Olaf Scholz s’oppose aux socialistes du Parlement européen au sujet de l’ex-chancelier allemand

Olaf Scholz a rejeté la motion du Parlement européen, déclarant que la « décision du Bundestag allemand concernant l’ancien chancelier » serait suffisante. [EPA-EFE/OMER MESSINGER]

Le chancelier allemand Olaf Scholz s’oppose à la motion du Parlement européen demandant que Gerhard Schröder, l’ancien chancelier social-démocrate allemand, soit inscrit sur la liste des sanctions de l’UE en raison de ses liens avec le Kremlin, soulignant que les mesures prises par le Bundestag allemand suffiraient.

La motion a été adoptée par le Parlement européen en séance plénière jeudi (19 mai) et demande au Conseil d’étendre la liste des sanctions de l’UE aux membres européens siégeant aux conseils d’administration de « grandes entreprises russes ».

Soutenue par une large coalition de partis, dont des membres du groupe des socialistes et démocrates de M. Scholz, la motion vise spécifiquement M. Schröder. Elle « exige fermement » qu’il quitte son poste de président du conseil de surveillance du géant énergétique russe Rosneft.

Cependant, M. Scholz a rejeté la motion du Parlement européen, déclarant que la « décision du Bundestag allemand concernant l’ancien chancelier » serait suffisante. « Je ne considère pas qu’il soit nécessaire d’en faire plus pour le moment », a indiqué M. Scholz lors d’une conférence de presse à La Haye.

M. Scholz, qui a été secrétaire général du SPD sous le mandat de M. Schröder entre 1998 et 2002, a toutefois déclaré qu’il soutiendrait les mesures punitives prises par le Bundestag le jour même.

Le Parlement allemand a retiré jeudi à M. Schröder ses privilèges d’ancien chancelier et l’a privé temporairement de son poste au Bundestag et du personnel qui l’accompagne.

Le Bundestag a justifié cette mesure en évoquant le comportement de M. Schröder qui avait refusé de prendre une position claire contre le Kremlin dans le contexte de la guerre d’agression russe.

« Vous ne pouvez pas isoler un pays comme la Russie à long terme, ni politiquement ni économiquement », a déclaré M. Schröder dans un entretien accordé au New York Times en avril.

« Lorsque cette guerre sera terminée, nous devrons recommencer à travailler avec la Russie. Nous le faisons toujours », a ajouté M. Schröder.

Il a également défendu ses activités de lobbying pour le compte du Kremlin et son ferme soutien à Nord Stream, dont il a jeté les bases dans les derniers jours de son mandat de chancelier.

L’entretien a déclenché de vives réactions au sein de son propre parti, plusieurs sociaux-démocrates de haut rang appelant à son exclusion du SPD.

La décision de retirer à M. Schröder ses privilèges d’ancien chancelier de la République fédérale d’Allemagne marque également un tournant pour le SPD, car l’approche politique de M. Schröder a longtemps été considérée comme un modèle de réussite.

Si M. Scholz s’est fermement opposé à la motion visant à inscrire l’ex-chancelier allemand sur la liste des sanctions de l’UE, il a néanmoins utilisé des mots clairs à l’égard de son ancien collègue, qui l’a fortement soutenu lors de sa candidature en tant que candidat potentiel à la tête du SPD en vue des élections de 2021.

« Il serait préférable que Gerhard Schröder démissionne de ses fonctions », a-t-il déclaré.

Sanctionné à Berlin et menacé par les eurodéputés, Gerhard Schröder paie ses liens avec Vladimir Poutine

Privé d’une partie de ses avantages d’ex-chancelier et menacé jeudi (19 mai) de sanctions à Bruxelles, Gerhard Schröder risque de payer au prix fort ses liens avec Vladimir Poutine et ses mandats dans des groupes russes.

Subscribe to our newsletters

Subscribe