Varsovie ne soutient pas Tusk pour un second mandat

Donald Tusk fait l'obet d'une attaque en règle de la part du PiS. [Drop of Light/ Shutterstock]

Le gouvernement polonais ne soutiendra « en aucune circonstance » la candidature de l’ex-Premier ministre Donald Tusk à un second mandat de président du Conseil européen, a annoncé le chef de file du parti Droit et justice (PiS), au pouvoir.

« Donald Tusk est un politicien qui enfreint les règles élémentaires de l’Union européenne », a affirmé Jarosław Kaczyński lors d’une conférence de presse.

« Quelqu’un qui enfreint de telles règles ne peut tout simplement pas être président du Conseil européen et ne peut en aucune circonstance compter sur notre soutien, ou sur notre absence d’objection », a ajouté le président du PiS, laissant entendre que la Pologne pourrait même voter contre sa candidature.

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Attaque en règle

À y regarder de plus près, les raisons de ce désamour pourraient être plus personnelles. Jarosław Kaczyński juge Donald Tusk « moralement responsable » de la mort de son frère jumeau Lech Kaczyński dans un accident d’avion en Russie en 2010, à l’époque où il dirigeait le gouvernement.

Le gouvernement a mentionné la candidature possible à la présidence du Conseil de l’eurodéputé Jacek Saryusz-Wolski. Une option immédiatement écartée par les dirigeants européens.

Selon Tomasz Siemoniak, vice-président du parti Plateforme civique, dont est issu Donald Tusk, « cette proposition est étroitement liée à la situation politique en Pologne, [le PiS veut] affaiblir l’image de Donald Tusk et montrer que d’autres possibilités existent ».

Ce n’est pas la première fois que l’ancien Premier ministre fait l’objet de vives critiques de la part de ses compatriotes. Début janvier, Witold Waszczykowski, le ministre des Affaires étrangères, avait déclaré lors d’un entretien radio que « Donald Tusk était « l’icône du mal et de la stupidité ». « J’espère qu’il restera loin de la Pologne », avait-il ajouté, avant d’assurer qu’en tant que président du Conseil, il « n’avait pas encore fait quoi que ce soit pour la Pologne ».

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Seule la Pologne fait des difficultés

« Tout le monde soutient Tusk et seule la Pologne fait des difficultés », a commenté un membre de l’administration européenne. « L’affaire est entendue. Donald Tusk sera reconduit la semaine prochaine à la majorité s’il n’y a pas d’unanimité », a confirmé un diplomate.

L’ancien Premier ministre polonais est soutenu par les dirigeants européens, qui apprécient la manière dont il a géré des questions épineuses, comme la dette grecque, la crise des réfugiés ou le Brexit.

Donald Tusk, qui a pris la présidence du Conseil européen le 1er décembre 2014, a annoncé début février son intention de briguer un second mandat. Le mandat de deux ans et demi est renouvelable une fois. Le poste est normalement attribué à l’unanimité, mais un vote à la majorité simple est possible si nécessaire, ce qui semble se profiler, dit-on à Bruxelles, où la décision sera prise la semaine prochaine.

Le processus sera supervisé par la présidence maltaise de l’UE.« Il n’y a qu’un candidat pour le moment », a souligné un porte-parole, selon lequel personne ne comprend l’attitude de Varsovie. « Cela montre seulement que la Pologne et son leader, Jarosław Kaczyński, sont complètement déconnectés de la politique européenne. »

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