PFUE : Emmanuel Macron attendu au tournant aussi bien à Paris qu’à Bruxelles en 2022

Ces échéances parallèles pourraient, en revanche, s'avérer être à double tranchant pour le chef de l'exécutif, au regard des ambitions affichées pour les 27 et l'agenda très serré. [JOHN THYS/EPA]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Politiques européennes : À quoi faut-il s’attendre en 2022 ?.

Après la polémique éclair autour du drapeau européen sous l’Arc de Triomphe, les six prochains mois pendant lesquels la France doit assurer la présidence du Conseil de l’Union européenne s’annoncent être un exercice d’équilibriste éminemment politique.

La dernière fois, c’était en 2018. La France a officiellement pris la présidence tournante du Conseil de l’UE depuis le 1er janvier. Au cours des six prochains mois, Paris sera la maîtresse des horloges au sein de l’institution co-législatrice de l’UE.

Elle pilotera les travaux au sein du Conseil et devra être force de compromis pour rassembler les États membres. La France succède ainsi à la Slovénie et précède la République tchèque.

Ce mandat ne devrait pas être de tout repos pour Emmanuel Macron qui, sauf grande surprise, devrait faire campagne pour sa réélection à la tête de l’État lors de l’élection présidentielle d’avril 2022.

« Nous n’avons pas choisi le calendrier », s’est défendu Emmanuel Macron lors de la présentation des priorités de la PFUE le 9 décembre, affirmant que cette correspondance était « le fruit de la mise en œuvre du Brexit ».

« Il nous faut tenir notre rôle avec l’esprit de responsabilité », a-t-il souligné, ajoutant ensuite qu’il exercera son mandat de président « jusqu’au dernier quart d’heure ».

« Relance, puissance, appartenance » : la France présente ses priorités pour la PFUE

Réforme de Schengen, Europe de la Défense, nouveau modèle européen… Emmanuel Macron a présenté les ambitions que la France compte porter au cours de sa présidence du Conseil de l’UE au premier semestre 2022.

L’opposition n’en démord pas et dénonce un risque d’instrumentalisation de ces échéances européennes au service de sa campagne nationale. À l’inverse, l’UE pourrait occuper une place dans les débats politiques, jusqu’à alimenter une certaine polarisation sur ces enjeux.

Le premier jour de la PFUE a par exemple été marqué par une polémique éclair après que l’Arc de Triomphe a arboré le drapeau de l’UE, sans le drapeau tricolore, donnant lieu à de vifs échanges entre les membres de la majorité et l’opposition à droite, dont Valérie Pécresse et Marine Le Pen.

PFUE : le drapeau européen sous l'Arc de Triomphe provoque une polémique éclair

Il n’aura flotté sous l’Arc de Triomphe que le temps d’une journée. Pourtant, le drapeau européen a provoqué une vive polémique en France, laissant présager une présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE) éminemment politique.

Ces échéances parallèles pourraient, en revanche, s’avérer être à double tranchant pour le chef de l’exécutif, au regard des ambitions affichées pour les 27 et l’agenda très serré.

S’il réussit à mener à bien, et à terme, les chantiers prioritaires de la France, Emmanuel Macron devrait pouvoir mettre en avant ces réussites, son sens du compromis ainsi que son poids sur la scène internationale — sans compter que son cœur d’électorat est plutôt pro-européen.

En revanche, s’il ne parvient pas à obtenir de résultats concrets, nul doute que ses opposants politiques se serviront de ces revers pour affaiblir le candidat Macron, et ses engagements en matière d’une Union plus forte.

Ainsi, tout laisse penser que la France ne devrait pas perdre de temps et essayer de diriger les plus grands dossiers législatifs au pas de course.

Les grands rendez-vous

Emmanuel Macron doit commencer par recevoir le collège des commissaires européens le 6 et 7 janvier à Paris. Il est ensuite attendu à Strasbourg le 19 janvier, lors de la prochaine session plénière du Parlement européen, pour un discours inaugural devant les eurodéputés.

Le chef de l’État doit également présider le sommet « Un Océan », consacré à la protection des océans et des mers, le 11 février à Brest avant de réunir à Bruxelles, le 17 et 18 février, les dirigeants de l’UE et de l’Union africaine, dédié aux relations entre les deux continents.

« Le lien entre [l’Afrique et l’Europe] est le grand projet politique et géopolitique des décennies à venir », a déclaré le président français en décembre, affichant sa volonté de lancer un nouveau New Deal économique et financier avec l’Afrique.

Enfin, Emmanuel Macron présidera un nouveau sommet autour du « nouveau modèle européen de croissance et d’investissement » le 10 et 11 mars.

L’UE doit avoir comme « obsession » de « créer des emplois » et de « lutter contre le chômage de masse », a déclaré M. Macron lors de son allocution en décembre, précisant qu’il s’agit aussi de créer « les bons emplois ». Et d’ajouter : « Nous devons garantir le positionnement de l’Europe » et sa force pour définir les standards de demain ». « L’action au niveau d’un État n’est pas la bonne échelle », selon lui.

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