmes, Transparency international UE, le Réseau européen contre le racisme, le Corporate Europe Observatory [observatoire des multinationales], le Réseau européen IPPF, Oxfam international UE, Volonteurope, le réseau ERGO et Lobbycontrol.

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