La Macédoine du Nord demande l’adhésion à une OTAN en crise

epa07347343 Le ministre des Affaires étrangères de l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), Nikola Dimitrov, et le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, donnent une conférence de presse à l'issue de la cérémonie de signature du protocole d'adhésion avec Skopje au siège à Bruxelles, Belgique, le 6 février 2019. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

La Macédoine du Nord a signé le protocole d’adhésion à l’OTAN le 6 février. Le sujet devrait être évoqué lors du sommet des dirigeants de l’alliance militaire à Londres en décembre.

Après la ratification en janvier par Athènes et Skopje d’un accord historique qui a mis fin à un différend vieux de 27 ans qui avait jusqu’à présent empêché Skopje de rejoindre l’OTAN (et l’UE), le pays vient de signer le protocole d’adhésion et activé le processus formel pour devenir le 30e membre de l’alliance militaire occidentale.

Onze ans après sa première demande bloquée par la Grèce, le ministre des Affaires étrangères nord-macédonien, Nikola Dimitrov, a estimé que le processus avait rendu son pays plus sage.

La communauté internationale « est une famille qui s’efforce de rendre notre monde plus pacifique et meilleur. Le processus [de négociation avec la Grèce] nous a rendus plus mûrs… nous avons prouvé notre capacité à assumer nos responsabilités, à faire face à un problème et à le résoudre », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à Bruxelles.

En juin de l’année dernière, les deux parties ont pu se mettre d’accord sur le nom de « République de Macédoine du Nord » grâce au traité de Prespa.

Un accord sur le nom du pays était une condition sine qua non pour que Skopje puisse signer le protocole d’adhésion à l’OTAN, car selon les statuts de l’alliance prévoient l’invitation d’un pays à rejoindre l’Alliance doit être décidée à l’unanimité. En désaccord sur le nom « Macédoine », la Grèce bloquait depuis de nombreuses années l’adhésion de son voisin à l’OTAN, ainsi qu’à l’UE.

Nikola Dimitrov a salué l’engagement du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, qui a rendu possible la négociation du traité, malgré une résistance furieuse en Grèce.

Jens Stoltenberg a pour sa part qualifié la demande d’adhésion nord-macédonienne d’« historique », soulignant que les gouvernements d’Athènes et de Skopje avaient apporté « une contribution significative » à la sécurité dans la région.

Un par un, les 29 ambassadeurs des pays de l’OTAN ont signé le protocole. Ils avaient déjà approuvé le texte la semaine dernière et l’avaient envoyé aux capitales. Les parlements des 29 États membres de l’alliance devront à présent ratifier le protocole d’adhésion.

La Grèce espère ratifier le texte avant le 8 février, ce qui signifie qu’elle pourrait être le premier pays à ouvrir les portes de l’OTAN à la Macédoine du Nord. Un symbole fort entre ces anciens ennemis.

La Grèce, nouvel allié de la Macédoine du Nord

Après des années de conflit, la Grèce sera très certainement le premier État à ratifier le protocole d’adhésion de la Macédoine du Nord d’ici le 8 février.

Dans le cas du Monténégro, qui est devenu membre de l’OTAN l’année dernière, la signature du protocole d’adhésion et l’admission du pays ont pris environ un an.

« Le calendrier de ce processus dépendra en grande partie du temps nécessaire aux procédures nationales de ratification dans les capitales alliées », a déclaré un responsable de l’OTAN.

Cependant, des sources proches de la question ont confirmé que les membres de l’organisation s’efforçaient d’accélérer le processus de ratification, de sorte que le processus pourrait se clôturer dans l’année.

« La question de savoir si ce sera le cas lors du sommet de l’OTAN de décembre reste ouverte. Mais c’est possible », a ajouté cette source.

Londres au lieu de Washington

Les pourparlers d’adhésion coïncident cependant avec des luttes intestines à l’Alliance. Jens Stoltenberg a ainsi annoncé que l’alliance militaire organiserait son sommet des dirigeants à Londres en décembre. Un porte-parole de l’OTAN a précisé que la date précise et le lieu n’avaient pas encore été fixés.

Dans une déclaration, le secrétaire général de l’organisation a indiqué que les dirigeants « s’attaqueront aux problèmes de sécurité actuels et futurs et veilleront à ce que l’OTAN continue à s’adapter afin d’assurer la sécurité de sa population de près d’un milliard d’habitants ».

La Première ministre britannique, Theresa May, aurait pour sa part déclaré que le sommet de décembre serait « une occasion importante de déterminer les mesures à prendre pour moderniser l’Alliance et assurer la continuité de son succès ».

L’OTAN s’apprête à célébrer le 70e anniversaire de la signature du Traité de l’Atlantique Nord, avec lequel ses douze membres fondateurs ont fondé l’Alliance le 4 avril 1949. Le sommet anniversaire aurait dû avoir lieu à Washington, mais les relations entre l’administration Trump et le reste des alliés se sont récemment refroidies. Il devrait toutefois y avoir une réunion des ministres des Affaires étrangères dans la capitale américaine.

Lors du sommet de l’été dernier, le président américain, Donald Trump a en effet menacé de retirer les États-Unis de l’organisation si les alliés n’augmentaient pas leurs budgets de défense.

Lors d’un sommet en 2014, les membres de l’OTAN se sont de fait engagés à consacrer au moins 2 % de leur PIB à la défense d’ici 2024. En juillet 2017, seuls trois membres avaient tenu cette promesse. En 2018, ils étaient huit : la Grèce, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Roumanie et la Pologne.

Les doutes sur l’engagement de Donald Trump à l’égard de l’alliance ont été exprimés à plusieurs reprises. Récemment, le New York Times a cité des sources affirmant que le président à plusieurs reprises dit vouloir se retirer de l’organisation.

La Maison-Blanche n’a pas encore confirmé que Donald Trump participera au sommet de décembre, même si les règles de l’organisation rendent cette présence nécessaire.

Londres avait été le premier siège du quartier général de l’OTAN, avant sa relocalisation. « Le Royaume-Uni est l’un des douze membres fondateurs de l’alliance et continue de jouer un rôle clé en son sein, en apportant des contributions essentielles à notre sécurité commune », a fait remarquer Jens Stoltenberg.

Quand les journalistes ont voulu savoir si le changement de programme était destiné à envoyer un message politique avant la sortie du pays de l’UE, il a répondu que le Brexit ne changerait pas les relations du Royaume-Uni avec l’OTAN ».

Merkel répond à Trump en soutenant une armée européenne qui complète l’OTAN

À Strasbourg, Angela Merkel a soutenu le projet d’une armée européenne défendu par Emmanuel Macron, et vivement critiqué par le président américain.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe