Dans un entretien accordé à EURACTIV, la députée
européenne socialiste Pervenche Berès estime qu’un « non »
français à la Constitution ne ruinerait pas les efforts
accomplis pour parvenir à un consensus sur le
texte.
A la veille d’un vote interne crucial, qui déterminera la
position officielle du Parti socialiste sur la Constitution
européenne, Pervenche Berès explique à EURACTIV pourquoi, en
tant que pro-Européenne, elle est prête à voter « non ».
Un argument central avancé par Mme Bérès réside dans les
conditions trop strictes, selon elle, imposées pour toute révision
du texte – un point sur lequel la Convention a, selon la
parlementaire, commis une « erreur stratégique ».
« L’essentiel de cette Constitution, c’est-à-dire le mode de
décision, est applicable au 1er novembre 2009. Ca nous laisse
quatre ans pour corriger les travers les plus gros et les plus
inacceptables de ce texte », affirme Mme Bérès.
La députée européenne socialiste précise que le camp du « non » au
sein du PS réclame « des assouplissements sur les
dispositions concernant les coopérations renforcées », ainsi que la
séparation des dispositions politiques (partie III) et des
dispositions constitutionnelles.
Quant à la perspective de devoir revenir au traité de
Nice – lequel continuerait à s’appliquer si
la Constitution devait être rejetée -, Mme Berès
considère qu’y faire allusion participe de la tactique d’
« intimidation » utilisée par le camp du « oui ».
« Qui parle de revenir au traité de Nice ? Il y a quatre ans de
boulot sur la table et on va repartir sur cette base là. ». « Ce ne
sera pas la première fois dans l’histoire de l’Union européenne
qu’on renégocie un traité ! », avance encore Mme Berès.
Interrogée sur sa position vis-à-vis des autres partis
socialistes européens, tous très largement favorables à la
Constitution, Pervenche Berès estime que le débat doit être
envisagé dans un contexte national.
« Si on nie à chaque peuple la possibilité de définir le contrat
européen, alors effectivement, vous allez favoriser l’extrême
gauche, l’extrême droite, le populisme et l’abstention ! », dit
encore Mme Berès pour défendre le recours au référendum.
La parlementaire européenne écarte le reproche fait à Laurent
Fabius – le chef de file du camp du « non » au sein du PS – de
chercher avant tout à se positionner en tant que candidat
socialiste à l’élection présidentielle de 2007 : « Ceux qui portent
ces accusations, je ne crois pas qu’ils soient totalement dénués
d’arrière-pensées de leur côté », dit-elle, avant de dénoncer
l’attitude du premier secrétaire du parti socialiste en ces termes
: « François Hollande, parce qu’il est premier secrétaire, a
pensé qu’il lui appartenait de définir la règle et que chacun
allait s’aligner sur sa position alors même que chacun mesure à
quel point il y a un profond malaise sur la question européenne
dans le PS depuis longtemps. ».
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