L’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) d’extrême droite a annoncé qu’elle reviendrait sur sa décision de rejoindre le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) au Parlement européen si le parti hongrois au pouvoir, le Fidesz de Viktor Orbán, y adhérait. Une telle décision constituerait un revirement majeur dans les plans de l’AUR, qui devrait obtenir sept sièges après les élections européennes de juin selon de récents sondages.
En juin dernier, George Simion, président du parti, avait indiqué à Euractiv que son groupe cherchait à rejoindre les partis « euro-réalistes » du CRE au Parlement européen.
« [Giorgia] Meloni est un modèle politique pour nous », avait souligné M. Simion, en référence à la Première ministre italienne du parti Frères d’Italie (Fratelli d’Italia), qui copréside le groupe CRE avec le parti polonais Droit et Justice (PiS).
Fondé en 2019 et actuellement deuxième force politique de Roumanie avec 20 % des voix dans les sondages, l’Alliance pour l’unité des Roumains devrait faire son entrée au Parlement européen après les élections européennes de juin 2024 et devenir l’une des plus grandes délégations nationales du groupe CRE.
Le Fidesz du Premier ministre Viktor Orbán a récemment déclaré qu’il souhaitait lui aussi rejoindre le groupe CRE après les élections européennes, tandis que le PiS polonais, membre du groupe, s’est dit ouvert à l’idée.
Cependant, plusieurs membres du groupe se sont opposés à l’idée de siéger avec le parti de M. Orbán au sein de l’hémicycle. C’est notamment le cas du Parti démocratique civique (ODS) tchèque et l’AUR roumaine, ce qui fait craindre une scission interne à un moment où le CRE est en passe de devenir la troisième ou quatrième force politique de l’Assemblée européenne et ainsi de jouir d’une influence législative accrue, d’après les projections d’Europe Elects pour Euractiv.
« Les Hongrois ont des revendications territoriales qui nous empêchent d’être dans la même alliance. Nous ne voulons pas être amis avec les amis [du président russe Vladimir] Poutine », a déclaré le premier vice-président de l’AUR, Marius Lulea, la semaine dernière à Strasbourg.
Pour rappel, en novembre 2022, Viktor Orbán a provoqué une querelle diplomatique avec ses voisins de l’UE en portant une écharpe sur laquelle figure une carte historique de la Grande Hongrie, qui incluait les territoires de la Roumanie, de la Slovaquie, de la Tchécoslovaquie et de la Croatie, ainsi que l’Ukraine.
Le parti d’extrême droite espère toutefois maintenir une faction conservatrice et de droite unie au Parlement européen afin de pouvoir changer la direction de la prochaine législature européenne et réformer les institutions de l’UE : « Nous voulons avoir un dialogue fonctionnel avec tous les patriotes d’Europe », a déclaré M. Lulea.
« Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons vaincre le système actuel qui menace l’essence même de la civilisation européenne », a-t-il ajouté.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]



