Pierre Moscovici, futur premier président de la Cour des comptes, rebondit encore

L’Europe fut un peu « le fil rouge » de son existence mais c’est à la tête de la Cour des comptes que l’ancien commissaire européen Pierre Moscovici va poursuivre sa vie politique. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Il y a un an, il disait au Parisien qu’il voulait, à la fin de son mandat de commissaire européen aux affaires économiques, continuer d’œuvrer en faveur de ses convictions européennes et de la social-démocratie. C’est finalement loin de Bruxelles, à la Cour des comptes, que Pierre Moscovici va poursuivre son parcours. Il sera nommé mercredi 3 juin Premier président de cette institution qui contrôle l’usage des fonds publics. Une autre manière, pour l’ancien patron de Bercy, de « servir son pays ».

Pierre Moscovici remplacera Didier Migaud, en poste depuis 2010, nommé en janvier à la tête de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Ce n’était pas gagné pour l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande.

L’été dernier, Le Monde avait rapporté ses propos très critiques sur le « populisme mainstream » du président Macron. « Il peut aller se faire voir », aurait alors commenté le chef de l’État, selon le Canard enchaîné.

Une « vie politique complète »

Le poste à la tête de la prestigieuse Cour de la rue de Cambon semblait perdu. Le nom de Nicole Belloubet, l’actuelle ministre de la Justice, circulait pour lui ravir. Celui d’Éric Woerth fut aussi un temps avancé. Mais comme souvent, après plusieurs mois d’attente, « Mosco » est revenu dans le jeu.

À 62 ans, père d’un garçon qui n’a pas deux ans, Moscovici a pourtant déjà eu une « vie politique complète », comme il le disait lui-même au Parisien, en février 2019. Ce passionné de littérature américaine et de cinéma, fan de David Bowie, affirmait alors qu’il avait « dépassé l’âge de l’ambition personnelle ».

Né en 1957 de parents intellectuels juifs venus d’Europe de l’Est, Moscovici a grandi à Paris mais c’est dans le Doubs qu’il a fait ses armes politiques : l’Enarque, entré au Parti socialiste en 1984, y est parachuté en 1994 pour des élections cantonales, sur les terres de Peugeot. C’est aussi l’année où il fut pour la première fois député européen.

Plus de flexibilité dans les règles budgétaires

Ministre des Affaires européennes sous Lionel Jospin, ce social-démocrate, fidèle de Dominique Strauss-Kahn, rebondit au sein de l’équipe de campagne de Hollande (dont il fut le directeur) après que son mentor a été balayé en 2011 par un scandale sexuel. Dans la foulée, il devient ministre de l’Économie dans deux gouvernements successifs de Jean-Marc Ayrault.

Nommé en 2014 commissaire européen aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et à l’union douanière, Moscovici a pu, comme l’écrivait le quotidien Les Échos en novembre 2019, « s’autoriser un maximum de clémence à l’égard des pays qui flirtaient avec les limites en matière de déficit public », grâce au « soutien indéfectible de Jean-Claude Juncker ». La « flexibilité » « revendiquée par le Français, qui faisait horreur au nord de l’Europe et à Berlin, s’est désormais installée dans le paysage », commentait le quotidien économique.

Cette « flexibilité budgétaire », Pierre Moscovici avait déjà plaidé « pour » quand il était à Bercy, sous Hollande. La France, à l’époque, malmenait l’objectif d’un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB et Moscovici avait alors dénoncé le « ras-le-bol fiscal », une remarque qui fut ensuite traînée comme un boulet tout au long du quinquennat Hollande.

En 2017, le commissaire européen Moscovici fut un des rares socialistes à échapper au « dégagisme » de l’ère Macron. « Je suis un survivant », disait-il en 2018 au Figaro. Et, malgré ses propos peu amènes l’été dernier, il a toujours gardé des accointances avec la Macronie, notamment via Alexis Kohler, bras droit du président qui fut son directeur de cabinet adjoint à Bercy.

Passer les comptes à la loupe

Après avoir veillé sur le budget européen, Pierre Moscovici passera donc à la loupe les projets de budget de l’État français. Les rapports de la Cour des comptes sont souvent cinglants et sans pitié pour l’État et ses opérateurs, entreprises publiques, collectivités etc. dont les comptes sont passés au peigne fin.

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