L’actu en capitales: un front eurosceptique s’esquisse entre Polonais et Espagnols

Rapprochement eurosceptique entre l’Espagne et la Pologne. [TOMASZ GZELL/EPA]

L’actu en capitales analyse l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

VARSOVIE

Nouveau front eurosceptique : Le chef du parti d’extrême droite espagnol Vox, Santiago Abascal, a rencontré Jaroslaw Kaczynski, qui dirige de facto de la Pologne en tant que président du parti conservateur au pouvoir, Droit et Justice (PiS, affiliéECR). Ils envisagent une alliance au Parlement européen après les élections européennes de mai. Selon Santiago Abascal, les négociations « vont dans la bonne direction ».

Trois eurodéputés PiS, Tomasz Poreba, Ryszard Legutko et Kosma Zlotowski, ont participé à la réunion. Tomasz Poreba, chef de file des élus PiS au Parlement européen, a ensuite déclaré que son parti et Vox s’accordaient sur le fait que « l’Europe devrait être une union d’États souverains, et non une fédération ».

Selon la porte-parole du PIS Beata Mazurek, « la discussion a été productive et peut être considérée comme un signe avant-coureur d’une coopération substantielle après les élections ». Les deux parties veulent « que les États jouent un rôle plus important et que la compétence de Bruxelles en matière d’immigration de masse soit limitée ». « Vox est aussi un parti qui met l’accent sur les racines chrétiennes de l’UE et qui veut protéger la famille traditionnelle, ce qui est conforme aux positions du PiS », a-t-elle ajouté.

Vox est actuellement la quatrième force politique en Espagne, avec 12-14 % des intentions de vote. Ces chiffres pourraient lui donner environ huit sièges au Parlement européen. En Pologne, le PiS récolte jusqu’à 41 % d’adhésion et, selon les dernières données, devance la coalition pro-européenne de 4 %. (Euractiv Pologne)

BERLIN

Le SPD oblique à gauche : Le 23 mars, quelque 200 délégués du SPD ont adopté un manifeste pour les prochaines européennes appelant à des réformes à l’échelle européenne en matière de sécurité sociale, de fiscalité et de politique migratoire. Ce coup de pouce est le dernier effort du SPD pour reconquérir les électeurs après avoir obtenu seulement 20,5 % des voix aux élections nationales de 2017.

Dernière chance pour Orbán : Dans une interview à l’hebdomadaire Der Spiegel, Annegret Kramp-Karrenbauer, leader de la CDU, a justifié la décision du Parti populaire européen (PPE) sur le parti Fidesz, du Premier ministre hongrois : « Nous doutons tous de Fidesz en ce qui concerne les valeurs et les principes du PPE ». Elle estime qu’il faut encore laisser une chance à Viktor Orbán, mais que celle-ci sera « vraiment la dernière ». (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

ROME

Conte ne prendra pas la porte : Alors que la crise se creuse entre les partis de la coalition au pouvoir, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, assure ne pas prévoir de démissionner après la fin de son mandat en 2023. Selon les analystes, cette annonce est un message à Luigi Di Maio et Matteo Salvini, une tentative de désamorcer la crise.

ATHÈNES

Front progressif : Le parti de gauche au pouvoir, Syriza, souhaite créer un front progressiste avec les mouvements socialistes et verts avant les élections européennes. Cependant, l’affilié grec du S&D, le Mouvement socialiste panhellénique (Pasok), s’y oppose. Selon le secrétaire général de Syriza, Panos Skourletis, Pasok a conclu un accord politique avec le principal parti d’opposition conservateur, Nouvelle Démocratie, affilié PPE. Les socialistes européens ont demandé à plusieurs reprises à Pasok d’éviter une alliance gouvernementale avec les conservateurs. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv)

BUCAREST

Scandale de l’ambassade : Lors de la conférence de la commission américaine des affaires publiques sur Israël, à Washington, la Première ministre, Viorica Dancila, a déclaré que la Roumanie déplacera son ambassade à Israël à Jérusalem, comme les États-Unis.

Le président, Klaus Ioannis, a réagi avec colère en déclarant que cette annonce démontrait « l’ignorance totale de Viorica Dancila en matière de politique extérieure ». Il estime que la Première ministre s’était précipitée pour annoncer une décision qui n’avait en réalité pas encore été prise et a ajouté qu’il n’avait pas encore reçu d’analyse du gouvernement. Il rappelle aussi que la décision finale sur les questions de politique extérieure appartient au président. (Euractiv Roumanie)

SOFIA

Démission de la ministre de la Justice : La ministre bulgare de la Justice, Tsetska Tsacheva, a démissionné suite aux révélations selon lesquelles elle et trois autres membres du GERB, le parti au pouvoir, avaient acheté des appartements de luxe à des prix inférieurs à ceux du marché.

Tsetska Tsacheva se dit innocente et demande à la commission anti-corruption d’enquêter sur les conditions d’achat de son appartement. Également accusé, Tsvetan Tsvetanov, chef du groupe parlementaire GERB, a également nié toute infraction, mais le vice-ministre des Sports, Vanya Koleva, a aussi démissionné.

BELGRADE

Les Serbes ne veulent pas de l’OTAN : 79 % des citoyens serbes s’opposent à l’adhésion de leur pays à l’OTAN, selon un sondage de l’Institut pour les affaires européennes. 64 % des personnes interrogées, en majorité des femmes, n’acceptent pas les excuses de l’Alliance pour les bombardements qui ont eu lieu il y a 20 ans exactement. 31 % des répondants sont en faveur d’une coopération avec l’OTAN, tandis que 61 % sont contre. La majorité (63 %) estime que l’adhésion à l’OTAN n’apporterait aucun avantage à la Serbie. (Beta-EURACTIV.rs)

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