Pedro Sánchez : un référendum d’autodétermination catalan n’est pas à l’ordre du jour

Reçu par Pere Aragonès jeudi, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a rappelé qu’un référendum tel que celui demandé par les forces séparatistes n’était pas conforme à la constitution. [EPA-EFE/Quique Garcia]

L’organisation d’un référendum d’autodétermination de la Catalogne est totalement exclue, a déclaré jeudi (21 décembre) le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, après que le président de la Généralité de Catalogne Pere Aragonès a réitéré son appel en ce sens.

Reçu par Pere Aragonès jeudi, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez (PSOE, Socialistes & Démocrates européens) a rappelé qu’un référendum tel que celui demandé par les forces séparatistes n’était pas conforme à la constitution.

Après la réunion, il a déclaré que M. Aragonès, membre de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), avait à nouveau insisté sur sa demande de référendum pour surmonter le « conflit de souveraineté » avec l’État espagnol.

« Il faut le résoudre [ce conflit] avec plus de démocratie, des urnes et des votes […] il est temps d’aller de l’avant », a souligné M. Sánchez, a rapporté la télévision publique espagnole RTVE.

« Nous ferons en sorte que cela soit possible », a-t-il ajouté.

Le soutien de la Gauche républicaine de Catalogne, de son rival séparatiste de droite Ensemble pour la Catalogne (JxCat) et des partis séparatistes et indépendantistes basques permettent au gouvernement Sánchez de s’assurer une majorité stable au parlement.

« Ils connaissent la position du gouvernement et la mienne. À partir de là, je crois que nous devons avancer avec un accord qui renforce l’autonomie [de la Catalogne] », a déclaré M. Sánchez lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre.

M. Sánchez a souligné qu’il ne demandait à aucun parti d’abandonner ses objectifs politiques, mais il a insisté sur le fait que le dialogue devait toujours se dérouler dans le cadre de la constitution, dont le 45e anniversaire a par ailleurs été célébré il y a quelques jours.

« Il n’existe aucune constitution au monde qui accepte et considère la séparation d’une partie de son pays. Ce n’est pas le cas non plus en Espagne. Par conséquent, d’un point de vue matériel, [un référendum de sécession] n’est pas envisagé », a conclu M. Sánchez.

Parmi les accords conclus entre les deux hommes politiques figure l’engagement de promouvoir une loi garantissant le multilinguisme afin que les citoyens puissent s’adresser à l’administration de l’État dans leur langue (espagnol et catalan) au cours du premier semestre 2024, a rapporté Catalunya Radio.

Les deux responsables politiques se sont également accordés sur des mesures visant à améliorer les transports publics et à réindustrialiser la Catalogne et ont convenu de lancer une nouvelle « table de dialogue » au premier trimestre 2024 visant à résoudre le conflit politique qui oppose Barcelone et Madrid.

L’opposition espagnole accusée d'avoir fait « dérailler » l’officialisation du catalan comme langue officielle de l’UE

Le principal parti d’opposition espagnole, le Partido Popular (PP), a fait « dérailler » la proposition de Madrid de faire du catalan une langue officielle de l’UE alors que l’Espagne occupe la présidence de l’UE jusqu’à la fin de l’année, a déclaré Carles Puigdemont.

Pedro Sánchez a également appelé les forces séparatistes catalanes à proposer aux citoyens un accord au lieu de disputes et de confrontations entre Madrid et la Catalogne, comme cela avait été le cas par le passé sous les gouvernements dirigés par le Parido Popular.

Le Premier ministre est revenu au pouvoir en novembre dernier après avoir conclu un accord avec le leader du parti JxCat et ancien président catalan Carles Puigdemont et le chef de file de de la Gauche républicaine de Catalogne, Oriol Junqueras.

En effet, pour obtenir une majorité au parlement et être réelu, il a dû accepter de généreuses concessions, notamment l’approbation d’une loi d’amnistie pour les personnes impliquées dans les tentatives séparatistes en Catalogne entre 2012 et 2023, y compris le référendum de 2017.

Accord entre socialistes espagnols et séparatistes catalans : un second mandat pour Pedro Sánchez

Le Premier ministre par intérim Pedro Sánchez pourrait prêter serment pour un second mandat plus tôt que prévu après que son parti socialiste, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), a conclu un accord avec la Gauche républicaine de Catalogne.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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